[Test] Huawei Mate 9 : le top des phablettes Android

L’avis du photographe

C’est aujourd’hui une réalité : les compacts numériques, jadis prisés des photographes occasionnels ou amateurs ont été balayés par les smartphones. Rien d’étonnant, tant les constructeurs se sont efforcés de les doter d’appareils photo toujours plus efficaces. Alors bien sûr, certains compacts, tels le Sony RX III ou le Fujifilm FinePix X100 T offrent encore une qualité d’image très largement supérieure, mais leur prix élevé les destine aux passionnés. Pour la majorité des utilisateurs, l’appareil photo du smartphone se révèle largement suffisant pour un usage quotidien. A en croire les fabricants, Apple et Samsung en tête, ils seraient même désormais capables de rivaliser avec les meilleurs compacts, voire avec les reflex et hybrides numériques. Huawei, arrivé plus tardivement sur le marché, n’a pas tardé à sortir ses griffes et, pour confirmer ses ambitions, s’est associé à Leica pour proposer avec le P9, ce qu’il considère être le must du photophone. Tant qu’à choisir un partenaire, autant en prendre un qui ait de la classe. Avec le Mate 9, Huawei renouvelle l’expérience et propose un appareil photo plus évolué encore. Attention quand même, n’allez pas croire qu’il a été amoureusement assemblé par les mains expertes des minutieux artisans allemands. Non, il est Made in Asia (où l’on trouve d’ailleurs de très méticuleux ouvriers), comme presque tous les téléphones. En fait, Leica collabore avec les ingénieurs chinois, partage son expertise dans le domaine de l’optique et fait payer « un certain prix » le droit pour Huawei d’apposer la célèbre pastille rouge sur la boîte.

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Double capteur bénéfique au noir et blanc

Cela dit, d’un point de vue optique justement, le Mate 9 ne fait pas les choses à moitié. L’appareil principal comporte en effet 2 objectifs distincts, couplés à deux capteurs. L’un monochrome, de 20 mégapixels, l’autre RGB, de 12 MP. Pourquoi un tel assemblage ? Eh bien pour deux raisons. D’abord, le capteur monochrome a été conçu spécifiquement pour offrir le meilleur rendu possible en dégradés de gris. Le résultat est convaincant dès qu’on sélectionne le mode noir et blanc. Comparé à des photos couleur désaturées grâce à un filtre intégré, on ressent une sensation de piqué, un « croustillant » accru. Les contrastes sont plus prononcés et l’on perçoit davantage de matière dans les zones sombres. Mais ce n’est pas tout. Le fait de le coupler au capteur RGB permettrait d’obtenir des clichés au contraste et aux couleurs incomparables. Et de retrouver le « célèbre Style Leica », dixit Huawei. Nous avons contacté le fabricant pour en savoir un peu plus à ce propos. Il semble que le fabricant allemand ait fourni des informations liées au traitement colorimétrique qu’ils appliquent sur leurs boîtiers numériques. Évidemment, rien de tel en argentique, puisque dans ce cas, c’est la pellicule qui conditionne le rendu couleur, et non l’appareil. Et concrètement, qu’est-ce que ça donne ?

Les photos en noir et blanc fourmillent littéralement de détail. Compte tenu de la taille microscopique du capteur, c’est impressionnant !Les photos en noir et blanc fourmillent littéralement de détail. Compte tenu de la taille microscopique du capteur, c’est impressionnant !

Un mode RAW bienvenue

Premier constat, les photos prises en extérieur par bonne luminosité sont excellentes. La précision est au rendez-vous, et bonne surprise, on ne note ni aberrations chromatiques ni vignettage. C’est propre, y compris dans les détails, et même en JPEG. En revanche, par faible luminosité, le résultat est plus contrasté. Sur les aplats, tels que la nature morte ci-dessous, le logiciel interne parvient à gérer très efficacement la montée des ISO. Les noirs restent bien profonds, et dénués d’artefacts.
Même à 1250 ISO, le bruit numérique demeure discret dans les ISO, et les détails sur le vase sont préservés.Même à 1250 ISO, le bruit numérique demeure discret dans les ISO, et les détails sur le vase sont préservés.
En revanche sur les scènes complexes, le bruit numérique devient rapidement visible et dégrade sensiblement la précision des images. En photo de nuit, mieux vaut passer en réglage manuel, et utiliser un trépied si nécessaire. Mais le vrai bon point, c’est que le Mate 9 dispose d’un mode de prise de vue en RAW. Ici, pas de compression ou de traitement excessif, ce qui permet une retouche subtile des clichés, et notamment de leur luminosité, à l’aide d’un logiciel externe, comme Lightroom, par exemple. Notez que l’appareil enregistre l’image en JPEG en simultané, pour le cas où l’on souhaite la partager, le fichier RAW pesant plus de 20 mégapixels. Il est en outre possible de retoucher les JPEG via le logiciel interne, qui propose les outils et les filtres les plus classiques.
Le filtre Clarificateur intégré au module de retouche booste les contrastes pour un rendu plus précis. Dommage qu’on ne puisse pas en régler l’intensité.Le filtre Clarificateur intégré au module de retouche booste les contrastes pour un rendu plus précis. Dommage qu’on ne puisse pas en régler l’intensité.

Lors des tests, nous avons adopté le mode RAW d’emblée, quitte à perdre l’usage du zoom. Celui-ci en effet ne fonctionne qu’en JPEG, et en résolution maximale de 12 MP. Le Mate 9 dispose en effet d’un zoom 2 X qualifié d’hybride, et qui peut être défini comme « logiciel ». Pour simplifier, disons que le capteur RGB récupère des pixels dans le capteur monochrome de 20 MP, qu’il « colorie » ensuite par le biais d’un algorithme spécifique. Cela dit, en affichage à 100% sur l’écran du PC, les images grossies se révèlent moins précises que si elles émanaient d’un zoom optique.

Le mode Pro tout à fait exploitable

Comme tout photophone haut de gamme, le Mate 9 dispose d’un mode Pro, accessible d’une simple pichenette sur l’écran. Il permet de régler manuellement la vitesse (l’ouverture est fixe à f/2.2), la sensibilité ISO, le mode de mesure de la lumière ou encore la mise au point. Bonne surprise, les paramètres sélectionnés restent actifs, même si l’on repasse en mode auto, et même si l’on éteint l’appareil. Autres raffinements louables, l’appareil dispose d’un stabilisateur optique, d’un horizon artificiel, et d’un suivi automatique du sujet. Pour cela, on touche sur l’écran ce qu’on souhaite verrouiller, et l’AF poursuit la cible en temps réel, du moment qu’elle se détache suffisamment bien de l’arrière-plan. Pratique pour la photo sportive, ou pour photographier des enfants remuants. Dernière fonction pertinente, déjà présente sur le P9, le Mate 9 offre la possibilité, grâce aux deux appareils photo, de prendre des clichés en simulant une très grande ouverture, et de la faire varier par la suite.

Le mode grande ouverture permet de varier la profondeur de champ à posteriori, en déplaçant le curseur de diaphragme. Notez comme le bruit numérique, très présent à 1250 ISO estompe les détails, alors qu’il est peu visible sur les aplats.Le mode grande ouverture permet de varier la profondeur de champ à posteriori, en déplaçant le curseur de diaphragme. Notez comme le bruit numérique, très présent à 1250 ISO estompe les détails, alors qu’il est peu visible sur les aplats.

Le bilan

Au final, le Mate 9 se révèle séduisant, même si, forcément, nous attendions mieux de ce tonitruant partenariat avec Leica. Heureusement que Huawei a eu la bonne idée d’intégrer le mode RAW. Non seulement il permet de conserver l’ensemble des données de prise de vue, mais il facilite la retouche ultérieure pour obtenir un résultat finalement convaincant lors des prises de vues en condition délicates. Mais encore faut-il avoir envie de passer par la case retouche et utiliser un logiciel de traitement externe.

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1 commentaire
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  • florence 123
    Personnellement, je pense que ce Huawei Mate 9 est un très bon appareil et surtout qu'il est très performant.. je dirai même qu'il est parfait ! Le seul hic c'est son "Prix" qui est trop cher :no:
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