Ces entreprises high-tech au passé étonnant

Commodore : des calculatrices à l'Amiga

CommodoreBien que défunte en 1994, puis ressuscitée en 2005, Commodore n’a pas toujours été le célèbre fabricant d’ordinateurs que les fans ont connu. Si les plus grands succès de la firme sont pourtant ses Amiga et autres Commodore 64, la société trouve plutôt ses origines en 1954, alors qu’elle ne produit que de simples machines à écrire...

Une petite entreprise américaine

C’est donc en 1954 que Jack Tramiel fonde avec sa famille sa propre entreprise. Cet immigrant polonais, et survivant du camp d’Auschwitz, arrive donc aux États-Unis et y ouvre une petite entreprise de vente et de réparation de machines à écrire. C’est à la suite d’un deal avec une société tchécoslovaque, signe que son affaire se porte plutôt bien, qu’il étend sa production au Canada, et déménage donc à Toronto. Mais si les affaires se portent bien à l’époque, il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que le public nord-américain préfère les productions japonaises, ce qui n’a pas manqué de mettre en difficulté les entreprises américaines dans ce domaine. À la fin des années 50, Commodore est au bord de la faillite, mais Jack Tramiel réagit en se recyclant dans sur un autre marché, celui des calculatrices.

La voiture Opel Commodore, qui a inspiré le nom de la marqueC’est donc en 1962 que l’entreprise s’offre un nouveau nom, celui de Commodore Business Machines (CBM, qui ne manquera pas de rappeler un certain IBM...). Pourquoi un tel nom ? De la bouche du fondateur : « Je voulais appeler mon entreprise General, mais il y avait déjà beaucoup d’entreprises qui portaient ce nom : General Electric, General Motors... J’ai donc voulu choisir Admiral, mais ce nom était déjà pris. C’est lors d’un voyage à Berlin avec ma femme que la voiture dans laquelle nous étions s’est arrêté brièvement devant une autre voiture qui portait le nom : Opel Commodore ». Elle se spécialise tout particulièrement dans le secteur des calculatrices en tout genre. Mais une fois de plus, le Japon produit vite, pour pas cher, et des produits de qualité vers lesquels le public américain va une fois de plus se tourner, laissant les entreprises comme Commodore avec des tonnes d’invendus sur les bras, qui mettront une nouvelle fois la société dans une situation délicate à la fin des années 60. Jack Tramiel n’en peut plus. Pour en avoir le coeur net, il voyage donc au Japon afin d’essayer de comprendre comment travaillent les Japonais, et pourquoi leurs machines ont tant de succès. Il reviendra aux États-Unis avec un concept encore inédit dans le pays : les calculatrices électroniques, qui vont devenir le nouveau fer de lance de la firme.

L’informatique, puis la gloire

Commodore fait donc ainsi ses premiers pas dans l’électronique, et commercialise ses premières calculatrices sur ce modèle au début des années 70. Les affaires reprennent, mais la concurrence de plus en plus pressante de Texas Instrument, qui produit au même moment ses propres calculatrices électroniques, pousse Commodore à se recycler une fois de plus pour survivre. C’est donc en 1977 que la décision est prise : Commodore va profiter de l’arrivée des micro-ordinateurs et devenir une société informatique. C’est donc la même année que sort le PET 2001 (Personal Electronic Transactor), premier ordinateur de l’entreprise. Concrètement, il s’agit surtout d’une calculatrice plus complexe, plus rapide, équipée d’un clavier QWERTY et disposant d’un lecteur de bandes magnétiques.

C’est à partir de cette époque que Commodore va sortir certains de ses plus grands succès, et devenir une société emblématique dans le monde de la micro-informatique. En 1982 sort le Commodore 64, premier succès mondial de l’entreprise, qui la propulsera sur le devant de la scène à travers le globe. Plus tard, et au terme d’une longue bataille au sein de la société (qui verra entre autres le départ de Jack Tramiel et de sa famille de l’entreprise, tous partis chez Atari pour notamment créer l’Atari ST), sort l’Amiga 500, fruit du rachat de la société Amiga Corporation, et qui fera entrer définitivement Commodore dans les rangs des constructeurs mythiques de micro-informatique des années 80. Malheureusement, l’entreprise ne survivra pas à une nouvelle crise financière, qui aura raison d’elle le 29 avril 1994.