Motion Capture : bienvenue dans le monde réel

Premier jeu vidéo il y a presque 15 ans

En France, le premier jeu vidéo réalisé en Motion Capture date de 1994, il s’agit de « Prisoner Of Ice ». Un an plus tard, le premier jeu de sport voyait le jour : Power Soccer 95. La partie tournage de ce jeu a été faite avec des joueurs de l’équipe de Dijon qui étaient filmés deux par deux au maximum, et enregistrée par quatre caméras. « A l’époque où les 1ers jeux vidéo ont vu le jour nous étions beaucoup moins précis », se souvient Rémi Brun, pionnier de la Motion Capture (avec « Attitude Studio » à l’époque, producteur pour « Mocaplab » aujourd’hui) qui a travaillé sur ces jeux. « Les jeux de football se sont révélés plus complexes de par la quantité de mouvements nécessaires pour aboutir à une action et l’affluence de combinaisons ensuite possible pour donner le maximum d’enchaînements différents. ».

Ronnie, Zizou, Ginola et les autres...

En 1996, Rémi Brun réalise un nouveau jeu : « Pete Sampras Extreme ». Pour ce jeu, tous les mouvements ont été capturés en 2 jours sur un terrain de tennis en Angleterre, non pas par Pete Sampras lui-même mais par un joueur anonyme qui s’est prêté à l’imitation des plus célèbres tennismen. Car il faut avouer que dans la plupart des jeux se servant de nom de grands sportifs, aucun n’a participé ou alors simplement pour des cinématiques, essentiellement dans les jeux de football. Ainsi Ronaldinho, Wayne Rooney, David Ginola, ou encore Zinedine Zidane… ont prêté quelques uns de leur mouvements mais pas de gestes techniques à proprement parler.

Dans les années 90s, capturer entre 300 à 400 mouvements était déjà énorme. Pour imaginer les prouesses technologiques qui ont eu lieu afin d’obtenir des jeux de grandes qualités, il suffit de savoir qu’aujourd’hui « Electronic Arts » capture en moyenne 3 000 mouvements et pousse la réalisation jusqu’à 100 caméras pour faire un jeu. Dire que les premiers jeux étaient déjà considérés comme de véritables chefs d’œuvre par les « gamers »… A noter que dans le cinéma on utilise encore plus de caméras allant jusqu’à 16 millions de pixels comme pour le film « Renaissance ».