[Test] Horizon Hobby Blade Inductrix : le mini drone incassable

Les drones destinés aux prises de vues, comme le Phantom 3 de DJI, le Bebop de Parrot ou le Solo de 3Drobotics, sont des appareils bourrés d’électronique pour faciliter la tâche du pilote. On peut décoller et effectuer quelques vols sans jamais avoir piloté, simplement en se reposant sur l’assistance du contrôleur de vol épaulé par de nombreux capteurs. Mais lorsque cette assistance décide de ne plus fonctionner, parce que la couverture GPS faiblit, parce que le baromètre altimétrique est perturbé par la météo, ou parce que le sonar ne marche plus, on passe en commandes manuelles. Sans expérience, le crash est très probable. Plus de 1000 € qui partent en fumée, c’est dur. La solution, c’est de s’entraîner pour savoir se sortir de situations difficiles. Pour cela, il n’y a pas de miracles, il faut piloter sans assistance pour acquérir de solides réflexes. Avec sa solidité remarquable, l’Inductrix est parfait pour l’apprentissage !

5 raisons de craquer (ou pas) pour le Blade Inductrix

1 – Oui, pour ses hélices protégées

C’est probablement le principal intérêt de cet appareil : ses hélices tripales sont engoncées dans des tubes qui font office de protections. Salutaire ! Les drones, avec leurs hélices lancées à grande vitesse, font parfois peur. Ces protections rassurent, puisqu’elles permettent d’éviter d’entrer en contact avec les pales. Mais à vrai dire, on peut arrêter les hélices avec le bout du doigt, elles sont parfaitement inoffensives. L’intérêt de ces protections, c’est plutôt de protéger… les hélices ! Car si vous touchez un mur avec un mini drone classique, il suffit qu’une seule hélice s’arrête de tourner pour que l’appareil chute.

Avec l’Inductrix, les cylindres en plastique épais permettent de toucher un obstacle et même de rebondir dessus. Au mieux, l’appareil reste en vol, au pire il est déséquilibré et tombe. Mais il repart aussitôt. Alors que sur un drone non protégé, la punition consiste généralement à remplacer les hélices. Horizon Hobby est tellement confiant dans sa technologie qu’il ne propose même pas un jeu d’hélices de rechange. Les moteurs sont de type brushed, une technologie qui assure un poids plume et un prix léger… mais un risque d’usure prématurée. Horizon Hobby a bien pensé les choses : aucun besoin de soudure pour changer un moteur, il suffit de le débrancher, de l’extirper de son logement et de le remplacer. Peut-on tout de même briser les cylindres de protection ? Oui, mais il faut sérieusement le chercher. Et eux aussi se changent.

2 – Oui, pour ses modes de vol

Par défaut, l’Inductrix est entièrement stabilisé. Cela signifie que le contrôleur de vol, c’est-à-dire le centre névralgique de l’appareil, s’occupe de le maintenir à plat. Si vous l’inclinez pour lui donner un ordre de vol, il s’efforce de rétablir l’équilibre automatiquement. Il s’appuie sur des microcapteurs tels que des gyromètres et des accéléromètres pour compenser les déséquilibres. Cela permet des vols souples, très agréables, et surtout de se concentrer sur les aspects non naturels du pilotage. Car lorsque le drone est dans le bon sens, toutes les commandes sont normales. Mais s’il vous fait face, certaines d’entre elles sont inversées (droite-gauche, rotation droite-gauche, avance-recul), d’autres ne le sont pas (haut-bas). La solidité de ce mini drone permet de s’exercer autant de fois que nécessaire, jusqu’à ce qu’il ne soit plus utile de réfléchir pendant les vols quelle que soit l’orientation de l’appareil, et sans craindre les crashs.

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Il est également possible de modifier la sensibilité des commandes, que l’on appelle le débattement en radiomodélisme. En débattements faibles, les commandes sont douces, parfaites pour débuter. En débattements élevés, l’appareil devient plus nerveux, plus difficile à maîtriser – mais aussi plus intéressant puisqu’il est capable de prendre de la vitesse. Mieux encore, l’Inductrix permet de débrayer l’assistance à la stabilisation. Dans ce cas, lorsque vous donnez une commande, c’est à vous de rétablir l’équilibre ! À quoi ça sert ? C’est la manière dont se pilotent les drones destinés au FPV racing (course de drones). L’Inductrix se révèle par conséquent une excellente école pour adopter, par la suite, un drone de type « racer ».

L'Horizon Hobby Blade Inductrix en action.

3 – Non, pour son autonomie

La batterie qui anime l’Inductrix est une petite Lipo à 1 cellule, donc de 3,7V et de 150 mAh. Elle est livrée avec un adaptateur USB qui assure la recharge en 2x : il faut environ 35 minutes pour obtenir une pleine charge. Elle permet de maintenir l’appareil en vol pendant 4 minutes. C’est très peu. En comparaison avec des appareils de gabarit similaire, on s’attend plutôt à tenir 7 à 8 minutes. Qui plus est, l’Inductrix ne prévient pas de la fin du vol. Ou plutôt si, ses diodes se mettent à clignoter… Mais l’appareil chute dans la seconde. On aurait apprécié avoir le temps de descendre pour éviter une chute de trop haut !


Cette autonomie faible est-elle rédhibitoire ? Non, car la batterie est amovible, fort heureusement. Vous pouvez en acquérir plusieurs pour enchaîner les vols. Il existe même des boîtiers capables de charger jusqu’à 4 batteries simultanément et plus rapidement que l’adaptateur USB fourni. Si vous décidez de craquer pour l’Inductrix, pensez donc à acheter 4 ou 5 batteries supplémentaires.

4 – Oui, pour la possibilité de recevoir une mini caméra

L’Inductrix ne permet pas de filmer puisqu’il est dépourvu d’une caméra. Normal, puisque ce n’est pas ce à quoi il est destiné. Les mini caméras « porte-clés » de type 808 #16 ou Mobius sont bien trop lourdes pour lui et il ne peut porter que quelques grammes. À vrai dire, il est tout de même possible de l’équiper d’une caméra, la VA1100 de Horizon Hobby (environ 85 €). N’espérez pas des séquences en Full HD – la résolution est du VGA, 640 x 480 pixels - ni des travelings stabilisés ! Les points forts de cette caméra, c’est d’afficher un poids plume d’une part et de diffuser l’image en temps réel via une technologie 5,8 GHz d’autre part. Attention, il n’est ici pas question de Wi-Fi, dont la latence est bien trop élevée pour qualifier le retour vidéo de « temps réel ».

Il faut donc, pour recevoir l’image, s’armer d’un récepteur 5,8 GHz et d’un dispositif de visionnage, écran LCD ou lunettes d’immersion, doté d’une entrée vidéo analogique (pas de HDMI, mais du Cinch ou du Jack). La caméra est alimentée via le câble en Y fourni dans sa boîte, qui vient s’enficher sur la batterie. Le résultat est bluffant : on peut voler en immersion chez soi ! C’est-à-dire piloter en ne se fiant qu’au retour de la caméra à bord, comme si on se trouvait dans le siège du pilote. On ne craint pas les crashs, l’appareil est précis, capable de voler dans un mouchoir de poche. Qui plus est, son mode sans assistance au pilotage permet de ressentir des sensations très proches de celles d’un racer. Le bémol, parce qu’il y en a un : l’autonomie en prend un coup, elle peine à dépasser 2 minutes.

5 – Oui, pour les versions avec et sans radio

Le Blade Inductrix est vendu avec sa radiocommande (on parle alors de version RTF - Ready To Fly), ou bien sans cette radiocommande (il s’agit alors d’une version BnF - Bind and Fly). L’intérêt ? La version RTF vous permet de voler dès que l’appareil est sorti de sa boîte – même les piles de la radiocommande sont fournies ! La radiocommande fournie est une MLP4DSM, au look proche de celui d’une manette de console de jeu. Elle est fonctionnelle, mais manque de précision et fait très plastique.

Avec la version BnF, vous utilisez votre propre radiocommande, pourvu qu’elle soit compatible avec les normes DSM2 ou DSMX. Si vous êtes déjà équipé, vous pouvez profiter de l’Inductrix avec une radiocommande précise, et que vous maîtrisez bien. Et avec un smartphone, est-il possible de piloter cet appareil ? Non, ce n’est pas prévu. On parle ici de vrai pilotage, pas d’un jouet dont on se lasse rapidement.

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