Téléphone Porsche : l'exception a un prix

Un téléphone Porsche pour sa 911 ?

Nous vous avions présenté le Porsche Design P’9521 en juin dernier à l’occasion d’un reportage photo sur sa présentation à la presse, il arrive aujourd’hui dans le commerce. Le bon moment pour nous de constater si ce mobile n’est qu’un accessoire de mode ou bien un vrai téléphone que les plus fortunés (il coûte 1 200 euros) pourront utiliser dans la vie de tous les jours.

Dimensions 91 x 48 x 18,4 mm
Capteur photo 3,2 mégapixels, autofocus
Mémoire interne 32 Mo + carte mémoire 2 Go
Résolution de l’écran 240 x 320 pixels, 2,2 pouces
Poids 139 g
Réseau GSM, GPRS, EDGE, tri-bande

Porsche Design, une entité à part

Firme relativement méconnue, Porsche Design a bien entendu des liens étroits avec le constructeur, sans pour autant en être une sous-division. Ce cabinet de design fut fondé en 1972 par Ferdinand Alexander Porsche petit-fils de Ferdinand, fondateur de la marque automobile.

Dans un premier temps, Porsche Design fait ses premiers pas à Stuttgart, dans l’ombre de son aîné, mais est ensuite délocalisé à Zell am See en Autriche pour se faire un nom à part entière. Il en découle alors de nombreux produits mythiques.

Une montre chronographe comme point de départ

Cette Porsche Design Chrono I représente donc l’acte fondateur du designer. Commercialisée en 1973, elle rencontre un succès inattendu. Les forces aériennes de certains pays de l’OTAN vont même jusqu’à s’en équiper, séduites par sa robustesse et sa fonctionnalité.

Mais la marque a su évoluer et s’adapter aux nouveaux produits technologiques. L’alliance avec le fabricant de disques durs LaCie le prouve, tout comme la collaboration aujourd’hui avec Sagem pour concevoir ce P’9521.

Plus d’autonomie qu’une Porsche

Voilà sans conteste l’un des points forts de ce modèle. Alors qu’on ne l’attendait pas spécifiquement sur ce point-là, force est de reconnaître que le P’9521 a su nous surprendre. Avec une autonomie 3h40, ce téléphone Porsche tient très bien la route face à la concurrence et se fait bien plus sobre que les voitures du même nom.

En effet, la grande majorité des téléphones testés par nos soins permettent une autonomie en appel d’environ trois heures. Ces quarante minutes de plus ne sont donc pas négligeables pour les accros au mobile. En veille, le constat est le même, une charge complète nous a permis de tenir quatre jours d’affilée, avec un usage pourtant intense.

Un P’9521 polyvalent et sécurisé

Bien entendu, ce téléphone Porsche Design mise tout sur son design et son prestige. Il doit être avant tout considéré comme un téléphone bijou. Pourtant, Sagem a su l’équiper de technologies inédites, comme la reconnaissance d’empreintes digitales.

Un doigt, une fonction

Comme sur les PC portables, la reconnaissance d’empreintes se substitue à la saisie d’un mot de passe, très pratique pour sécuriser certaines données (fichiers ou répertoire). Mais le système permet également d’assigner une fonction à un doigt. Ainsi en passant son index droit sur le capteur, on peut ouvrir son répertoire ou créer un nouveau SMS avec son pouce gauche. Enfin, en position appareil photo (écran retourné vers l’extérieur), le capteur photo se comporte comme un trackpad de PC. C’est donc grâce à lui qu’on pourra naviguer au sein des menus de l’appareil photo. Tout simplement ingénieux !

Un baladeur moins convaincant

Mais d’autres aspects du téléphone Porsche Design sont bien moins réjouissants. C’est le cas de la fonctionnalité baladeur qui reste bien trop basique. Après avoir glissé ses fichiers (le P’9521 lit aussi bien le MP3 que l’AAC) vers la carte mémoire du téléphone (le transfert est d’ailleurs très lent), il reste à naviguer parmi eux depuis l’interface du téléphone. C’est là que tout se complique puisque les tags d’identification ID3 ne sont tout simplement pas reconnus. Aucune information n’est donc disponible, concernant les titres, albums ou artistes. C’est vraiment dommage, car cela ne facilite absolument pas la navigation.

Un appareil photo honorable

L’appareil photo de 3,2 mégapixels est quant à lui tout à fait honorable. Sans se hisser au niveau de certains modèles Sony Ericsson ou Nokia, le P’9521 propose une qualité d’image satisfaisante pour un mobile. Pour accéder à fonction, il suffit de procéder à la rotation de l’écran et de le refermer. Ainsi, clapet fermé, ce Porsche Design a presque tout d’un vrai appareil photo. L’autofocus est appréciable, mais on regrette par contre le manque de réactivité de l’ensemble. Tout est très lent et rend l’ensemble peu agréable à utiliser.

Rapide mais ergonomie peu innovante

Autant Porsche peut être synonyme d’innovation dans le monde automobile, autant Porsche Design reste très classique au niveau de l’ergonomie. Mis à part l’utilisation du capteur d’empreintes pour la navigation dans l’appareil photo, le reste des menus demeure simpliste, mais globalement bien organisé.

De 0 à 100 en 15 secondes

Moins rapide qu’une 911 sur 100 m départ arrêté, le P’9521 est tout de même très performant dans son domaine puisqu’il ne requiert que 15 petites secondes pour démarrer. L’ensemble des menus est du même acabit puisque très réactif. Les touches ne sont par contre pas toujours très faciles d’utilisation. Le clavier complètement plat n’est pas vraiment évident à appréhender, un peu comme sur le Motorola RAZR.

Des bords tranchants

Enfin, le confort de l’appareil à l’oreille n’est pas très bon. Cela est tout simplement dû à sa conception tout en aluminium. Les bords près de l’écouteur sont tranchants et ont donc tendance à irriter l’oreille

Massif, imposant mais élégant

Le P’9521 joue ici son va-tout. Toute la communication et le positionnement de ce téléphone Porsche Design misent sur la finition et le design. Clairement destiné à une population à haut pouvoir d’achat, ce modèle est conçu comme un bijou que le businessman utilise le week-end, lorsqu’il lâche son BlackBerry.

Carré et monolithique

Pour donner une impression de solidité, Porsche Design a décidé de tailler son téléphone dans la masse d’un bloc d’aluminium. Chaque exemplaire prend donc naissance depuis deux blocs entiers (un pour le corps, l’autre pour le clapet). Autant dire que le tout est imposant, mais donne tout de même une sensation d’élégance. Certains pourront détester, d’autres adhéreront sans condition.

Assemblage irréprochable à un détail près

Pour arriver au niveau du très haut de gamme, Sagem se devait de faire un effort particulier dans le domaine de la finition. Il faut dire que le constructeur français n’avait pas très bonne réputation dans ce secteur. Mais force est de constater que la tentative est réussie et que Sagem a su s’aligner sur les exigences de Porsche Design. Tout est parfait ou presque, seul le cache de la batterie présent u

Un son moins beau qu'un moteur Porsche

Du côté des qualités sonores, le haut-parleur ne permet pas un ronronnement aussi beau qu’un Flat-6 Porsche. Il faut même reconnaître que la qualité est très moyenne et parfois criarde dès que l’interlocuteur hausse un peu le ton. Les aigus sont très sollicités sans faire de place aux médiums qui auraient adouci l’ensemble.

En utilisation baladeur, là non plus le son n’a rien d’exceptionnel. Le casque fourni avec le P’9521 n’est pas vraiment à la hauteur. Mais on peut heureusement y brancher n’importe quel autre casque grâce à la prise jack 3,5 mm intégrée à la télécommande filaire qui fait également office de kit main-libre.

Un mobile seulement pour la frime ?

Porsche Design P’9521
Voilà très certainement un bel objet de design (même si certains peuvent ne pas aimer). Imposant et massif, il propose une reconnaissance d’empreintes innovante, mais reste trop classique sur les autres fonctionnalités. Un vrai bijou de luxe pour ceux qui en ont les moyens.
  • Les plus
  • Les moins
    • Design et finition
    • Reconnaissance d’empreintes
    • Autonomie
    • Lourd et massif
    • Fonction baladeur peu aboutie
    • Qualité sonore en retrait