[Test] Nissan LEAF 2.0 : la famille se met à l’électrique

Les voitures électriques commencent à couvrir une large gamme de véhicules, de la compacte citadine (Renault Zoé) à la berline luxueuse (Tesla Model S). Nissan vient apporter sa pierre à l’édifice en proposant une automobile familiale, la LEAF. Acronyme de Leading, Environmentally Friendly, Affordable, Family Car (voiture familiale abordable leader en matière d’environnement en français), la première génération a été lancé en 2010. Mais depuis, le secteur s’est bien développé et une mise à jour a vu le jour quelques années plus tard. C’est cette LEAF 2.0 que nous avons eue entre les mains.

5 raisons de craquer ou non pour la Nissan LEAF 2.0

Essai Nissan LEAF 2.0

Derrière une carrosserie pour le moins atypique, cette récente mouture de la LEAF est tractée par une base maintenant connue dans le monde des véhicules électriques : un moteur de 107 chevaux généreux en couple (254 nm), suffisant pour muer ses 1525 kg autant dans les villes qu’en dehors jusqu’à 145 km/h. Mais passé cet aspect conventionnel, la LEAF regorge de nouvelles technologies qui la rendent tout à fait singulière.

1 - Un physique dicté par l’aérodynamique

Le design de la LEAF surprend au premier regard, surtout l’arrière. En réalité, il a été intégralement commandé par l'aérodynamique. Cela va des phares qui ressortent légèrement du capot avant afin de dévier le flux d’air. Cela a pour principal objectif de limiter la résistance au vent (Cx de 0,28) et donc, l’énergie utilisée par l’inaudible moteur électrique ainsi que les nuisances sonores dans l’habitacle.

Le travail sur l’acoustique ne s’arrête pas à cela, loin de là. Très silencieuse, la LEAF compte également sur des moteurs d’essuie-glace spécifique, ceux issus des voitures thermiques étant trop bruyant ! Le constat est le même pour un autre détail qui peut sembler banal de prime abord : l’antenne qui surplombe le toit. Il a fallu le rigidifier sur la LEAF - ce qui n’est d’ailleurs pas vraiment esthétique - pour éviter une prise au vent trop bruyante.

Si la LEAF ne se fait pas remarquer dans habitacle, elle l’est tout autant à l’extérieur, ce qui peut être dangereux en ville à cause des piétons. Des haut-parleurs diffusent deux tonalités distinctes à basse vitesse, l’une lorsque la voiture avance, l’autre en marche arrière. Seulement, ces sons restent difficiles à entendre dans un environnement urbain, ce qui les rend totalement inefficaces.

2 - Elle regorge de nouvelle technologie

Lorsque l’on y regarde de plus près, la LEAF 2.0 compte quelques détails du genre exotique, à commencer par un panneau solaire photovoltaïque placé sur le haut du coffre. Il permet de recharger la batterie 12v, occupée à faire fonctionner l’équipement de la voiture, le combiné d’instrument par exemple. Ce dernier est composé de plusieurs jauges, telles que l’autonomie restante ou la température des accumulateurs. Pour rappel, elles n’apprécient que très peu le froid, réduisant leurs capacités. Un compteur de puissance assiste le pilote dans sa conduite, indiquant ne permanence l’effort demandé au moteur.

On note surtout la présence d’un écran au centre de la planche de bord. Sa taille est dans la moyenne, équivalente à ce que propose Renault sur la Zoé. Sil n’est pas question d’ajouter des applications parmi un catalogue, comme la concurrente française, un certain nombre de fonctionnalités valent le détour, en particulier le lecteur multimédia raccordé à un système audio signé Bose composé de 7 haut-parleurs, au rendu pour le moins convainquant, d’autant qu’aucun autre bruit que celui du roulement des pneus ne vient couvrir la musique.

Mais surtout, il est possible d’observer le périmètre à l’arrêt grâce à quatre caméras très grand-angles implantées tout autour de la voiture :  sous les rétroviseurs, la poignée du coffre et le logo Nissan à l'avant. Cela offre une vue à 360° en temps réel qui permet de se garer avec encore plus de facilité qu’un dispositif conventionnel.

3 - Une familiale limitée à un petit périmètre

Le moteur de la LEAF n’est pas très puissant. Avec seulement 107 chevaux pour 1,5 tonne, on ne peut pas dire que les accélérations soient fulgurantes. Le 0 à 100 km est annoncé en 11,9 secondes. Mais puisque l’on parle d’électrique, l’autonomie est privilégiée aux performances. On peut raisonnablement s’attendre à un champ d’action intéressant. Les batteries en lithium-ion offrent une capacité de 24 kWh, de quoi prétendre à une moyenne de 175 kilomètres selon Nissan. Dans les faits, nous en avons mesuré un peu moins dans une circulation en région parisienne, environ 160 kilomètres calculés à partir de deux « recharges ». C’est encore bien trop peu, surtout pour une voiture qui peut potentiellement embarquer sa famille.

La LEAF 2.0 est équipée de deux connecteurs : l’un conventionnelle de type 3,3 kW (ou 6,6 kW en option), à relier sur une prise de courant classique. À ce rythme, une charge complète demande 8 heures. L’autre est de type CHAdEMO. Il suffit alors de 30 minutes pour retrouver 80 % de la batterie, à condition d’avoir une borne à proximité. Seulement pour l’instant, il en existe encore trop peu en France pour assurer des longs trajets en enchainant quelques pauses de 30 minutes.

La gestion de l’énergie est intéressante sur ce modèle. Contrairement à bon nombre de concurrentes électriques, Nissan laisse le contrôle sur le récupérateur d’énergie lorsque l’on relâche la pédale de droite. Un petit champignon fait office de levier de vitesse au milieu de l’habitacle. Il alterne, selon l’envie du conducteur, entre le mode « D » (Drive) et « B » (Break) pour actionner ou non le dispositif.

De son côté, le bouton Eco placé sur le volant modifie le comportement de l’accélérateur pour favoriser une faible utilisation des ressources tandis que différentes optimisations s’effectuent au niveau de l’alimentation des accessoires. À côté du compteur de vitesse, un voyant évolue en fonction de son pilotage. Plus elle est écologique, plus il se remplit de petit sapin, ce qui pousse à tenter d’en « récolter » un maximum. L’étape ultime serait de pouvoir totalement paramétrer le comportement du véhicule selon ses besoins, en adaptant le couple, la vitesse maximale, etc. à l’image de ce qui se fait sur la moto électrique de Zero Motorcycles.

4 - Le GPS est connecté, mais pas vraiment intuitif.

L’écran de la Nissan LEAF est essentiellement dédié à la navigation un bon nombre de fonctionnalités y sont intégrées permettant d’en tirer le meilleur parti. Premièrement, il faut noter la présence d’un système télématique appelé CARWINGS : une carte SIM est placé dans le dispositif pour récupérer de nombreuses informations, par exemple la liste des points de charge à proximité. Et pour optimiser son trajet, le GPS peut suggérer des itinéraires favorisant la consommation ou prévenir si la destination est trop éloignée compte tenu de l’autonomie. On peut visualiser la portée de la voiture grâce à plusieurs cercles sur la carte, mais mieux vaut garder en tête le trajet retour.

On regrette surtout que les menus manquent de lisibilité et il faudra un peu d’adaptation pour s’y repérer confortablement. Parmi ceux qui méritent d’être évoqués, on note celui des informations d’énergies. L’interface est complète et indique en temps réel la consommation du moteur d’une part, exprimée en kilowatt, mais également celle de la climatisation ou des autres accessoires de la voiture. Un bon moyen de se rendre compte comment est dépensée la batterie, ainsi qu’un outil intéressant pour réguler sa conduite.

Enfin, une application est disponible depuis les smartphones sous Android et iOS, qui offre un récapitulatif de l’état de sa LEAF (autonomie, durée restante jusqu’à la fin de la charge). Il est également possible de paramétrer la climatisation (système de pompe à chaleur plus économe qu'un dispositif conventionnel) à distance, pour arriver dans son habitacle déjà préchauffé l’hiver.

5 - Elle est assez chère

Notre LEAF de test est équipé de la finition TEKNA. Haut de gamme, elle est facturée 35 590 euros auxquels vient se déduire le bonus gouvernemental de 6 300 euros. Il est possible de prendre les batteries en location, ce qui abaisse le prix de 5900 euros, mais il faut alors ajouter des mensualités pouvant attendre la centaine d’euros. À vrai dire, ce n’est pas une mauvaise option, puisque les accumulateurs sont vouées à se détériorer et le remplacement est assez prohibitif. Elles sont garanties 5 ans, mais si elle fatigue passé ce délai, la douloureuse sera pour vous.

Voiture électrique oblige, le coût à l’utilisation est plus faible qu’une auto thermique, surtout d’un point de vue mécanique : pas de vidange, etc. Le seul problème concerne l’avenir de ce genre de véhicule sur le marché de l’occasion, encore incertain. C’est pourquoi le système de location est bien plus pertinent, puisqu’il permet d’éviter d’avoir à se poser la question de la revente sans investir la totalité de la somme avec surtout la possibilité de changer pour un modèle plus récent, et donc aboutie, dans quelques années.

Verdict

Lorsque vient le moment de rendre les clés de la Nissan LEAF, l’on est partagé entre deux sentiments. Le premier est positif, la voiture étant clairement une réussite à l’intérieur, autant sur le plan du confort que de l’équipement. Extérieurement, son design ne fera pas l’unanimité, mais cela reste une histoire de goût. On peut lui reprocher une puissance un peu juste compte tenu de son poids, d’autant que l’on hésite encore trop souvent à trop solliciter son moteur, de peur de gaspiller de précieux watts de la batterie.

Comme beaucoup de voitures électriques, la question de l’autonomie est critique. Mais là où la Renault Zoé semble surtout trouver sa place dans un milieu urbain, la LEAF pourrait sans problème prétendre à rouler vers d’autres horizons. Enrouler les kilomètres à son bord est un véritable plaisir tant elle est silencieuse grâce à une attention particulière sur l’insonorisation, laissant d’autant plus profiter de la musique diffusée par l’installation Bose ou tout simplement pour discuter sans hurler. Sauf que passé 160 kilomètres, une prise devient indispensable pour continuer.

Cette Nissan ne peut donc pas totalement remplir le rôle d’un véhicule familial faute d’autonomie, à moins de ne jamais emmener ses enfants en weekend et de se limiter à des parcours domicile -> travail, chose pour laquelle elle se montre cette fois idéale tant l’on est au calme une fois dans son habitacle, y compris dans les bouchons.

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4 commentaires
    Votre commentaire
  • miaoumiam
    C'est moche et c'est une renault, a fuire,
    mieux vaut opter pour une hybride de chez toyota.
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  • big31
    "La LEAF 2.0 est équipée de deux connecteurs : l’un conventionnelle de type 3,3 kW, à relier sur une prise de courant classique. À ce rythme, une charge complète demande 8 heures. L’autre est de type CHAdEMO, soit 6,6 kW."

    Petite erreur:
    - le chargeur de 3.3kw permet de charger en 10A (8h00) et 16A (Wallbox en 5h00)
    - le chargeur de 6.6kw est une option qui vient remplacer le chargeur 3.3kw et permet de charger jusqu'à 32A
    - le chargeur type Chademo permet de charger en triphasées 400V / 63A
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  • herwawan
    Exact big31, l'erreur est corrigée : merci !
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  • philoam
    Super sympa cette NISSAN, qui n'a rien d'autre à voir avec Renault que les finances, et encore! Design agréable, c'est autre chose que ces toy hybrides qui sont plutôt laides.
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