Pentax 645D : le test du premier moyen format numérique polyvalent

Pentax 645D


Nouvel Ovni dans le monde des APN, le Pentax 645 D est le premier moyen format numérique conçu pour un usage polyvalent et permettant au reportage d’accéder à une qualité d’image jusqu’ici réservée à la mode et à la publicité. Doté d’un capteur de 39,5 millions de pixels effectifs d’une taille supérieure au « full frame » 24x36 (soit 33x44 mm), le nouveau venu repousse les standards et ouvre de nouvelles perspectives aux amoureux des belles images prises « sur le vif ». Impatients de tester « la bête », nous avons profité du tournage du court-métrage "En Héritage" (réalisation Réda Mustafa, production Track films) pour mettre à l’épreuve ce nouvel APN hors norme.

Première observation : le Pentax 645 D jouit d’une conception à la mesure de ses ambitions et il impressionne dès la prise en main par sa robustesse. Sa construction totalement intégrée (sans dos numérique amovible et donc moins fragile que ses congénères conçus pour le studio), est en effet également intégralement tropicalisée. Intuitive et confortable, la bonne ergonomie générale (le viseur notamment est un régal) est parfaitement complétée par des menus clairs et complets.

Les images en action

Comme on peut le voir sur l’image ci-dessus, le 645D permet de réaliser sans problème des images en action grâce à un système autofocus réellement performant doté de deux modes (traditionnel et suivi du sujet en mouvement), une réelle évolution dans le monde du moyen format numérique.

L'autofocus à l'épreuve

Aussi à l’aise en intérieur qu’en extérieur grâce notamment à un collimateur central efficace, l’AF du 645 D permet de réaliser des images dans des conditions très variées.

Qualité d'image au rendez-vous

La qualité des images est excellente et leur conversion en noir et blanc laisse rêveur tant on retrouve avec plaisir la finesse et la beauté des images monochromes propres au moyen format qui semblait cantonnée au monde du studio depuis le passage au tout numérique.

Le moyen format dans toute sa splendeur


Doté d’un grand capteur de très haute résolution et d’objectifs de haute volée (ici le Pentax 150mm f/2,8) le 645 D est un régal à utiliser pour réaliser des portraits dans toutes les conditions. On retrouve ici le piqué, le modelé et le velouté des flous caractéristiques du moyen format. Comme on peut le voir sur cette image, le capteur conçu par Kodak respecte parfaitement la subtilité des belles lumières de fin de journée.

Idéal pour le noir et blanc


Ici encore la conversion en noir et blanc a toute sa place et les images ainsi obtenues possèdent à la fois de très beaux contrastes et une grande délicatesse. La définition de 39,5 millions de pixels alliée aux procédés actuels d’impression permet d’envisager des tirages grand format de toute beauté, avec d’autant plus de simplicité que l’appareil permet de prendre les images au format DNG, un raw (format brut non compressé) générique entièrement compatible avec tous les logiciels de traitement d’image.

Une gestion de la lumière parfaite

Bien conçue et dotée des modes nécessaires à toutes les situations (et notamment d’une mesure spot très utile), la mesure de la lumière est précise et permet d’éviter les mauvaises expositions même quand les écarts de luminosité sont importants au sein d’une scène.


Sensibilité maximale

Même à la sensibilité maximale (1600 iso, là encore une rareté dans le monde du moyen format numérique), le grain reste tout à fait acceptable et aucune dérive dans les couleurs n’est constatée. Le capteur affiche une dynamique très intéressante et respecte parfaitement la délicatesse des lumières artificielles les plus subtiles.

Balance des blancs

La balance des blancs est toujours fiable et permet un rendu fidèle et fin des couleurs de peau sans qu’aucune dominante ne vienne parasiter l’image même en position automatique comme ici. Même les habitués (dont je fais partie) de boitiers plein format 24x36 ne peuvent qu’apprécier de tels résultats dans le rendu des couleurs en faible luminosité (nous sommes toujours à 1600 iso) !

Un boîtier de rêve ?

Boitier de rêve aux qualités superlatives, le 645D n’en connaît pas moins quelques limites et la primauté à la qualité d’image apporte son lot de contraintes. Ainsi son encombrement et celui des objectifs sont directement liés au format du capteur, il en va de même pour le bruit lors de la prise de vue (en raison de la taille du miroir). De même, le choix du moyen format exclut de fait la photo sportive et animalière.

Enfin, même si le 645D est de loin le moyen format numérique le moins onéreux du marché à ce jour pour une telle définition, le tarif reste élevé : comptez environ 10 000 euros pour acquérir le boitier nu. Un tel niveau de qualité et de spécialisation implique donc des contraintes importantes, mais c’est le prix à payer pour disposer d’une qualité d’image aussi époustouflante.