Que vaut le premier écran 3D passif du marché ?

LG 47LD950 : Une technologie polarisée convaincante

Le procédé d’affichage 3D passif du LG 47LD950 est assez simple. Un film appelé "Pattern Retarder" (filtre retardant) est apposé sur la dalle. Il permet de filtrer sur les lignes paires la lumière polarisée circulairement dans le sens horaire et sur les lignes impaires la lumière polarisée dans le sens anti-horaire. Les lunettes portées par le téléspectateur disposent de filtres identiques. En affichant ainsi les images droites sur les lignes paires et les images gauches sur les lignes impaires, on les destine à l’œil correspondant, créant ainsi l’effet de profondeur. L’avantage de cette méthode tient dans l’utilisation de lunettes passive bon marché. Le surcoût pour la conception d’un tel téléviseur est également moindre. Il n’y a pas besoin de transmetteur. En revanche, en 3D, la définition verticale est divisée par deux, ce qui crée de l’aliasing (du crénelage). C’est particulièrement visible sur les films d’animation et c’est tout ce qui existe aujourd’hui en 3D. Bien sûr, cette technologie reste capable d’afficher des contenus 2D classiques.

Un pari payant

Le 47LD950 coûte environ 1800 euros. Il est livré avec quatre paires de lunettes 3D passives. C’est 500 euros de moins qu’un Samsung UE46C7700 par exemple à nombre de lunettes égal. Et pourtant à l’essai, le résultat est plus que convaincant. Nous avons testé le téléviseur en conjonction avec un lecteur Blu-ray 3D, histoire de visionner notre copie de référence, Monstres contre Aliens. Bonne nouvelle, l’image est parfaitement stable. Il y a également très peu de diaphonie (crosstalk) entre les images droites et gauches. Même sur les scènes où l’on s’attend classiquement à percevoir des images fantômes, l’écran LG s’en sort avec les honneurs. Le jaillissement fonctionne très bien aussi et le rendu des couleurs nous semble tout à fait convaincant. Cela étant, c’est difficile à juger sur un film d’animation, or c’est tout ce qui existe pour l’instant au rayon Blu-ray 3D. L’avantage des lunettes passives, c’est aussi qu’il n’est plus nécessaire de maintenir la tête parfaitement droite pour profiter d’un rendu optimal. La solution passive nous rend une certaine mobilité, et c’est tant mieux.

Côté négatif, il faut noter que l’on perd la moitié de la résolution verticale du téléviseur et ça se voit si on y regarde de plus prêt. Par exemple, il y a beaucoup de crénelage sur les textes. Les sous-titres sont particulièrement touchés, car ils sont d’ordinaire assez fins à l’écran. En outre, on peut apercevoir un écart sombre entre deux lignes de pixels causé par le film supplémentaire qui recouvre l’image lorsque l’image est globalement claire. Ce n’est là qu’un défaut mineur cela dit. Plus pénalisant, nous avons remarqué que l’image manquait d’uniformité lorsqu’elle était sombre. C’est visible en 3D également. Les coins de la dalle sont un peu plus sombres. Là encore, seuls les puristes s’en plaindront. La perte de luminosité liée aux lunettes nous semble un peu moins importante que sur les solutions actives. Une fois la 3D activée, le LG 47LD950 compense de toute façon et c’est sans doute celui qui offre les blancs les plus éclatants sur les images en relief.