Le piratage s'empare de vos consoles

Les raisons du piratage

Nombreuses sont les raisons qui peuvent pousser un utilisateur à passer du côté obscur et à modifier sa console. La plus évidente, et certainement la plus répandue, consiste bien entendu à se dispenser du paiement de ses jeux. Une fois la console modifiée de sorte que les protections n’aient plus lieu d’être, il devient possible de lancer des jeux et logiciels téléchargés sur Internet ou directement copiés depuis un original. Citons également l’import de jeux qui n’arrivent jamais (ou en retard) chez nous, et qui nécessitent parfois certaines manipulations sur les consoles de salon pour pouvoir lancer des titres japonais sur nos consoles européennes, par exemple. Si cette pratique avait un grand intérêt dans les années 90, elle s’avère un peu moins utile aujourd’hui puisque les jeux japonais sont plus nombreux à arriver chez nous et que le zonage de ces titres tombe peu à peu en désuétude.

Des homebrews par milliers


D’autres usages, assez nombreux, sont pourtant largement représentés à travers cette pratique, le principal étant l’utilisation de programmes créés par des amateurs (ou « homebrew », littéralement « fabriqués à la maison »). Ces petits programmes pullulent notamment sur Nintendo DS et PSP, et leur offrent généralement des fonctions que ces consoles ne proposent pas à l’origine : un PDA, un lecteur de fichiers musicaux ou vidéo (qui gère un plus grand nombre de formats dans le cas de la PSP), une messagerie instantanée, l’échange de fichiers via le Wi-Fi, etc.

Ces programmes amateurs permettent généralement aux développeurs en herbe de se faire la main, de montrer de quoi ils sont capables, et de détourner de manière amusante ou utile les fonctions premières des consoles. Ils regroupent de véritables communautés sur Internet, à travers des sites où se partagent des programmes de ce genre chaque jour.  Bien sûr, cet usage anodin en apparence est souvent utilisé dans ce genre de communauté pour se dédouaner du fait de jouer gratuitement. « Les linkers DS / DS Lite ne sont vendus qu'à des fins de développement, d'utilisation de homebrews, de lecture de MP3 et DIVX », rappelle le site vendeur du Linker R4 pour DS. « Le téléchargement et l'utilisation de ROM est illégal en France et passible d'amendes.  R4-DS dénonce ces pratiques et ne peut être tenue responsable des utilisations illicites (actes de piratage) exercées par l'un de ses client(e)s », peut-on lire sur le site, sur la page même qui permet de s’acheter l’objet en question.

Mais la pratique même du détournement de l’utilisation première de la console, même si elle n’implique pas le piratage de jeux, est-elle légale pour autant ? Pour Nintendo, la réponse est claire, dans la mesure où l’éditeur fait tout ce qui est en son pouvoir pour faire retirer ces appareils de la vente, et en empêcher la circulation au maximum, en France comme ailleurs. Si les autres éditeurs ne montrent pas forcément la même virulence, tous sont plus ou moins du même avis. Le simple fait de modifier votre Xbox 360, par exemple, peut vous faire bannir à vie du Xbox Live, le système de jeu en ligne de Microsoft, même si vous pouvez prouver que vous n’avez jamais piraté un jeu...