Reportage au Team Lagardère : pépinière de champions

La relation coach – technologies- athlètes

Pour Ontanon, la motivation des athlètes est essentielle étant donné l’investissement que demande le programme. Qu’est-ce qui les pousse à rejoindre le team ? « L’accompagnement, la structure, une équipe là pour piloter l’athlète. On change complètement la manière d’entraîner. Ça change « l’intelligence » de l’athlète, la relation avec le coach. L’athlète comprend mieux et s’approprie son entraînement. Il en comprend les effets et les buts. » Et il fait confiance ? « Il n’a pas les moyens de contredire ces données, il y a une vérité criante de l’image, des données croisées. Une fois qu’on a tous ses paramètres, l’athlète ne peut que valider. Ça change l’approche du sport, mais ça ne révolutionne pas tout non plus, ce ne sont que des outils, qui aident à l’observation, à la décision d’objectifs. »

Les athlètes sont conquis

Oudere KankarafouOudere Kankarafou, médaillé de bronze en relais 4x100m lors des Championnats d’Europe de Göteborg 2006, confirme l’enthousiasme des protégés du Team. « Ce qui m’a poussé à rejoindre le team déjà c’est la qualité de l’entraîneur, la qualité des infrastructures et cet objectif de rationaliser l’entraînement. Vu de l’extérieur on peut croire que Lagardère c’est une structure inhumaine, mais en fait il y a quand même une approche amicale, humaine. Ici ce qui change c’est la rapidité, la capacité à répondre le plus vite et de la manière la plus adaptée. » Le sprinter se réjouit d’ailleurs du travail vidéo mis à disposition. « Quand le coach demande à l’athlète de faire tel geste et que l’athlète croit y arriver, mais en fait non, grâce à la vidéo on peut lui montrer tout de suite la vérité en face et c’est très impressionnant. C’est futuriste, un peu comme dans un jeu vidéo ! Ici, je pense qu’ils commencent à révolutionner l’approche de l’athlétisme et de la performance. A partir du moment où on sent la cohésion dans ce qu’ils font, on a confiance. Ils savent ce qu’ils font, c’est chiffré, ça ne se discute pas. On connaît aussi la valeur de ce qui est mis en place, donc on sait aussi qu’on a de la valeur, qu’on est considéré, et on avance encore mieux. »

Oudere Kankarafou et Dimitri DemonièreSon collègue d’entraînement Dimitri Demonière, coureur de 100m et de 400m, le confirme. « On a tout ce qu’il nous faut en temps réel. On a les moyens de travailler de manière plus ciblée. Les nouvelles technologies, c’est assez facile à intégrer, car nous sommes parfaitement entourés. Sur l’ARIEL par exemple, qui est la plus périlleuse, on a toute une équipe avec nous. Alors même si on ne l’aime pas beaucoup, car elle fait souffrir, on en voit l’utilité tout de suite alors on le fait quand même ! Ici on touche un travail plus pointu de la qualité. Avec la professionnalisation de l’athlétisme, les mentalités changent. »

Un mélange efficace

La création du team inquiète ceux qui y voient le début d’une privatisation du sport de haut niveau aux dépens du secteur public représenté par l’INSEP. Mais il reste que le Team Lagardère a mis en place une structure très sophistiquée qui semble répondre parfaitement à la demande de prise en charge et d’efficacité de ses pensionnaires. Cette cohabitation, puisque le Team effectue aussi des séances à l’INSEP, et la concurrence qui en résulte est aussi une chance pour le sport français de tenir le haut du pavé.