[Test] Meizu MX4 : comme un air d'iPhone 6

Meizu, littéralement « communauté joyeuse » en chinois, a fait son apparition en France en début d’année 2014. La marque, lancée il y a un peu plus de dix ans, se veut haut de gamme malgré des tarifs accessibles. Le MX3 aura été le premier appareil à arriver sur notre territoire, mais l’absence de 4G et sa fiche technique datée n’ont pas été suffisantes pour convaincre à l’époque. Il est suivi en cette fin d’année par la nouvelle version, plus au gout du jour : le MX4.

5 raisons de craquer (ou non) pour le Meizu MX4

Si le design du MeizuMX4 semble très proche du MX3, il ne faut pas se laisser tromper. De nombreuses choses ont changé, à commencer par sa taille et ses composants. Pour autant, l’idéologie reste la même : proposer un smartphone haut de gamme pour un prix défiant toute concurrence, environ 350 euros. Pour cette somme, le MX4 arrive avec un écran 5,2 pouces, un processeur à huit cœurs et un capteur 20 mégapixels. De quoi assurer une hégémonie sur des adversaires bien plus chers ? Malheureusement quelques bémols.

1 - Oui, parce qu’il est plutôt joli à regarder

Sur le strict plan du design, le MX4 n’est qu’une évolution du MX3. Ce implique un aspect très proche d’un iPhone, mais pas le plus récent. Il s’inspire du modèle 3G, avec des bords ronds, un dos bombé et même le bouton central reprennent un motif ressemblant (un rond blanc, au lieu d’un carré chez la marque à la pomme). Le châssis en aluminium apporte une touche de sérieux bienvenue, mais la coque reste en plastique. Une trappe (particulièrement difficile à retirer) permet d’accéder au logement SIM, mais à rien d’autre : la batterie n’est pas amovible et aucun port microSD n’est de la partie ! Les 16 Go de notre exemplaire de test semblent bien misérables.

 Autre petit détail gênant, la colle de l’écran est visible assez clairement sur son contour. Pas particulièrement léger - 147 grammes - la prise en main est toutefois excellente malgré une dalle imposante de 5,36 pouces. Il offre une définition pour le moins exotique, de l’ordre de 1 920 x 1 152 pixels, assurant un ratio 16/10. La résolution s’établit alors à 416 pixels par pouce, soit une valeur tout à fait satisfaisante.

L’écran occupe une partie généreuse de la façade avant, 75 %, avec des bords particulièrement fins. Dans ces conditions, la lecture de vidéo ou la navigation dans les photos prend une autre dimension, avec un rendu tout simplement impressionnant et un confort visuel optimal. Pour ne rien gâcher, la luminosité est excellente et les couleurs sont relativement fidèles.

2 - Non, parce que le support de la 4G est incomplet

Le principal oubli du MX3, lors de son arrivée en France, concernait son absence totale de support de la 4G. Avec le MX4, les choses s’améliorent… mais restent incomplètes : les fréquences françaises ne sont pas toutes prises en charge !

Il manque la plus importante, celle des 800 MHz. On se consolera avec les 1 800 MHz, pour les clients Bouygues Telecom (et dans une moindre mesure ceux de SFR), et les 2 600 MHz. Autre détail, les débits n’atteignent que 150 Mbit/s en téléchargement, à l’heure où la 4G+ s’installe dans les grandes villes (jusqu’à 225 Mbit/s).

3 - Oui et non, parce que Flyme est peut être joli, mais il est mal traduit

L’une des principales spécificités du MX4, c’est son système : Flyme. Basée sur Android dans sa version 4.4, la surcouche dispose d’un aspect conforme à la mode de ces dernières années : le Flat Design. Ici encore, l’inspiration Apple est remarquable, avec notamment l’absence de menu conglomérant tous les logiciels. À l’instar d’iOS, elles viennent toutes s’ajouter aux pages d’accueil. Par contre, un regret du côté de la barre de notification : aucun raccourci n’est présent vers les paramètres.

Malheureusement pour ceux qui ne configurent pas leurs smartphones en anglais - la majorité donc - des soucis de traduction ponctuent la navigation, sans parler de certaines applications inutiles chez nous, telles que l’App Center, dédié aux utilisateurs chinois. L’une des fautes les plus amusantes reste la gestion de la batterie, dont le mode qui aurait dû s’appeler « équilibré » répond au nom de … solde.

Au chapitre des griefs, la définition exotique du terminal occasionne quelques problèmes de touches virtuelles. Le bouton d’option par exemple, n’apparait pas dans certains programmes selon l’orientation de l’appareil. C’est notamment le cas de VLC, depuis lequel il faut passer en paysage pour le voir apparaitre.

On se console avec quelques fonctionnalités intéressantes quoi que déjà-vues, tels que le réveil de l’écran en tapotant dessus ou la possibilité de le couper en restant appuyé sur la touche centrale. À vrai dire, « heureusement » tant le placement du bouton d’alimentation, en haut de l’appareil, n’est pas pratique.

4 - Oui, pour son capteur 20 mégapixels

La partie photo du MX4 a de quoi séduire sur le papier. Il reprend en effet le même capteur que le célèbre Xperia Z3 (également implanté dans le Z3 Compact). Il totalise donc 20,7 mégapixels, avec une ouverture f/2.2 et des photosites relativement petits de 1,2 micron. En action, difficile d’être totalement convaincu par la fidélité des couleurs. Surtout, les photos capturées en pleine résolution manquent de piqué, ce qui perturbe clairement l’intérêt de la chose.

Plusieurs fonctionnalités permettent de faire passer la pilule, d’un mode de ralenti à de l’enregistrement vidéo en Ultra HD (3840 x 2176). Les amateurs de selfies devront se contenter d’un capteur frontal 2 mégapixels, mais le logiciel apporte quelques corrections pour améliorer le rendu qui s’avèrent finalement efficaces.

5 - Oui et non, un bon niveau de performance, mais une batterie non-amovible à l'autonomie décevante

Si dans le MX3 on avait droit à une puce Samsung, c’est aussi au tour de Mediatek d’animer le MX4. Le processeur est équipé de huit cœurs, basés sur une architecture de type big.LITTLE. Les quatre premiers, des Cortex A7 cadencés à 1,7 GHz, favorisent une faible consommation d’énergie tandis que les quatre autres, des Cortex A17 atteignant 2,2 GHz, s’occupent des tâches les plus gourmandes. Le bon fonctionnement du système est garantie dans n’importe quel contexte, 2 Go de mémoire vive étant intégré en sus.

La partie graphique a quelques similitudes avec le dernier iPhone. En effet, il s’agit d’une puce Power VR 6, mais ce modèle, le G6200, est moins puissant que celui qui équipe le récent smartphone d’Apple. Conséquence directe, la fluidité dans les jeux les plus gourmands n’est pas toujours optimale. Pour autant, il suffit dans la grande majorité des cas à garantir de belles sessions… à condition d’activer le bon mode de gestion de l’énergie.

Depuis les paramètres, on peut sélectionner l’un des trois modes, dont l’un d’entre eux est particulièrement contre-productif : l’économie d’énergie. Sans raison apparente, l’autonomie fond comme neige et soleil et l’appareil n’a quasiment aucune chance de survivre à une nuit complète. Pour profiter de toutes les réserves de puissance offerte par les composants, il est important d’activer le mode performance.

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