[Test] Ektra : faut-il craquer pour le photophone de Kodak ?

5 raisons de craquer (ou pas) pour le Kodak Ektra

Oui, pour son design original et sa prise en main agréable

Pour une fois qu’un smartphone se démarque d’un point de vue esthétique, nous n’allons pas faire la fine bouche. D’autant que le résultat est plutôt réussi. Le design, qu’on pourrait qualifier de rétro futuriste, évoque d’emblée un appareil photo. Et le nom du modèle, Ektra, vient le confirmer, puisque Kodak l’a maintes fois utilisé pour baptiser ses modèles depuis les années 40. Le renflement, en bas de l’écran n’est pas qu’esthétique. A l’usage, il apporte, sinon plus de confort, du moins une bien meilleure prise en main que ce qu’offre un smartphone lisse comme un miroir.

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Aucune crainte de le laisser choir, d’autant qu’il est revêtu d’un revêtement grainé qui s’inspire de celui des anciens appareils de la marque. Autre clin d’œil, l’objectif surdimensionné rappelle ceux des compacts numériques. Mais ne nous y trompons pas, le bloc optique n’occupe que quelques millimètres de diamètre au centre de la couronne. Un bon point, parmi les boutons physiques, tous situés du même côté du téléphone, celui du bas sert de déclencheur, et une double pression permet d’activer l’appareil, y compris en mode veille.

Oui, parce qu’il affiche de bonnes performances

Avec un prix public frôlant les 500 euros à son lancement, Kodak se devait de doter son smartphone de composants garantissant un fonctionnement fluide et rapide en toutes circonstances. De ce point de vue, c’est convenable. L’Ektra intègre un processeur Helio X-20 à dix cœurs, cadencé à 2.3 GHz, et 3 Go de mémoire vive. Avec un score de 995 au test 3DMark Slingshot ES 3.1 et 4313 points au test Geekbench 4, il se classe dans la moyenne des téléphones de milieu de gamme. De quoi faire tourner sereinement les jeux les plus exigeants du moment, sans craindre les moindres ralentissements ou saccades.

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Les caractéristiques du module photo sont aussi satisfaisantes. L’Ektra accueille un capteur principal de 21 mégapixels couplé à un objectif stabilisé ouvrant à f/2, et un second appareil de 13 mégapixels pour les autoportraits. Dernier point appréciable, Kodak a le bon goût de ne pas surcharger l’interface Android 6.0 Marshmallow. Peu d’applications tierces sont installées d’origine, et il est possible de supprimer la plupart d’entre elles.

Non, car le module photo est décevant.

Frustration, déception, colère, désillusion, amertume…les mots ne manquent pas pour qualifier notre ressenti à l’issue des tests photo. C’est bien simple, à aucun moment l’Ektra ne nous a satisfait : un comble venant d’un aussi grand nom de la photo. Certes, ce n’est pas Kodak, mais Bullit Group qui s’est chargé de la conception, mais ça n’excuse en rien une telle médiocrité !

Dès les premiers clichés, nous avons senti que quelque chose clochait. Et nous ne parlons pas de l’impossibilité d’enregistrer les images au format RAW, une limitation bien étonnante pour un smartphone qui mise tout sur la photo. D’abord, malgré la présence d’un autofocus à détection de phase, la latence au déclenchement s’est avérée trop importante, y compris en extérieur par temps couvert. Au point que nous avons raté nos premiers clichés, en abaissant trop tôt l’appareil, persuadés que la photo était déjà prise ! Pour pallier ce problème, nous avons donc pris soin de presser le déclencheur à mi-course pour verrouiller la mise au point. Plus de souci de netteté par la suite, mais à l’examen détaillé des photos, quelle déception.

Si l’on devait choisir un mot pour les définir, molles, conviendrait assez bien. Et bruitées, dès que la lumière fait défaut. Quant aux portraits, ils affichent une teinte rougeaude et des lèvres rose bonbon. C’est d’autant plus incompréhensible que cette dominance chromatique n’est pas flagrante dans les photos de paysage ou d’architecture. Pour limiter les dégâts, la seule solution consiste à passer en Manuel. Grâce à la molette tactile, calquée sur celle des compacts hauts de gamme, la sélection des modes est aisée. On peut alors agir manuellement sur la sensibilité ISO, qu’on prendra soin de régler à sa valeur minimale. Mais pour corriger les errances colorimétriques, il faudra passer par la retouche. Dernier point navrant, les boutons tactiles du menu principal du smartphone sont situés si près de l’écran qu’il nous est arrivé plusieurs fois de quitter l’appareil en les pressant de la paume de la main !

Oui, pour l’efficacité du module de retouche Snapseed.

On s’interroge : Kodak était-il à ce point conscient de la médiocrité du module photo, qu’il aura pris soin de doter son smartphone d’un logiciel de retouche à même de corriger les imperfections ? Impossible à dire, mais il faut l’admettre, Snapseed est un excellent outil de traitement d’image, l’un des meilleurs testés à ce jour. En balayant l’écran, ou en travaillant au pinceau pour plus de précision, on ajuste la netteté, le contraste, la saturation, les tons clairs et foncés ou encore la luminosité. De quoi redonner figure humaine aux portraits, et booster les détails.

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Mais pourquoi diable faire manuellement ce que l’appareil aurait dû accomplir dès la prise de vue ? Snapseed va cependant bien plus loin, autorisant par exemple une correction de la perspective ou la suppression des défauts de l’image, sur le modèle du correcteur de Photoshop. Et bien sûr, il dispose d’une immense palette de filtres destinés à modifier plus ou moins sensiblement le rendu de l’image, tous réglables avec précision et cumulables.

Notez qu’une fois les photos enfin présentables, vous pouvez en commander le tirage en un éclair, grâce à l’application Kodak Prints, et les recevoir deux jours plus tard. Sinon, vous pouvez aussi passer par un site Internet spécialisé, comme Photobox, Monalbumphoto ou Photoweb : les prix des photos et de la livraison sont deux fois moindres. Quand même.

Non, parce qu’il chauffe trop.

On pourrait croire à une bonne idée : vu la taille des boutons physiques et tactiles, l’utilisation de l’appareil les mains gantées est inenvisageable. Lors de nos tests en extérieur, la température frôlait le zéro, mais nous n’en éprouvions aucune gêne. Et pour cause, après une cinquantaine de clichés, et presque autant de vidéos, l’Ektra s’est avéré remplacer avantageusement une petite chaufferette. En clair, il chauffe. Et dur, dès qu’on sollicite le processeur et la carte graphique. Après trente minutes de jeu sur Real Racing 3, nous éprouvions un réel inconfort, tant le dos de l’appareil montait en température. Et ça n’est guère mieux lorsque l’on regarde une vidéo sur YouTube.

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1 commentaire
    Votre commentaire
  • chermositto
    Ce n'est pas pour rien si les smartphones ne sont pas enveloppés dans une fourrure. (chaleur...)
    Un cpu 10 coeurs à 2,3 qui a des performances de milieu de gamme ??? Rendement médiocre.
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