[Test] HTC One M9 : même joueur joue encore et encore et encore...

Avec son smartphone One, le constructeur taïwanais HTC tient depuis plusieurs années une place importante dans le monde du haut de gamme Android. À l’occasion du Mobile World Congress 2015, un nouveau membre rejoint la famille, le One M9. La première surprise fut le manque de nouveautés par rapport à son prédécesseur, le One M8, surtout en ce qui concerne le design. La fiche technique semble, elle aussi, manquer d’ambition. Mais après tout, faut-il nécessairement changer une recette qui marche ?

5 raisons de craquer (ou pas) pour le HTC One M9

Lire : [Test] HTC One (M8) : le même, en mieux

1° Oui et non, pour son design, certes léché, mais déjà vu

Le plus gros point fort de la série des One, c’est le design. HTC a longtemps pris le contrepied de la concurrence souvent partisane du plastique, au profit d’un métal brossé du plus bel effet. C’est encore le cas sur cette troisième génération de One. Si l’on ne peut que s’en réjouir, il faut bien admettre que la marque n’est plus la seule à jouer sur ce créneau. Les récents iPhone 6 et 6 Plus, tout de métal vêtus, offrent finesse et légèreté dans une structure à la préhension impeccable. Samsung, plus récemment, a totalement revu le nouveau Galaxy S6, désormais dans la même cour qu’Apple et HTC.

Face à eux, le One M9 provoque une désagréable sensation de déjà vu et de lourdeur (157 grammes pour HTC, contre 130 pour Apple et 132 pour le Galaxy S6). On se lasse un peu de ce design, incontestablement réussi et bien fini, mais que l’on connait depuis près de trois ans. Certes, les évolutions et ajustements sont incontestables. L’écran mesure toujours 5 pouces, comme sur le One M8, et il est toujours entouré par les deux haut-parleurs BoomSound. Le dispositif audio peut toutefois se vanter de conserver son titre de champion dans sa catégorie.

On regrette toujours le bandeau HTC sous l’écran, et finalement, le seul changement notable concerne le bouton d’alimentation, déplacé du haut vers la tranche de l’appareil. Malheureusement, c’est pour faire de la place à l’imposant capteur infrarouge qui donne à l’ensemble une allure de télécommande de vieux téléviseur.

2° Non, pour sa puce Snapdragon 810 qui, si elle est performante, chauffe trop

Qui dit nouvelle génération de smartphone, dit nouvelle puce mobile. Qualcomm est le grand partenaire de HTC, depuis le premier One. Pour cette édition m9, c’est le dernier SoC en date de la firme américaine qui a été retenu, le Snapdragon 810. Première puce haut de gamme à être compatible 64 bits chez Qualcomm, elle a la particularité de ne pas être équipée de cœurs « maison ». À la place, on trouve huit cœurs d’origine ARM. Les quatre premiers s’assurent des taches les moins gourmandes en maintenant une faible consommation d’énergie, tandis que les quatre autres se chargent de faire parler la puissance brute.

Test chauffe HTC One M9

Sur le papier, c’est prometteur, dans les faits, c’est décevant. Ce processeur a rapidement été accusé de souffrir de problèmes liés à la chauffe, un argument éclipsé par le patron de Qualcomm qui se contente d’assurer que « le produit fonctionne de la manière dont il est censé fonctionner ». Un peu court, surtout lorsque la première version du téléphone de test qui nous a été envoyé a atteint 57 degrés Celsius sur la façade arrière ! Une mise à jour du logiciel interne a permis de contenir le problème, en agissant toutefois sur les fréquences.

Comme nous avons pu le constater à réalisant plusieurs itérations d’un même benchmark, le m9 est touché par un fort phénomène de throttling, c’est à dire une baisse de la fréquence des composants pour palier à une augmentation de la température. De fait, sur les différents tests du logiciel GFX Bench, les performances varient jusqu’à -41% entre le premier et le dernier essai.

Lire : HTC One M9 : il chauffe moins... mais il va moins vite

3° Oui, parce que le capteur photo s’améliore enfin

Sur les One m7 et m8, HTC a mis en avant une technologie pour le moins atypique : l’UltraPixel. Contrairement à la concurrence qui ne faisait qu’augmenter la quantité de mégapixels sur les fiches techniques, l’idée était ici de faire l’inverse. Avec seulement 4 mégapixels, mais avec des photosites très grands (2 microns contre 1,2 à 1,5 pour la concurrence à l’époque), l’idée était qu’une grande quantité de lumière valait mieux qu’une grande quantité de détail.

Mais il s’est avéré que ce n’était pas une si bonne idée que cela, si ce n’est pour les clichés en faible luminosité. Le M8 a repris ce fonctionnement, en supprimant au passage le stabilisateur optique de son prédécesseur. Choix étrange si l’en est, tant la liste des qualités de ce capteur fond comme neige au soleil. À la place, HTC a installé un second capteur photo dont le seul intérêt a été de calculer plus précisément la profondeur de champs afin d’offrir la possibilité à l’utilisateur de faire le point sur une photo à différents endroits, après la prise. Amusant, mais limité.

Avec le m9, la firme a semble-t-il retenu la leçon. À l’arrière, le nombre de megapixel est multiplié par 5, avec un capteur protégé par un verre en saphir bien plus généreux en détail et avec des couleurs bien moins ternes que précédemment. Seul regret, la mise au point est parfois un peu longue, notamment en faible luminosité (n’a pas la mise au point par infrarouge du LG G3 qui veut) et l’absence de stabilisateur optique. Cela aurait été un plus pour la captation de vidéo également, d’autant que cela est possible jusqu’en 4K.

En façade enfin, l’UltraPixel est de retour, ce qui se justifie cette fois bien plus. Les selfies ne manquent pas de détail comparé à la concurrence et la prise de vue, y compris dans ces lieux sombres, laisse apparaitre de vrais visages, et pas simplement des ombres.

Lire : Plus tu fais de selfies, moins tu baises

4° Oui, parce que la Full HD a encore de beaux jours devant elle

La mode semble pousser à tout prix vers le Quad HD sur les haut de gamme Android, comme on l’a d’abord vu le LG G3 en 2014, puis sur le Galaxy S6 de Samsung cette année. Pour autant, la Full HD a encore de beaux jours devant elle, et le parti pris de HTC d’y rester fidèle nous semble être une très bonne idée.

L’écran 5 pouces n’a pas à rougir avec une résolution plus que confortable de 441 pixels par pouces, autant dire qu’un œil normal ne verra pas une flagrante différence de finesse avec un affichage QHD. Ensuite, en ce qui concerne les performances, la plus faible quantité de pixels à animer permet d’éviter une baisse drastique du nombre d’images par seconde dans les tests et jeux supportant les plus hautes définitions.

Cela profite enfin à l’autonomie, entre l’écran en lui-même et la puce graphique qui travaille moins, cela a donc tout l’air d’être un compromis gagnant-gagnant à tout point de vue.

Lire : Écrans de smartphones : ces pixels qui ne servent à rien

5° Non, pour sa batterie décevante

Se fier à la seule fiche technique pour estimer la résistance dans le temps de l’appareil serait une erreur. Certes, l’accumulateur affiche 240 mAh de plus que le HTC One m8. Seulement, la chauffe du Snapdragon 810 installé dans le m9 a visiblement des effets négatifs sur la batterie, et l’autonomie s’en ressent, avec des performances inférieures à celles de son prédécesseur ! Elle n’a donc rien d’extra-ordinaire, à moins d’activer le mode d’économie d’énergie dit « extrême », mais dont les fonctionnalités sont limités au strict nécessaire.

Posez une question dans la catégorie Dossiers du forum
Cette page n'accepte plus de commentaires
Soyez le premier à commenter
    Votre commentaire