[Test] Nexus 9 : faut-il craquer pour la tablette de Google ?

En 2012, Google lançait un pavé dans la mare aux tablettes en lançant la première Nexus 7, une tablette de Full HD de 7 pouces aux performances de pointe pour moins de 250 euros. Tel Xavier Niel face aux opérateurs, le géant du Web haranguait les consommateurs. Le message était clair : vous payer trop cher. Face au succès de son premier jet, Google remet le couvert un an plus tard avec la version 2013 de la Nexus 7. Toujours performante et abordable, elle achève d’installer Mountain View dans le paysage des tablettes.

Aujourd’hui, Google lance la Nexus 9. Construite par HTC, elle est plus grande et plus puissante grâce aux services du dernier processeur mobile de Nvidia. Une tablette taillée pour venir chasser sur les terres des iPad mini qui, pour l’heure, peinent à se démarquer avec une troisième version trop peu modifiée pour être concurrentielle. Pour autant, la Nexus 9 est-elle aussi intéressante que sa fiche technique l’annonce ?

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Google Nexus 9Google Nexus 9

Oui, parce que son Tegra K1 est "un monstre"

Google fait une infidélité à Qualcomm et revient à ses premiers amours en embarquant sur sa Nexus 9 un processeur Nvidia. Sa tablette est l’une des rares à s’offrir les faveurs du Tegra K1, dernier né des fonderies du caméléon. Avant même de passer au grill, il est bon de rappeler que c’est lui qui équipe la Shield Tablet, une tablette dédiée aux joueurs les plus exigeants. Néanmoins, moins gourmand, HTC se contente d’un modèle double coeur cadencé à 2,3 GHz contre un quadcore dans le K1 de la Shield Tablet. Pour autant, cette différence de puissance ne se fait pas ressentir. Épaulé par deux gigaoctets de mémoire vive, le Tegra K1 ne faillit devant aucune application. En première ligne, les jeux les plus lourds du Google Play plient sous la puissance de la Nexus 9. Ainsi, les courses d’Asphalt 8, le jeu de course de Gameloft, sont parfaitement fluides et on n’observe aucun ralentissement non plus dans The Wolf Among Us, l’excellent jeu d’aventure de Telltale.

The Wolf Among UsThe Wolf Among Us
Pour attester des performances de la Nexus 9, nous l’avons soumis à différents benchmarks. Sa partie graphique, la plus intéressante, a été éprouvée par 3DMark. Elle y récolte un joli 26055 points, soit plus que l’iPad Air 2 (21641 points), autant que la Xiaomi Pad (26079 points), mais moins que la Shield Tablet et ses près de 31000 points.

Sous Geekbench, l’iPad Air parvient à lui arracher la victoire sur les tests multicoeurs. Pour le reste le Tegra K1 de la Nexus 9 domine, même la Shield Tablet malgré sa puce quadcore.

Antutu confirme l’ensemble avec plus de 54000 points enregistrés. Laissons d’ailleurs le soin à l’application d’analyser ce résultat : « Wow ! Monster ! » Tout est dit.

AnTuTuAnTuTu

Non, parce que sa coque s’ouvre (et qu’elle ne le devrait pas)

La Nexus 9 est formée d’un seul bloc et n’est pas censée pouvoir être ouverte par son utilisateur. Cependant, les retours de ses premiers testeurs montrent que sa face arrière a tendance à se détacher facilement. Un point qui, s’il a facilité son démontage chez iFixit, n’augure rien de bon pour le consommateur final. Façonnée en plastique, cette partie de la tablette se détache bel et bien, comme nous le prouve notre propre expérience. Nous n’avons pas eu besoin de martyriser notre machine pour le vérifier. La pression d’un seul doigt permet de déclipser légèrement la coque. Ce n’est pas à proprement parler un défaut de finition puisque tous les matériaux sont parfaitement ajustés. Disons qu’un point de colle aurait été bienvenu, surtout dans la gamme de prix de la Nexus 9.

La coque arrière se détacheLa coque arrière se détache

Non, parce qu’elle chauffe

Comme dit précédemment, le Tegra K1, processeur de la Nexus 9, est un monstre de puissance qui ne se défile devant aucune application ou vidéo. Revers de la médaille, à pleine charge, il a tendance à chauffer. Et il chauffe beaucoup. Malgré un dissipateur en cuivre qui couvre l’ensemble des composants, on ressent malgré tout un dégagement  de chaleur tout autour du capteur photo arrière, soit sur la zone où est installée la carte-mère de la Nexus 9. On ne se brûle pas non plus, mais la sensation est très présente tout de même, pouvant devenir désagréable lors d’une utilisation prolongée. Ce défaut n’est pas l’apanage de la tablette de HTC, mais mérite d’être relevé. En outre, modérons notre propos en précisant qu’elle ne chauffe que dans des applications qui sollicitent le Tegra K1 et à plus forte mesure son GPU (processeur graphique), le Kepler DX1.

Nvidia Tegra K1Nvidia Tegra K1

Oui, parce que son écran est correct et surtout 4:3

Après deux tablettes de 7 pouces et une autre de 10 pouces, laissée sans postérité, Google lance donc une tablette intermédiaire affichant une diagonale de 8,9 pouces. Un bon compromis confort/encombrement, diront les plus nomades. Outre cet avis subjectif, attardons-nous plutôt sur son format. C’est le premier point positif, Google abandonne le format 16:9 de ses précédentes tablettes pour céder au 4:3, jusqu’alors terrain exclusif des iPad. Une tablette n’étant pas uniquement destinée à regarder des films, il s’avère être un choix convaincant permettant une utilisation plus aisée en mode paysage, avec un affichage vertical plus large, idéal pour la navigation Internet.

Côté qualité de dalle, on est sur un modèle LCD IPS Quad HD. Les angles de vision sont donc très ouverts et les couleurs fidèles. Le contraste fait tout ce qu’il peut pour pousser les noirs, mais on ne peut nous ôter de la tête le test de la Galaxy Tab S et son magnifique écran Amoled avec ses noirs infinis et ses couleurs chatoyantes et justes. Actuellement, rien ne concurrence l’Oled sur le plan de la qualité visuelle. Cependant, s’il faut se contenter d’un LCD, celui de la Nexus 9 n’a pas à rougir face aux iPad, aussi reconnus pour avoir un affichage de qualité.

Nexus 7 (16:9) et Nexus 9 (4:3)Nexus 7 (16:9) et Nexus 9 (4:3)

Non, parce qu'elle manque un peu d'autonomie

Armée d’une batterie de 6700 mAh, la Nexus 9 n’est pas moins bien lotie que la concurrence. L’iPad Air 2 a bien une batterie de 7340 mAh, mais il utilise aussi une dalle plus grande. Pourtant, la tablette de Google est à la peine et revient souvent à son chargeur. Six heures d’autonomie en vidéo avec un peu de surf, c’est tout ce que l’on a pu récolter. C’est assez maigre quand on sait que la norme traditionnelle en 2014 sur une tablette haut de gamme est plutôt de l’ordre de 10 heures.

Le Tegra K1 de Nvidia serait en cause. Également utilisé par la Xiaomi MiPad, qui présente elle aussi une autonomie limitée, il pourrait manquer d’optimisation, notamment dans ses liens avec Android 5.0.

Google Nexus 9Google Nexus 9

Non, parce qu'elle est 100 € trop cher

La Nexus 9 n’est pas exempte de défauts, mais le pire de tous reste son prix. Affichée à 399 euros, elle tranche avec les habitudes de Google qui proposait jusqu’alors des produits performants, mais bon marché, d’où les succès des smartphones Nexus et des Nexus 7. En s’alignant sur le marché pour laisser respirer les autres marques embarquant Android, Google fait perdre un peu de son âme à la gamme Nexus, le Nexus 6 pouvant être mis dans le même bain.

En définitive, considérant ses qualités et ses défauts, on peut regretter qu’elle soit 100 euros trop cher pour être la tablette Android incontournable. Reste que c’est avec elle que les utilisateurs accèderont le plus rapidement aux mises à jour ultérieures d’Android, Google servant ses propres produits avant les autres.

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2 commentaires
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  • oneair
    O_o

    La Nexus 9 est équipée d'un K1 64 bit, contrairement à la shield qui n'a "que" le K1 32 bit...
    0
  • oneair
    O_o

    La Nexus 9 est équipée d'un K1 64 bit, contrairement à la shield qui n'a "que" le K1 32 bit...
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