[Test] Horological Watch : faut-il craquer pour la montre connectée de luxe ?

Les montres connectées ont le vent en poupe. Chaque constructeur high-tech y va de son itération, d’Apple à Samsung en passant par LG ou Huawei. Les plus sportifs ne sont pas en reste, on pense ici à TomTom ou Garmin. Mais la montre connectée c’est aussi désormais le dada des horlogers suisses, des vrais faiseurs de garde-temps. Si Tag Heuer doit bientôt arriver sur le marché en partenariat avec Intel et Google, c’est Frédérique Constant qui s’est le premier engouffré dans la brèche ouverte par la Withings Activité, première montre connectée estampillée « Swiss Made ».

À l'origine de l'Horological Watch, il y a une joint venture hors du commun : une entreprise rassemblant Frédérique Constant, Mondaine et Alpina (trois manufactures helvétiques qui fournissent les mouvements à quartz) et Fullpower Technologies of Silicon Valley, une société high-tech américaine qui se charge de la partie connectée de la montre (MotionX). Au final, chaque manufacture propose son propre modèle de montre connectée exploitant la technologie MotionX.

Le modèle que nous avons testé ici est celui de Frédérique Constant. Côté fonctionnalités, point de notifications ou de possibilité d'envoyer des emojis depuis une Horological Watch. À près de 1000 euros pour le modèle de base, la Frédérique Constant Horological Watch se limite à donner l'heure, la date et compter les pas. Aussi, vaut-elle le coup ?

Oui, parce que son design est plutôt réussi

Frédérique Constant crée des montres depuis 1988. Si elle ne faisait alors pas partie des manufactures emblématiques, l’entreprise helvétique a su gagner ses galons grâce à des pièces aussi audacieuses que la HeartBeat Manufacture. Ce niveau d'expertise profite à l’Horological Watch.

Un boîtier de 42 mm, épuré et élégant. Une pièce servie sur un bracelet en crocodile assorti d'une boucle déployante. En acier ou en plaqué or, la Frédérique Constant fait bel effet. Le cadran gris métallisé apporte une touche contemporaine dans un visuel très vintage dessiné par les index en chiffres romains, mais aussi les aiguilles qui ne sont pas sans rappeler les gardes-temps des années 50/60, comme certaines Seamaster d’Omega. Ces aiguilles se limitent d'ailleurs aux heures et minutes. Une trotteuse aurait eu totalement sa place sur ce cadran qui est déjà gradué de 0 à 60 sur son pourtour.

En dessous du pignon des aiguilles principales, on trouve un registre à double fonction. Outre la date, indiquée par l’aiguille bleuie, c’est aussi à cet endroit que l’on profite de l’affichage des données du podomètre. Point de détails ici, mais une simple aiguille additionnelle qui précise le pourcentage accompli sur la base de l’objectif fixé sur l’application de la montre. On regrette sur ce point que l’aiguille utilisée pour cette tâche soit de la même teinte que celles de l’heure. Il aurait été plus judicieux, selon nous, d’inverser avec celle du dateur afin de simplifier la lisibilité : argenté pour l’heure et la date, bleuie pour le suivi d’activité.

Néanmoins, l’ensemble demeure sobre et cohérent et se parachève par une couronne… fixe. Cette excroissance qui sert normalement à ajuster le mécanisme est ici bloquée et surmontée d’un bouton poussoir, seul élément pour entrer en interaction avec la montre. Quitte à faire, à la place d’une couronne factice, un bouton affleurant au boîtier aurait été plus discret.

Non, parce que ses aiguilles ne sont pas alignées

Inutilisable sans smartphone, l’Horological Watch se règle d’elle-même, calquant ses aiguilles sur l’horloge du téléphone. Il est impossible de régler la position de ses aiguilles via la couronne. Aussi, lorsque l’on s’aperçoit qu’elles ne tombent pas parfaitement sur les index, on fulmine. Un défaut d’autant plus visible que les minutes sont sautantes sur l’Horological Watch, à savoir qu’à la soixantième seconde, leur aiguille va directement à l’index suivant.

Pour corriger le problème, on s’enfonce alors dans l’application où l’on découvre un outil pour calibrer les aiguilles. On s’attelle alors à la tâche pour se rendre compte que le réglage proposé n’est pas assez fin pour aligner correctement ces aiguilles. Un bien mauvais point pour une montre d’horloger, « Swiss Made » de surcroît.

Non, parce que son application n’est pas aboutie

Comme vu jusqu’ici, pour profiter pleinement des fonctionnalités de l’Horological Watch, il faut passer par son application compagnon. Nommée MotionX et disponible sur iOS et Android, elle permet de définir le profil de l’utilisateur via son âge, son poids, sa taille, etc. Lors de la première utilisation, on a un objectif conseillé de 10 000 pas et un temps de sommeil de 7 heures. Les plus sportifs seront d’ailleurs déçus de constater qu’ils ne peuvent dépasser les 20 000 pas avec l’Horological Watch, le compteur d’objectif étant bloqué au-delà.

Une fois dans l’application en elle-même, c’est un autre défaut qui saute aux yeux. Originellement écrite en anglais, elle n’a été que partiellement traduite en français. Aussi, on trouve des mots encore dans la langue de Shakespeare, comme « Start mode sommeil », au lieu d’un simple « Démarrer le mode sommeil. » Pire, la section « astuces coaching » demeure brute, entièrement en anglais, et ne pointe que vers des pages Internet anglo-saxonnes. En définitive, le travail n’a pas été finalisé. Un mauvais point pour l’application compagnon d’une montre plutôt haut de gamme.

Une fois le problème linguistique écarté, on s’attache à découvrir les fonctionnalités de l’application MotionX. Un diagramme circulaire principal permet d’observer d’un seul coup d’œil ses objectifs (pas, sommeil, coaching). En tapotant dessus, on peut faire défiler chaque catégorie une à une et découvrir plus précisément les données associées. Sous ce graphique, les logos de ces trois mêmes catégories permettent d’accéder à des détails encore plus fins. C’est là que l’on accède à la distance parcourue, le nombre de calories brûlées ou encore les phases de sommeil léger et profond.

En parlant du sommeil, il ne faut pas oublier d’engager ce mode (sur la montre ou sur l’application) lorsque l’on se couche en gardant la montre au poignet ou en la posant sous l’oreiller - les deux positions sont possibles. Dans le cas inverse, la montre n’enregistrera pas de données de sommeil et ne déclenchera pas non plus l’alarme matinale éventuellement programmée. Une alarme sonore, pas assez forte à notre goût. Le vibreur de la Pebble Time est beaucoup plus efficace.

C’est la même alarme qui est utilisée lorsque l’on active le mode « sièste » (comme écrit dans l’application) de la montre. Une sieste comprise entre 10 minutes et deux heures et pour laquelle on peut demander à l’application d’être réveillé au moment le plus opportun pour ne pas être fatigué. Mais sur une durée courte (moins de 30 minutes), un réveil qui s'adapte au sommeil n'est pas très pertinent. Lorsque l'on n'a que 15 à 20 minutes devant soi, la montre sonnera alors uniquement à la fin du temps imparti. Dans ce cas, un réveil classique fait aussi bien l’affaire.

Non, parce que sa partie connectée ne justifie pas son achat

Vient alors l’heure du bilan où l’on étudie le rapport qualité/prix. Si l’on s’en tient à la qualité de fabrication, l’Horological Watch demeure une montre Frédérique Constant : élégante, bien finie pour son niveau de gamme, respirant la robustesse et montée sur une boucle déployante. Si c’est une belle montre que vous convoitez, celle-ci conviendra. Son verre saphir, son boîtier vissé et son mouvement suisse sont des gages de qualité.

La partie connectée n'est finalement qu'un petit plus technologique, qui ne justifie pas à lui-seul l’acquisition de l’Horological Watch. La faute à des fonctionnalités communes et une application à revoir, principalement.

Si c’est une montre podomètre qui vous intéresse, essayez peut-être la Withings Activité ou la Withings Activité Pop pour vous faire une idée à moindre coût. Si vous connaissez déjà le système et que vous souhaitez également une finition de qualité, l’Horological Watch de Frédérique Constant est la plus à même de remplir vos critères aujourd’hui, et ce, malgré ses défauts de jeunesse.

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