Interview avec Jean Louis Constanza : Évolution de Ten Mobile

Ten Mobile : le pari

IDN : Pensez-vous que la France est prête à recevoir les mails et Windows Live Messenger sur son portable ?

JLC : Il y a un seul pays qui est en avance sur nous à ce niveau-là, c’est le Japon. La raison est qu’il n’y avait pas de mail fixe chez eux et ils l’ont donc mis sur mobile. Maintenant, la France est en avance parce qu’elle a un marché téléphone mobile qui est en avance par rapport aux États-Unis. Son avance sur l’ADSL grâce au dégroupage fait que l’on se retrouve avec des clients qui ont un gros usage mail et Messenger Live. Ils ne comprennent pas pourquoi ils ne l’on pas dans le bus.

IDN : Allez-vous avoir des offres ciblées PME/TPE ?

On lance aujourd’hui le mail pro, mais il n’est pas ciblé PME. Cette offre est avant tout destinée au pro plutôt individuel. Dans quelques mois, on lancera notre offre pro. Nous sommes en train de régler notre système et former nos agents dans les centres d’appel pour savoir traiter les entreprises. Aujourd’hui, nous ne sommes pas sûrs d’être capable à 100 % que notre service client sache traiter les entreprises en tant qu’entreprise.

IDN : Orange vous permet d’avoir une couverture qui est reconnue, mais en même temps vous dites que c’est aussi votre concurrent. Dans les conditions générales de ventes, vous dites que vous vous autorisez à rompre le contrat avec vos clients si Orange rompt son contrat avec vous et que vous ne trouvez pas d’utilisateur. Est-ce que cela n’instaure pas finalement un climat d’instabilité ?

JLC : On est au début de la concurrence dans les mobiles. Si l’on prend les téléphones fixes, la concurrence s’est ouverte en 98 et l’ADSL est apparu en 2000 - 2001 et à l’époque on n’était pas dégroupé. Ce que nous voulons c’est suivre le même chemin que Free. Il a investi assez tôt, il s’est forgé une base de clients et cela la rendu immuable ou incontournable. Si l’on est capable d’avoir 500 000 ou 1 000 000 de clients, on nous respectera et l’on trouvera une place stable. Il a aussi été décidé par l’État et les régulateurs que la concurrence était insuffisante et il y aura au moins trois ans de tranquillité pour les opérateurs mobiles nouveaux. Enfin, les clients ne prennent pas de risques, car les services continuent toujours, même après la vente de l’opérateur. Enfin, on voit que l’on a été financé non pas par un opérateur industriel, mais pas des financiers donc pas forcément enclins à prendre des risques.

IDN : Le petit mot de la fin

JLC : L’e-mail ou Messenger dans le bus c’est simple, quand vous l’avez, vous ne pouvez plus vous en passer.