[Test] Play 5 : faut-il craquer pour la nouvelle enceinte multiroom de Sonos ?

Avec la nouvelle version de son modèle haut de gamme, Sonos, le précurseur des enceintes multiroom grand public, entend bien démontrer tout son savoir-faire. Elégante, dotée d’une belle réserve de puissance, et servie par une application aussi complète qu’efficace, la Play:5 dispose de solides arguments pour séduire une clientèle exigeante…et fortunée.

Oui, pour la qualité audio

La Play:5 se destine en premier lieu à la sonorisation de la pièce à vivre. L’enceinte intègre trois mid-woofers, pour les mediums et les graves, et trois tweeters dédiés à la diffusion des aigus. A l’écoute, et à condition de l’éloigner de deux ou trois mètres, on est séduit par l’amplitude de la spatialisation qui se traduit par une sensation « d’enveloppement ». On va encore le redire : cela n’a rien à voir avec le rendu qu’offre une paire d’enceintes stéréo, mais à l’écoute, c’est assez surprenant…dans le bon sens du terme.

A volume équivalent, la Play:5 occupe l’espace de façon bien plus homogène que sa petite sœur la Play:1, ou encore la SoundTouch 10 de Bose. Le rendu sonore est très équilibré, avec notamment des basses bien rondes qui ne cherchent pas à s’imposer. Sur du Jazz (Miles Davis, Tal Wilkenfeld, Herbie Hancock…) c’est un régal. Et surtout, c’est bon par défaut. Pas besoin de tripatouiller l’équaliseur. Sauf pour ceux qui cherchent des basses plus présentes, que ce soit par goût musical, ou pour apporter plus de tonus lors d’une soirée entre amis.

Le reste de la plage sonore est tout aussi agréable, avec peut-être des aigus un poil « piquants » par moment, comme dans Freebird de Lynyrd Skynyrd, mais on chipote. Bref, ce modèle haut de gamme tient ses promesses.

Oui, pour le design et l’ergonomie

Dès la sortie du luxueux carton d’emballage (il faut déverrouiller des loquets de plastique pour extraire le lourd couvercle et découvrir l’enceinte), la Sonos Play:5 fait son petit effet. Très élégante dans sa livrée noire (elle existe aussi en blanc, avec la face avant noire), elle nous a immédiatement séduits par son design minimaliste et moderne.

Plutôt compacte (203x364x154 mm), plutôt lourde aussi avec ses 6.3 kg, elle peut être positionnée horizontalement ou verticalement. Le son étant bien spatialisé, on peut la placer dans un coin de la pièce sans que cela ne nuise à la qualité d’écoute. Le panneau de commande est tout aussi discret. Trois zones tactiles seulement habillent la face supérieure. Deux sont dédiées au contrôle du volume, et la principale sert à mettre l’appareil en veille ou, en glissant son doigt dessus, à passer à la piste suivante ou précédente. Plutôt classe.

Seul bémol, la Sonos  5 ne dispose pas de bouton marche/arrêt. A l’heure de la COP21, ça chiffonne. Sur la face arrière se trouvent les prises Ethernet pour la connexion au réseau, l’entrée audio mini-jack, et le bouton d’appairage de l’enceinte au réseau Wifi. Une entrée casque aurait été bienvenue.

Oui, pour la qualité de l’application Sonos

Un sans-faute, cette application ? Allez, presque. Pour commencer, elle se distingue par sa clarté. Au premier lancement, elle invite au paramétrage de l’enceinte et indique pas à pas la marche à suivre. L’appairage est plutôt rapide en Wifi, il a mis à peine 3 minutes au cours de notre test. Petite surprise, le système coupe la connexion Wifi durant quelques instants. C’est assez étrange, mais heureusement sans conséquence.

Le paramétrage des enceintes suivantes est tout aussi simple, comme nous l’avons constaté en ajoutant une Play 1. Il suffit simplement d’indiquer les pièces où elles sont placées (que l’on peut évidemment changer par la suite), de manière à les sélectionner rapidement. Grâce à l’application, il suffit ensuite de choisir les enceintes sur lesquelles on souhaite diffuser de la musique. Multiroom oblige, il est possible de streamer la même musique partout ou au contraire de choisir une ambiance musicale dans chaque pièce ou zone de la maison.

Une fois la première enceinte reconnue, on accède au menu principal de l’appli. A partir de là, on peut parcourir les musiques stockées sur le périphérique, lancer une Webradio ou une liste de lecture déjà composée, accéder à ses favoris et, bien entendu, ajouter un service de musique en ligne. Tous les principaux y figurent, depuis Deezer jusqu’à Spotify en passant par Fnac Jukebox, Napster, Qobuz ou Google Play Music. Et Apple Music ? Aussi : le service est accessible en bêta depuis le 15 décembre sur les smartphones IOS bien sûr, mais aussi Android.

Point positif, la majorité des services de musique peuvent être pilotés directement depuis l’application Sonos. Et comme le streaming passe par le réseau Wifi, l’extinction du téléphone, ou de la tablette, n’interrompt pas le flux audio. Seul bémol, l’appli met parfois un temps étrangement long pour détecter l’enceinte Sonos si l’on ferme et rouvre l’application. Autre petit tracas, il est arrivé (une seule fois heureusement) que l’enceinte ne soit plus reconnue. Un message nous a même indiqué qu’une réinstallation s’avérait nécessaire. Mais, alors que nous apprêtions à le faire, l’enceinte est subitement réapparue. Bizarre. Cet incident mis à part, tout roule : Réactive, complète et conviviale, l’application donne satisfaction.

Non, pour les connexions

Alors, pour écouter de la musique, vous avez le choix entre le streaming depuis le réseau en Wifi ou en Ethernet, et la connexion d’un périphérique sur la prise audio mini-jack. Et c’est tout. Pas de prise en charge du Bluetooth, moins encore du NFC : c’est assez navrant compte tenu du prix de l’enceinte. D’autant que sa concurrente, la Cabasse Stream 1, dont les caractéristiques et le prix sont assez proches, propose ces modes de communication.

Alors, oui, il reste le Wifi, mais celui-ci est limité au 802.11g, alors que tous les concurrents, de Bose à Denon, en passant par Panasonic intègrent le protocole 802.11n. Bon, lors de nos tests, nous n’avons pas rencontré de problèmes de débit, y compris en diffusant des fichiers FLAC. Mais tout de même, du 802.11 g sur une enceinte de dernière génération, ça fait mesquin.

Non, pour le prix d’un système stéréo

570 euros. C’est une sacrée somme pour une enceinte mono. Cela dit, comme nous l’avons vu, la qualité est au rendez-vous et à l’écoute, le résultat est convaincant, surtout au regard de sa compacité. Mais, testée en alternance avec une simple paire d’enceintes Kef Coda 7 (dont le prix serait aujourd’hui de 300 euros environ), elle ne soutient pas la comparaison. Pour cela, il faudrait l’appairer afin de bénéficier d’un son en stéréo, ce qui se justifie complètement dans une pièce à vivre. Mais dans ce cas, la facture devient carrément salée.

Si vous disposez déjà d’une chaîne Hifi avec de bonnes enceintes, pourquoi ne pas plutôt opter pour un boîtier Wifi que vous connecterez à l’entrée Aux de votre installation ? Le Google Chromecast Audio coûte 39 euros ; le Gramofon, en vaut 59, et ces deux systèmes sont compatibles multiroom !

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