Japon - USA, qui innove le plus ?

Aux origines de l'informatique

Nous le savons tous à des degrés divers, l’informatique et les ordinateurs de façon plus précise sont une composante incontournable des sociétés modernes. Cette discipline toute récente née pendant la dernière guerre mondiale a rapidement trouvé ses lettres de noblesse.

Intimement liée à ses débuts à l’effort de guerre, elle a trouvé comme premier terrain d’expression le décryptage des messages d’Enigma, la machine alors utilisée pour coder les communications des forces de l’axe. Les alliés alors sous perfusion américaine ont pleinement compté sur l’essor de cette nouvelle discipline pour anticiper les manœuvres ennemies. C’est donc à la faveur de cette genèse mouvementée et de la fuite des cerveaux vers le Nouveau Monde que la science informatique et sa matérialisation en la forme d’ordinateurs ont trouvé refuge à l’est du Pacifique.

Les super calculateurs, une discipline américaine

Les années qui suivirent la naissance de l’informatique constituaient l’âge d’or des grands supercalculateurs. Principalement dédiés aux calculs scientifiques à vocation plus ou moins militaire, il est naturel que les États-Unis en pleine guerre froide aient été jusque dans les années 80 la terre d’origine et  de naissance des plus grands supercalculateurs.

Une hégémonie qui dut attendre, à de très rares exceptions, la fin de la guerre froide et l’avènement du Japon sur la scène économique internationale pour se voir contestée. Pour la première fois en 1990, le Japon entre en scène au travers de la NEC et son site de Fuchu pour prendre la première place du supercalculateur le plus puissant au monde. Une seconde fois, en 1993 le pays du soleil levant se distingue grâce à un simulateur de phénomènes aérodynamiques situé à Tokyo et basé sur des processeurs japonais Fujitsu de la famille VPP500. Les super calculateurs américains incarnés dans l’esprit du grand public par les fameux CRAY (ce n’était déjà plus le cas dans les faits à cette époque) pliaient nettement pour la première fois face aux efforts nippons.  Mieux, à l’exception d’une brève interruption en 1994, le Japon gardait la tête du classement jusqu’en 1997 grâce à des supercalculateurs voués à la recherche et l’enseignement sur des sites tels que l’université de Tokyo ou celle de Tsukuba. Dans cette course ô combien symbolique, le Japon s’offrait une nouvelle fois le titre en 2002, 2003 et 2004 grâce à son célèbre Earth Simulator situé dans la « banlieue de Tokyo » à Yokohama ; rappelons que ce supercalculateur avait pour but la simulation numérique de phénomènes météorologiques et sismiques.

En dehors de cette lutte symbolique et de hautes voltiges, il convient de se pencher sur les poids respectifs des  diverses nations dans le top 500 des supercalculateurs pour se rendre compte que les USA n’ont jamais réellement perdu leur place de leader au-delà de la vitrine réelle d'un certain savoir faire de pointe qu’est la première place du podium. Un sommet qui est par ailleurs trusté par IBM depuis quelques années avec Blue Gene, ses déclinaisons et plus récemment Roadrunner.