Cydia : voyage au pays du jailbreak

Quelle est la position d'Apple sur l'activité de Cydia ?

Le jailbreak devient légal aux États-Unis

Au mois de juillet dernier, à la surprise générale, une loi fédérale américaine rendait le jailbreak légal, dans la mesure où il permettait de débloquer le terminal concerné pour le faire fonctionner chez un autre opérateur, ou bien pour faire fonctionner des applications qui auraient été refusées sur l’AppStore. Cydia entre donc parfaitement dans cette configuration.

Apple n’a jamais communiqué directement sur Cydia, mais s’est exprimé sur le jailbreak en juillet dernier aux États-Unis. « Les techniques de jailbreak, largement généralisées, font appel à des modifications non autorisées du bootloader et de l'OS (…) ce qui conduit à une violation du copyright apposé sur ces programmes ». Un argument que l’avocat de l’Eletronic Frontier Foundation, à l’origine de la loi légalisant le jailbreak aux États-Unis, s’est empressé de remettre en question.

La marque à la pomme avait alors ajouté : « L'objectif d'Apple a toujours été de s'assurer que nos clients aient la meilleure expérience avec leur iPhone et nous savons que le jailbreak peut sérieusement dégrader l'expérience. Comme nous l'avons déjà dit, la grande majorité des clients ne doivent pas jailbreaker leurs iPhone, car cela peut violer la garantie rendre l'iPhone instable et pas fiable ».

En France

Pour ce qui est de la France, la légalisation du jailbreak n’est bien évidemment pas transposable en l’état. Nous avons cependant évoqué la question du risque encouru par les utilisateurs du jailbreak à Mathieu Prud’homme, responsable du département contentieux Internet dans un cabinet d’avocats spécialisés. « Tout d’abord, acheter sur une autre plateforme que celle d’Apple, comme Cydia par exemple, est une violation des conditions d’utilisation que tout le monde accepte en utilisant un iPhone, et donc iTunes. Bien entendu, Apple ne pourra poursuivre quelqu’un qui a acheté une application sur Cydia, mais rien de les empêche de rompre le contrat qui les lie à l’utilisateur, en leur interdisant l’accès à l’AppStore par exemple », explique l’avocat.

« Cette pratique peut s'apparenter à de la contrefaçon comme pour n’importe quel autre produit culturel : de la musique, un DVD ou bien un jeu vidéo. Si vous ne téléchargez par sa version officielle, c’est qu’il s’agit d’une contrefaçon. Une fois de plus, nous n’avons pas d’exemple à ce jour, mais Apple pourrait éventuellement se baser là-dessus pour poursuivre l’utilisateur ». Quid d'Apple France ? « Pas de commentaire ».