[MAJ] Surface Book : que vaut le 1er ordinateur portable de Microsoft ?

[Mise à jour du 25 février 2016]
Microsoft ayant publié une update de son firmware dès la sortie du Surface Book en France, soit 24 heures après la publication de notre test, nous avons refait des benchs, notamment en ce qui concerne la mise en veille et la gestion de la batterie. La note a également été réévaluée en conséquence, puisque les résultats sont plutôt bons.

Près de quatre mois après sa sortie aux États-Unis, le Surface Book est enfin disponible en France. Le Surface Book, c’est le premier ordinateur portable fabriqué par Microsoft. Un véritable événement pour l'éditeur de Redmond, davantage habitué aux logiciels, aux consoles de jeu, et éventuellement aux petites tablettes. Mais l’appareil n’est pas qu’un simple PC, puisqu’il est justement capable de se transformer en tablette de grande taille. Si cela vous rappelle la gamme de tablettes Surface (les Surface Pro 4 et Surface 3 étant les modèles les plus récents), la comparaison s’arrête là. Certes, le portable de Microsoft hérite de la même technologie tactile et du stylet de ses prédécesseurs, mais sa fonction première est surtout d’être un ordinateur surpuissant. Il profite d’un écran de 13,5", alors que ceux des Surface 3 et Surface Pro 3 mesurent respectivement 10,8 et 12,3". S’ensuit une capacité d’affichage supérieure, puisque le Surface Book peut monter à 3000 x 2000 pixels, là où la Surface Pro 4 à 2736 x 1824 pixels, laissant loin derrière la Surface 3 avec ses 1920 x 1280 pixels.

L’ordinateur se décline par ailleurs en différentes versions, allant de 8 à 16 Go de RAM, de 128 à 512 Go de SSD, du Core i5 au Core i7… Mais il dispose aussi, selon les versions, d’un processeur graphique supplémentaire, lequel est logé dans son clavier. Cet « addon » a son importance, puisqu’il permet au Surface Book de s’adresser aux graphistes, concepteurs 3D et monteurs de vidéo. Ils trouveront en cette puce graphique supplémentaire une alliée de taille pour leurs travaux les plus lourds.
Bref, le Surface Book n'a plus grand-chose en commun avec les tablettes Surface, et même son prix à été revu en conséquence (à la hausse, bien entendu). Plus grand, plus puissant, mieux équipé, faut-il pour autant succomber au Surface Book, dont le premier modèle s'affiche tout même à 1649 euros... Et qui peut atteindre près de 3000 euros dans sa version la plus puissante ? 

1 - Oui et non pour son design

« Classieux » est le mot qui vient à l’esprit quand on prend en main pour la première fois le Surface Book. Avec son châssis entièrement fait de magnésium et son trackpad en verre, l'ordinateur profite d'une excellente finition. Il peut s'utiliser en tant que PC classique, ou en tant que tablette. Et dans ce mode d'utilisation, on peut soit le désolidariser totalement de son clavier, soit le détacher pour l'attacher dans l'autre sens à son clavier (voir photo plus haut).
Mais contrairement à la gamme de tablettes Surface, on a vraiment affaire ici à un PC portable en termes de maniabilité. L’appareil est plus lourd, plus robuste et tient bien mieux sur les genoux (indispensable pour une utilisation dans les transports ou sur le canapé).

Si certains utilisateurs lui reprocheront l'écart entre le clavier et l'écran qui se produit quand on referme le tout. En réalité, si ce format est franchement inhabituel, il n'a absolument rien de gênant. Non, les défauts de conception viennent d'ailleurs.

Retirer la tablette est loin d'être aussi pratique que sur la Surface Pro 4 ou la Surface 3.

D’une part le système de fixation est loin d’être aussi confortable que celui des tablettes Surface. Pour déclipser l’écran du clavier, il faut appuyer sur l’une des touches du clavier, attendre un peu que son voyant passe au vert, et tirer finalement sur l’écran. Pour reclipser le tout, il faut prendre soin de bien insérer l’écran au niveau des encoches du clavier. Bon, rassurez-vous la manipulation est très simple, mais on est loin du système aimanté et ô combien bien pratique des tablettes Surface. En outre, on remarquera qu'il est impossible de déconnecter l'écran quand la machine est éteinte, ou qu'il reste moins de 5% de batterie.

L’autre point maladroit concerne la position du connecteur Jack, placé à droite et tout en haut de l’écran. C’est peut-être pratique en mode tablette / portrait (en conséquence, le port en question se retrouve soit tout en haut, soit en bas), mais pas en mode d’utilisation PC portable. Pourquoi ne pas simplement avoir ajouté un port audio dans le clavier, comme sur n’importe quel PC ou Mac qui se respecte.

2 - Oui pour sa puissance et son processeur graphique supplémentaire

Le modèle que nous avons eu entre les mains était équipé d’un Core i7, de 16 Go de RAM et de 512 Go de disque dur. C’est le plus puissant de la gamme, qui compte quatre modèles en France, et il vaut la bagatelle de 2919 euros. À ce prix, on dispose également d'un dGPU, c'est-à-dire d'un processeur graphique intégré au clavier, en plus du processeur graphique intégré à l'écran. Il s'agit en fait d'un chipset très proche en termes de performances du Geforce 940M de Nvidia, un composant plutôt d'entrée de gamme, mais qui remplit bien son office. C'est lui qui vient faire toute la différence, puisqu'il permet de réaliser de nombreuses tâches assez gourmandes en traitement. Certes, pour la retouche photo et la conception 2D en général, il ne sert pas à grand-chose. Nous avons confié le Surface Book à une infographiste rompue à la Surface Pro 4 et à Photoshop CC : elle n'y a trouvé aucun intérêt supplémentaire.

En revanche, ce chipset intégré au clavier permet surtout de faire du montage vidéo (sous Premiere, par exemple) ou de la création 3D (sous AutoCAD, par exemple). Sans lui, la différence se fait sentir et il apporte un réel gain de performances. Enfin, même si Microsoft ne vise pas particulièrement les joueurs avec ce PC, nous lui avons soumis quelques jeux. Bon point : nous avons ainsi pu jouer à Tomb Raider (2013) sans subir le moindre ralentissement sur un écran externe en 2560x1740.

Ci-dessous, des tests réalisés sous 3DMark en mode tablette (sans dGPU)...

… Et les mêmes résultats de test, toujours sous 3DMark, mais en mode PC (avec dGPU).

3 - Oui pour son stylet et son mode tactile

En dehors de ses capacités CPU/dGPU, le Surface Book hérite de certaines des fonctionnalités de la Surface Pro 4. On y retrouve donc le même stylet que nous avions tant apprécié à la sortie de la tablette en novembre dernier. Hypermaniable, celui-ci profite d'une gomme en son extrémité et de pointes interchangeables (en option, le pack de 5 mines valant 10 €) . L'appareil bénéficie également d'un écran tactile 10 points qui réagit parfaitement bien. En outre, grâce à Windows 10, il est possible de faire en sorte que l'affichage de l'appareil s'adapte automatiquement lorsque le Surface Book se retrouve en mode tablette. Le tactile devient dès lors très appréciable, même lorsque l'on n'est pas toujours habitué à utiliser une tablette d'une si grande taille. Au final, le Surface Book est un excellent ordinateur tactile, peut-être même le meilleur toutes marques confondues.

4 - Oui pour son autonomie

L’autonomie est un point sur lequel Microsoft essaie de s’améliorer de version en version de Windows 10. Mais il n’y a pas que sur le logiciel que le géant de Redmond travaille ardemment, il y a aussi sur le matériel, et ça se ressent avec le Surface Book. Le Surface Book possède en réalité deux batteries : l’une est située dans le clavier de l’appareil, et l’autre dans son écran. Bonne nouvelle : il est possible de recharger indépendamment le clavier et l’écran. En clair, vous n’êtes pas contraint d’avoir le clavier pour recharger l’écran, et réciproquement.
L’ordinateur est ainsi capable de fonctionner pendant 7h24 en mode lecture vidéo sans être rechargé. En mode web, l’autonomie est très proche de ce résultat : 7h43. À titre de comparaison, un XPS13 de Dell tient 7h10 dans ce même type d’usage et devance un Mac Book Pro, qui ne tient quant à lui que 6h22.

Petit test : comment détacher la tablette sans avoir jamais vu son fonctionnement ?

5 - Non pour son problème de température

À sa sortie aux USA en octobre 2015, le Surface Book a fait les frais de quelques ennuis concernant la mise en veille. Le problème a été corrigé pour la sortie européenne du produit. En revanche, le dégagement de chaleur constitue d'ailleurs un point sur lequel Microsoft va devoir revoir sa copie. À l'instar des toutes premières Surface, le Surface Book chauffe beaucoup. Un phénomène d'autant plus étonnant qu'il a été partiellement réglé avec la Surface Pro 3, et a quasiment disparu avec la Surface Pro 4.
À cause du prix de l'appareil, qui peut atteindre près de 3000 euros en fonction de la configuration choisie, on aurait pu espérer un sans-faute de la part de Microsoft. Pas de chance, il y a encore quelques petits loupés, comme le système de fixation évoqué précédemment.
Il faudra probablement attendre la v2 pour profiter d'un produit imbattable sur toute la ligne. Gageons que le géant de Redmond ne nous fasse pas le même coup qu'avec ses tablettes Surface, avec lesquelles il aura fallu patienter jusqu'aux éditions 3 et 4 avant de bénéficier d'un produit totalement irréprochable. Tout vient à point...

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