iPad : le test, le vrai

Les applications

Ce sont les applications qui ont fait le succès de l’iPhone. Fort de ce constat, Apple ne pouvait priver son dernier bijou d’un AppStore taillé sur mesure. De fait, plus de 2 000 applications sont déjà disponibles prêtes à compléter celles qui sont déjà préinstallées sur l’iPad.

Malheureusement, à l’heure actuelle il y a peu d’applications réellement conçues pour l’iPad. La faute à la jeunesse du produit et au peu d’exemplaires distribués qui font que les développeurs qui ont réussi à exploiter les capacités de l’appareil sont rares. Par conséquent, l’AppStore regorge surtout d’applications conçues à l’origine pour l’iPhone qui ont été adaptées à la tablette. Mais cet état de fait devrait changer dans les prochains mois, avec la diffusion progressive de l’iPad.

Applications prématurées

Les applications que nous avons testées n’étaient pas toutes défaillantes, mais un bon nombre présentait des bugs, nous contraignant parfois à les redémarrer pour espérer en profiter. Là aussi des solutions devraient être trouvées dans les prochains jours puisque les développeurs concernés disposent maintenant d’un terminal pour tester leurs productions.

Enfin, il ne faut pas oublier que les applications pour iPhone fonctionnent aussi avec l’iPad,  mais dans leur résolution native, soit en 640 x 480. La tablette peut les «upscaler» pour doubler cet affichage mais le résultat est bien trop pixelisé pour qu’on puisse y adhérer. Futurs possesseurs d’iPad, n’utilisez les applications iPhone qu’en cas d’extrême besoin.

L’iPad est-il un livre numérique ?

A l’heure actuelle, il y a deux applications qui permettent de transformer l’iPad en livre numérique : iBook et Kindle. Au niveau de l’offre, l’application d’Amazon a une nette marge d’avance avec plus de 370 000 références (en anglais) contre 60 000 pour la solution native d’Apple. Autre avantage pour Kindle : la possibilité de télécharger sur l’iPad tous les eBooks achetés auparavant. Voilà les seuls avantages d’Amazon, car en matière de fonctionnalités Apple donne une véritable leçon à son concurrent.

Tout d’abord, iBook dispose d’un dictionnaire qu’on active sur une simple commande du doigt. Il est également possible de placer des balises de lecture ou des notes directement dans le texte. Enfin, iBook permet aussi de changer l’arrière-fond (5 choix) et la luminosité de l’écran. Pour en finir avec les comparaisons entre ces deux références du livre numérique, il convient de dire que la lecture restera toujours plus agréable sur un Kindle qui utilise l’encre numérique plutôt que sur l’écran LCD de l’iPad qui même s’il arrive à un résultat très honnête, ne peut rivaliser en matière de fatigabilité des yeux.

Travailler sur un iPad

Les applications permettant de travailler sur un iPad pullulent mais souffrent des mêmes défauts que les autres : elles ne sont pas encore au point. Seules trois d’entre elles semblent abouties, celles qui ont été éditées par Apple dans sa propre suite iWork. Il s’agit de Pages, Numbers et Keynote. Autrement dit, un éditeur de texte, un tableur et un logiciel de présentation. Autant dire des applications essentielles mais pour lesquelles il faudra tout de même débourser 10 € chacune.

Les utilisateurs de Mac retrouveront vite leurs repères dans ces logiciels qui sont aussi édités pour leur Macbook, Mac Mini et autres iMac. Malheureusement, ils n’auront pas le même plaisir d’usage que sur leurs autres machines du fait de la saisie manuelle (voir en page 3). Autre point noir : il est actuellement impossible d’imprimer via ces applications, cette fonctionnalité n’ayant pas été intégrée aux versions iPad de la suite. Et pour le moment, il n’existe aucune solution alternative puisque Microsoft n’a pas encore adapté Office et que Google Docs (via Safari) est réduit à sa plus simple utilisation : la lecture de documents.

Jouer sur iPad

L’iPad comme console de jeu ? La question mérite au moins d’être posée tant les éditeurs semblent croire à cette fonctionnalité de la tablette. Des dizaines de jeux sont déjà disponibles et le premier constat qu’il convient de faire concerne leur prix. Celui-ci est bien plus élevé que celui des jeux pour iPhone et iPod touch.

Les pixels supplémentaires coûtent cher d’autant plus que ces jeux n’apportent rien de plus par rapport à leurs versions réduites, si ce n’est une qualité d’image appréciable. A l’essai, «Need for Speed : Shift» et «Sherlock Holmes Mysteries» sont parfaitement jouables sur l’iPad. De même pour le Scrabble édité par EA qui permet d’utiliser plusieurs iPhone et de se servir de la tablette comme plateau de jeu.

Verdict : L’iPad est un livre numérique assez honnête qui n’est relégué à la seconde place que par des spécialistes comme le Kindle. En ce qui concerne les applications de productivité et les jeux, la tablette souffre surtout de sa jeunesse. Nul doute que les prochaines semaines verront fleurir des dizaines d’applications qui passeront outre les limites dont l’iPad semble souffrir par moment. Enfin, on ne peut s’empêcher d’être choqués par le prix des jeux que les éditeurs devraient peut être revoir à la baisse s’ils veulent voire des joueurs se convertir à la tablette d’Apple.