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Antivirus : quelle est la meilleure suite de sécurité ?

Le monde de la sécurité n’est pas figé. De nouvelles menaces apparaissent quotidiennement et les protections sont fréquemment améliorées et mises à jour avec de nouveaux boucliers et de nouvelles fonctionnalités. En matière d'antivirus et de suites de sécurité, l'offre est pléthorique. C’est logique, car le marché est vaste et la nécessité de se protéger des dangers d’Internet de plus en plus acceptée par chacun. Reste que chaque personne a sa propre utilisation d’Internet, ses propres priorités, son propre niveau de compétences. Toutes les suites ne conviennent pas à tout le monde et chacune vise un public plus ou moins déterminé. Aussi, pour vous aider à mieux choisir, nous ne nous contentons pas de mesurer l’efficacité des solutions, mais nous déterminons à quel profil d’utilisateurs chaque suite s’avère le mieux adaptée.

Mise à jour de mai 2016

Sans modifier le classement établi en début d’année, il est important de signaler que les principaux défauts que nous avions relevés lors du test deKaspersky Total Security 2016 ont été effacés avec la mise à jour de Février 2016. Désormais, Windows 10 est totalement supporté et tous les boucliers de la protection sont opérationnels sous le nouvel OS. De même, l’utilisation des bureaux virtuels ne perturbe plus le fonctionnement de la protection. Par ailleurs, les notifications produites par la suite sont désormais intégrées au Centre de Notifications de Windows 10. MêmeMicrosoft Edge est partiellement supporté. Un bémol toutefois, cette compatibilité ne s’applique pas aux versions « Windows Insiders », la suite présentant des dysfonctionnements sur les versions préliminaires de Windows 10 Redstone 1. Kaspersky et Microsoft travaillent bien évidemment de concert pour que ces incompatibilités disparaissent dans les prochaines semaines. Néanmoins, il reste déconseillé d’opter pour Kaspersky Total Security 2016 si vous souhaitez vous intégrer dans le programme Windows Insiders.

De son côté, depuis sa dernière édition, Norton Security a opté pour la diffusion de mises à jour majeures plusieurs fois par an. La prochaine évolution phare du logiciel est accessible en « Bêta » et devrait être diffusée durant l’été. Baptisée « 22.7 », cette évolution du produit apporte de nombreuses améliorations. Le bouclier « Proactive Exploit Protection » a été enrichi pour renforcer encore les capacités de la suite à lutter contre les « Exploits », ces attaques qui exploitent les vulnérabilités du système, du navigateur, de Java, PDF, Flash et autres logiciels installés. Deux autres nouveautés importantes sont aussi à noter : l’apparition d’une sandbox (comme dans Avast ou Comodo, et comme certaines versions de Kaspersky) pour exécuter des programmes douteux en les isolant totalement du système, ainsi que la très attendue gestion des flux HTTPS par le bouclier anti-intrusion (les menaces actuelles avançant souvent masquées). Ces changements seront accessibles à l’ensemble des utilisateurs qui profitent de la version actuelle de la suite de sécurité, et ne seront pas exclusifs à la prochaine édition de la solution de Norton.

1. Mieux défendre la famille

D’une manière générale, les suites 2016 diffèrent peu des suites 2015. Toutes ont désormais un impact limité sur les performances et toutes font globalement mieux que Windows 10 et ses défenses intégrées.
La tendance constatée en 2015 se confirme : les suites jouent l’abondance fonctionnelle ! Pour rester attractives aux yeux d’utilisateurs qui se sentent en confiance avec les protections intégrées au système, elles incorporent de plus en plus de fonctionnalités - notamment en matière d’optimisation du PC - et prennent en compte la diversité des appareils.

Désormais, les suites ne cherchent plus à protéger l'ordinateur, mais le foyer. Elles proposent des protections qui s’installent aussi bien sur PC et Mac, que sur Android et dans une moindre mesure sur iOS. Cette prise en compte de la mobilité est devenue indispensable, non seulement parce que l’univers Android connaît aujourd’hui une invasion de malware qui n’est pas sans évoquer celle du PC, mais aussi parce que le phishing et les risques inhérents au Web sont indépendants des plateformes et des appareils. Chez Eset et Bitdefender, les PC notebooks sont considérés comme des appareils mobiles et disposent de fonctions « antivol » comme sur les smartphones. Mais cette prise en compte de la mobilité n‘a de sens que si les licences mobiles sont vraiment intégrées dans l’achat de la suite. Seul McAfee couvre un nombre illimité d’appareils. Bitdefender ne limite pas le nombre d’appareils, mais base sa licence sur le nombre de profils à protéger. Les autres éditeurs ont encore des progrès à réaliser pour rendre leur offre plus attractive encore en matière de rapport « nombre de machines protégées / prix ».
Au-delà du support des différentes plateformes, on retiendra surtout la tendance vers l’apparition de consoles centrales sur le Web pour piloter depuis un navigateur Web et à distance toutes les protections du foyer. En la matière, Bitdefender et Kaspersky sont les plus avancés. Mais Eset, Norton et McAfee proposent, eux aussi, leurs portails centralisateurs en versions plus ou moins évoluées et complètes. Disposer d’un tel poste de pilotage devient indispensable notamment pour assurer la sécurité des enfants, quel que soit le périphérique qu’ils utilisent. Bien que très imparfaits, les contrôles parentaux sont de plus en plus intégrés à cette console de pilotage et s’appliquent à la fois sur les PC et tablettes Windows ainsi que sur les appareils Android et parfois Mac OSX.

2. Rester léger, voire accélérer le système

Évidemment, cette richesse fonctionnelle ne doit pas se faire au détriment des performances. Les éditeurs savent désormais que les utilisateurs sont très sensibles aux éventuels ralentissements induits par les protections. Et tous font en sorte que l’impact des protections ne soit pas perceptible par l’utilisateur notamment sur les machines les moins puissantes. Des progrès très nets ont été réalisés ces dernières années par tous les acteurs. Le démarrage et les navigations Web sont encore ralentis par bien des suites, mais ces impacts sont insensibles sur les machines dotées de SSD et de connexions Internet haut débit.


Norton prouve même cette année qu’une suite de sécurité peut avoir globalement moins d’impact sur le système que les protections en standard de Microsoft. Sa suite 2016, sur de nombreux tests, accélère Windows 10 ! La différence n’est pas vraiment sensible à l’usage, mais elle est mesurable sur les benchmarks.
Finalement, l’élément sur lequel les utilisateurs devraient porter leur plus grande attention reste la consommation mémoire des différentes solutions. C’est elle qui risque de contribuer le plus aux performances des machines. Le problème ne se pose évidemment pas sur les PC équipés de 4 Go de RAM ou davantage. Mais il est crucial sur les petits PC et tablettes Windows souvent munis de 2 Go (voire même 1 Go) de RAM seulement. Si la suite consomme l’essentiel de cette mémoire, le système devra jongler avec la mémoire virtuelle pour assurer le fonctionnement des autres applications, ralentissant ainsi l’ensemble de la machine. Norton, Avast et Eset sont les suites les moins gourmandes en mémoire. On notera cependant que McAfee et Bitdefender ont réalisé de gros progrès en la matière.

3. Être efficace face aux attaques sournoises et aux codes inconnus

Face aux menaces rencontrées sur le Web, toutes les suites offrent un bon niveau de protection même si elles n’agissent pas exactement de la même façon. La défense face aux codes malveillants qui sont inconnus de leurs bases et la lutte contre le phishing (et le vol d’identité associé) sont les nouveaux terrains de bataille. Lutter contre les « ransomwares » qui prennent vos fichiers en otage en les chiffrant pour ne vous les rendre qu’après paiement d’une « rançon » est devenue une priorité. Toutes les suites embarquent aujourd’hui de nouveaux boucliers défensifs spécialement conçus pour ces attaques, mais en la matière Norton et Bitdefender vont un peu plus loin avec des options de contrôle et de réglages spécifiques à ces menaces.

À l’exception notable de McAfee, quelque peu limité en la matière, les suites prennent aussi de plus en plus en compte les risques liés aux achats en ligne et aux détournements des transactions bancaires. Kaspersky s’est fait une spécialité de ces problématiques et propose les protections les plus complètes. Eset opte pour une solution qui sécurise le navigateur de Windows. Bitdefender propose un environnement « Safepay » virtualisé et totalement imperméabilisé. Avast propose son propre navigateur SafeZone pour toutes les opérations en ligne sensibles.
Parmi les fonctionnalités les plus essentielles à la défense du système, on notera la multiplication des modules qui diagnostiquent le niveau de sécurité du système (Kaspersky est le plus complet, suivi de très près par Bitdefender et Avast, puis par Norton), mais surtout qui s’assurent que votre ordinateur est vraiment bien à jour afin d’éviter la multiplication des vulnérabilités (Avast et McAfee l’emportent haut la main ici avec leurs mises à jour automatisées de Java, Flash, etc., mais Bitdefender se défend bien en procurant des liens vers les mises à jour). Ces modules contribuent activement à la défense du système et impactent fortement notre note de défense « proactive ».
Autre nouveauté, nombreux sont les acteurs qui s’intéressent enfin aux problèmes des « Adwares » et des « Rogues ». Les Adwares sont une vraie spécialité française (notre pays est l’un des plus touchés par ce fléau) qui consiste à embarquer dans les logiciels gratuits des programmes qui ouvrent des fenêtres publicitaires ou s’infiltrent au cœur des navigateurs. Les « Rogues » sont tous ces logiciels installés à vos dépends (eux aussi souvent embarqués dans les logiciels gratuits) qui prétendent améliorer votre PC ou l’enrichir sans que vous n’ayez rien demandé et contribuent à ruiner l’expérience utilisateur et ralentir le système.
Norton est la suite qui nous a le plus séduits et convaincus dans la lutte contre ces fléaux. Mais Avast intègre un module de nettoyage des navigateurs bien pratique et Kaspersky, Eset et McAfee se sont aussi très bien défendus face à ces codes malotrus.

4. À l’épreuve des tests

En bref, on retiendra de ce comparatif 2016 que les défenses de Kaspersky Total Security 2016 demeurent les plus évoluées - techniquement parlant - tout en restant très simples d'emploi. On aime particulièrement son nouveau centre de contrôle sur le Web. Mais la suite est, cette année, fortement desservie par une compatibilité Windows 10 imparfaite (certains de ses boucliers ne sont pas disponibles sur le nouveau système de Microsoft). Elle reste celle à préconiser aux utilisateurs avertis qui veulent savoir exactement ce qui se passe sur leur système et aime contrôler précisément tous les aspects de leur sécurité. Néanmoins, son interface conviviale rend sa prise en main aisée même pour les néophytes.
Bitdefender Total Security 2016 est toujours aussi convaincant sur la qualité de ses défenses et par son approche multi-devices très aboutie qui lui procure un excellent rapport qualité/prix. C’est une excellente solution qui mérite sa place sur le podium de tête. Mais on aurait aimé davantage de nouveautés et d’audace dans cette édition qui s’endort un peu sur ses lauriers. Bitdefender reste une suite familiale qui convient au plus grand nombre, utilisateurs avertis comme débutants.
Eset Smart Security 2016 est indéniablement très efficace, rapide et économe en ressources. La suite propose des fonctions « antivol » sur PC dignes de celles disponibles sur les mobiles. Elle s’adresse à un public qui aime les protections évoluées sur lesquelles on peut configurer pare-feu et HIPS selon ses propres besoins. On regrettera toutefois un prix trop élevé au regard de la concurrence et de sa moindre richesse fonctionnelle.
McAfee Total Protection 2016 se montre moins gourmand et plus efficace que son édition 2015, et devient la suite qui progresse le plus dans nos tests sans pour autant nous séduire en raison d’un prix « édifiant » et surtout d’une interface utilisateur vraiment vieillotte pour ne pas dire insupportable à l’usage, un comble pour une suite plutôt orientée vers les utilisateurs occasionnels. Ceci dit, c’est la seule à jouer la carte du nombre illimité de machines à protéger.
S’adressant au plus grand nombre, Avast Premium 2016 obtient globalement d’excellents résultats et offre des modules épatants comme l’analyse réseau, la mise à jour automatique des logiciels ou le nettoyage des navigateurs. Mais elle manque cruellement de richesse fonctionnelle (pas de contrôle parental par exemple) et bien des fonctions présentes dans l’interface sont à acquérir séparément comme l’optimiseur de performances ou VPN SecureLine. Au final, cette suite payante a bien du mal à justifier l’investissement qu’elle réclame face à l’efficacité de sa version gratuite.
Finalement, notre coup de cœur va - cette année - à Norton Security 2016. Même s’il lui manque encore un vrai portail unifié pour piloter complètement toutes les protections du foyer depuis une interface unique sur le Web, la suite se montre familiale, redoutablement efficace, très agréable à utiliser, et intraitable face aux adwares et au phishing. Elle donne même parfois l’impression d’accélérer Windows 10 !

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4 commentaires
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  • Pas de G DATA dans le test ?
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  • GData utilise le même moteur que Kaspersky. Donc les résultats de Kaspersky sont appliquables à GData.
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  • Panda antivirus ne figure pas dans le panel de test ? C'est pourtant un must dans le genre discret et efficace...
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  • Qu'en est-il des antivirus gratuits et en particulier Avira ?
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