[Test] Samsung Galaxy Mega 6.3 : entre phablette et tablette

L’industrie du smartphone s’ennuie. La révolution est toujours attendue et d’ici là, il faut se contenter d’une succession d’appareils se ressemblant tous plus ou moins, avec des caractéristiques souvent bien connues. La dernière variation en date est à trouver du côté des dimensions d’affichage, qui n’ont de cesses d’augmenter. Seul problème : la taille de l’écran définit la catégorie à laquelle le produit appartient. Ainsi, pour un téléphone, il conviendra de rester sous les 7 pouces, sans quoi il sera irrémédiablement classé dans la section tablette — il suffit de prendre l’exemple récent de l’Asus Fonepad pour s’en convaincre. À 5 pouces et en dessous, on est normalement en présence d’un smartphone.

Et au milieu, se trouvent les phablettes. Des produits à mi-chemin entre les deux autres précédemment nommés, qui allient téléphonie et grande taille d’écran. Mais si jusqu’il y a peu, ces phablettes s’étalaient entre 5 et 6 pouces, Samsung a décidé d’aller plus loin en lançant le Galaxy Mega, affichant pas moins de 6,3 pouces !

Une idée culottée, mais que plusieurs constructeurs ont en tête de suivre : Sony a récemment présenté son Xperia Z Ultra (6,44 pouces). Reste une question, et pas des moindres : à quoi bon ? Déjà que certains sont encore sceptique sur l’intérêt des phablettes de moins de 6 pouces, alors comment les convaincre d’aller toujours plus loin ? Voyons si ce Galaxy Mega 6.3 est une bonne solution.

Un Galaxy S4 en plus grand

Comme à l’accoutumée chez Samsung, le design du smartphone haut de gamme est repris et décliné à l’infini dans les autres gammes. Le Galaxy Mega 6.3 ne fait pas exception, avec un aspect similaire au Galaxy S4, lancé juste avant l’été. Bien entendu, la taille est bien différente : passer de 4,99 à 6,3 pouces ne se fait pas vraiment discrètement et le Mega donne tout simplement l’impression d’avoir été étiré de chaque côté. Les finitions sont du même acabit, à savoir du plastique jusqu’à plus soif, y compris sur la tranche. Une fois dans la main, on se demande si le téléphone n’a pas été volé à Guliver : il tient, certes, mais attention aux crampes ! Le confort passe nécessairement par l’emploi de ses deux membres, quelle que soit l’utilisation.

Pourtant, s’il est grand, on ne peut pas vraiment le décrire comme « imposant ». Grâce à seulement 80 mm d’épaisseur, ses 200 grammes ne sont pas choquants. C’est évidemment plus lourd que la plupart des smartphones, mais les tablettes de taille légèrement supérieure (7 pouces) sont majoritairement bien plus imposantes. Mais le design inspiré du S4 empêche tout amalgame : il s’agit bien d’un téléphone.

720p + 6,3 pouces = ?

Écran allumé, difficile de ne pas être séduit par l’espace de l’affichage LCD, lumineux même s’il ne fait pas appel à l’AMOLED comme les ténors des gammes Galaxy Note et S. Par contre, on ne peut qu’être déçu de la définition : 1 280 x 720. Non pas que cette valeur soit ridicule, mais sur une dalle aussi immense, la résolution en prend un coup : 233 pixels par pouce. À titre de comparaison, le Xperia Z Ultra à venir mise sur du 1080p, poussant cet indice à 344. Heureusement, écran plus grand oblige, on tient la phablette plus loin de son regard qu’un smartphone conventionnel. Par conséquent, les détails de pixels ne sautent pas non plus aux yeux au quotidien.

À l’arrière, la coque amovible protège la généreuse batterie de 3 200 mAh et 12,16 Wh (tant qu’à avoir un appareil immense, autant utiliser la place à bon escient) ainsi que les ports micro SD et SIM, qui se chevauchent. Le capteur photo 8 mégapixels est quant à lui directement hérité de l’ancêtre Galaxy S3, dont nous observerons les performances un peu plus loin.

VerdictDe par sa taille, le Galaxy Mega 6.3 se tiendra plutôt comme une tablette qu’un smartphone : à deux mains. Mais puisqu’il fait aussi téléphone, il faudra un jour où l’autre le porter à son oreille, à moins de ne compter que sur un kit main libre. Notre seul conseil pour votre vie sociale est de ne jamais l’oublier. Sans quoi, vous n’aurez guère plus de crédit aux yeux de vos amis que ceux qui prennent des photos avec leurs tablettes.

Des performances suffisantes

Un grand écran n’est pas synonyme de performances importantes. La preuve en est ce Galaxy Mega 6.3, qui s’il devait être comparé au Galaxy S4, voit sa puissance être inversement proportionnelles à sa taille.

Qualcomm équipe cette phablette avec un Snapdragon 400 double cœurs, à la fréquence toutefois élevée : 1,7 GHz. Les 1,5 Go de mémoire vive qui s’en accompagne ne seront pas de trop pour naviguer sans encombre dans les menus. Pour les jeux, on ne peut pas en dire autant. La partie graphique est confiée à une puce Adreno 305, aux performances très sensiblement inférieures au 320 habituellement livrés avec les Snapdragon quatre cœurs.

Les moins gourmands ne seront pas un problème, le grand écran offrant au passage un beau confort de jeu. Pour les plus gros, c’est déjà plus délicat. Certains titres sont heureusement en mesure d’ajuster automatiquement leurs paramètres graphiques afin de garantir une fluidité optimale — c’est le cas de Real Racing 3 — au sacrifice de la qualité visuelle bien entendu.

Les différents benchmarks graphiques reflètent bien les aptitudes du GPU : suffisantes, mais peut mieux faire. Le processeur par contre s'avère tout à fait à la hauteur et répondra aux demandes de la plupart des utilisateurs.

Verdictil faut bien entendu nuancer les résultats des tests, le prix de vente est en conséquence : 449 euros. Compte tenu de la taille très généreuse, cela permet de faire passer la pilule. Mais à ce prix, nous avons des appareils milieu de gamme avec parfois de quatre cœurs, 2 Go de mémoire et des puces graphiques supérieures. Et un affichage 720p, mais sur une dalle bien plus petite, ce qui profite au passage à la résolution. On en vient d’ailleurs à comprendre le choix d’une définition 720p sur le Mega et non 1080p : le matériel n’aurait pas été à la hauteur.

Le multimédia sauvé par un port microSD

Mais surtout, c’est le faible espace disponible dans le téléphone qui refroidit à la première utilisation :  4 Go ! Heureusement qu’un port MicroSD est de la partie pour régler en partie ce problème, pour déporter la sauvegarde de ses photos ou vidéos. D’ailleurs, le capteur placé au dos du Mega n’est autre que celui découvert pour la première fois sur le Galaxy S3, puis installé dans le Note 2 par la suite.

Depuis, certains constructeurs ont bien fait avancer la question, Samsung lui-même avec le Galaxy S4. Mais il faut reconnaitre qu’il a bien vieilli et fourni des clichés d’une qualité tout à fait honnête tant que l’on ne fréquente pas trop des endroits manquant de lumière. La capture vidéo ne fait pas exception et permet de filmer en 1080p confortablement.

L’interface de l’appareil photo est calquée sur le récent Galaxy S4 ou le Galaxy S4 Zoom : un bouton « Mode » affiche un carrousel de mode de prise de vue, du classique Auto au HDR en passant par le panorama.

La très bonne surprise est à trouver du côté de la communication : le Galaxy Mega 6.3 est compatible avec la dernière norme de réseau mobile, la 4G. Certes la couverture est pour l’instant étatique, mais elle tend à s’améliorer rapidement au fil des mois. Et puisque son écran se destine plus à un usage multimédia, la navigation web en profitera surement.

VerdictÀ défaut de proposer des performances ébouriffantes, le Galaxy Mega 6.3 aurait pu jouer la carte de l’équipement, avec une mémoire interne importante ou un capteur photo un peu au-dessus de la moyenne. Au lieu de ça, il se contente de réutiliser du matériel — certes efficace — d’anciens appareils et limite le stockage à 4 malheureux giga-octets. Heureusement pour nous, le port microSD est là.

Android sauce TouchWiz, un peu de Note, de S4, et de Samsung

Nous ne sommes jamais inquiets quant à Android dans les appareils Samsung. Le constructeur coréen peaufine depuis des années sa surcouche maison appelée TouchWiz. Sur le Galaxy Mega, on retrouve l’essentiel des bonnes idées inaugurées sur le Galaxy S4 ou héritées d’anciens modèles. Premièrement, on ne peut que se réjouir de voir le logiciel livré dans sa version 4.2.2, ce qui n’est plus depuis peu la dernière, mais qui reste « dans le coup » . Ensuite, le point fort de la surcouche — sa fluidité — est ici conservé. On aurait pu en douter compte tenu des performances limitées de l’appareil et l’importance des modifications apportées par TouchWiz et le nombre d’interface d’accueil.

Tout comme le Galaxy Note 2, une fonction « Opération à une main » permet de déporter certaines interactions d’un côté ou l’autre de l’écran (selon le profil de l’utilisateur), telles que le clavier de numérotation ou le schéma de l'écran de déverrouillage. Il faut reconnaitre qu’elles s’avèrent fonctionnelles dans ce mode, mais puisque le clavier n'est pas concerné par cette option, vous aurez vite fait de sortir l’autre main de sa poche .

À noter l’implantation du dispositif « Air View », une innovation apportée chez Samsung sur le Galaxy S4 et qui offre la possibilité d’interagir avec l’écran sans le toucher, simplement en tenant son doigt suffisamment proche. Le reproche que nous avions formulé à l’époque sur le S4 est encore d’actualité : difficile d’estimer la distance adéquate, ce qui résulte en général à un contact, ce qui est précisément ce que l’on cherche à éviter !

Au chapitre des solutions maison, le Smart Stay est également présent dans cette mouture d’Android, utilisant le capteur frontal du téléphone pour s’assurer que vos yeux regardent l’écran. Tant que c’est le cas, l’affichage ne s’éteindra pas.

VerdictNous ne sommes jamais déçus par les versions Samsung d’Android. L’OS est livré dans une déclinaison récente et affublée d’une surcouche à l’identité visuelle reconnaissable et aux fonctionnalités débordantes... sans être toujours utiles.

L'éclaireur

Pour s’assurer de ne pas se lasser du design Samsung, il ne faut en avoir qu’un seul à la maison. Ce Galaxy Mega 6.3 offre un aspect strictement identique au Galaxy S4 et par conséquent au Galaxy S4 mini, mais également au Galaxy Tab 3 7.0. Et cela tombe finalement bien, puisqu’aucun de ces appareils n’est complémentaire, bien au contraire.

Compte tenu de son tarif et de ses prestations, le Galaxy Mega 6.3 se pose à l’instar des autres phablettes à mi-chemin entre le smartphone et la tablette. Mais son immense écran de 6,3 pouces le rend réellement handicapant pour ceux qui souhaitent s’en servir comme téléphone au quotidien. Un Galaxy Note 2 de 5,5 pouces passe encore dans certaines poches, mais là, il faudrait un retour généralisé à la mode des Baggies.

Et ce ne sont pas ses performances qui feront pencher la balance en sa faveur, bien que le prix soit en conséquence. En définitive, le Galaxy Mega 6.3 ressemble à un éclaireur, qui vient tâter le terrain avec une dalle aux dimensions inédites et un format par conséquent à définir, mais avec du matériel loin de répondre au standard du haut de gamme, suffisant toutefois à garantir une utilisation fluide de l’appareil.

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11 commentaires
    Votre commentaire
  • SXcite
    je me suis payé son concurent le huawei ascend mate je ne regrette rien : moin cher pour mieu x)
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  • obarthelemy
    J'ai aussi un Acend Mate dont je suis plutot satisfait (excellent ecran), mais il manque des boutons hardware (ca casse les pieds et "diminue" l'écran), et l'appareil photo est vraiement moyen.
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  • SXcite
    idem huawei ascend mate :D que du bonheur
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  • Axel Thirard
    je fais +1 pour le ham. tres bon
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  • Axel Thirard
    je fais +1 pour le ham. tres bon
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  • kalean
    Utilisant une galaxy tab p1000 depuis plus d'un an il m'aurait été difficile de passer à un vulgaire smartphone. Même si les gens étaient surpris et au final moins que vous le pensez, moi, il m'aurait été impensable de perdre le confort d'utilisation d'une tablette combiné avec un téléphone. 2013 mobilité confort etc... quoi.

    On lit vraiment tout et n'importe quoi et avant de sortir des bench apprenez à utiliser un produit 'pas juste quelques heure lors d'un pseudo test'. Cette dernière Réflexion marche pour beaucoup de produits.

    Ps: samsung fait partie des rares constructeurs à avoir une excellente maîtrise d'android.
    ps2: enfin voilà un produit de taille poids idéal pour un gps et pour oa voiture qu'elle bonheur.
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  • djidulavictor
    Je trouve la mega 6.3 formidable. Très performant, une très bonne résolution d'ecran
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  • djidulavictor
    C'est le meilleur . La galaxy mega6.3 le top des tops et on ne peut pas rêver mieux
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  • djidulavictor
    Je trouve la mega 6.3 formidable. Très performant, une très bonne résolution d'ecran
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  • Yannick tutti
    Votre magazine oublie de dire que la 4 g du samsung mega n' est pas compatible sur le réseau free mobile .
    Au niveau des services clients Free dit que c est la faute a samsung et samsung dit que c est la faute de free et nous les clients on est pris pour des cons .
    Qui doit faire une mise a jour ??
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  • Yannick tutti
    Attention free mobile n' assure pas la compatibilité de se téléphone en 4 G sur son réseau autrement dit le samsung mega ne fonctionne pas chez free en 4 GEncore une arnaque faite le test avec samsung mega
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