[Test] Galaxy Gear de Samsung, on craque (ou pas) ?

Lors du salon de l’IFA début septembre, Samsung a tenu une impressionnante conférence pour annoncer, en parallèle de la nouvelle phablette Galaxy Note 3, une montre connectée. Répondant au nom de Galaxy Gear, elle vient concurrencer la Smart Watch de Sony et arrive sur le marché avec une longueur d’avance sur Apple, dont beaucoup espèrent une iWatch.

Passé l’excitation de découvrir un nouveau produit et surtout, la première réponse d’un grand constructeur de mobile sur un marché en devenir, la déception s’est rapidement invitée sur scène. Pourtant, cela commençait bien : un écran AMOLED de 1,63 pouce couleur et tactile, un capteur photo intégré directement dans le bracelet… Mais très vite, contraintes et fonctionnalités superflues ont fait craindre le pire une fois au poignet. Pour nous faire une opinion sur la question, nous l’avons donc glissé au notre l’espace d’une semaine pour tenter de découvrir si la Galaxy Gear peut s’inviter sur les poignets de ceux qui ne portent habituellement pas de montre et si elle sait faire oublier la concurrence.

5 raisons de ne pas craquer pour la Galaxy Gear

La Galaxy Gear est la première montre connectée de Samsung. Sa fiche technique est bien plus impressionnante que la plupart de ses concurrentes : écran couleur AMOLED et tactile, processeur 800 MHz avec 512 Mo de mémoire, 4 Go de mémoire intégrée et pléthore de fonctionnalités : podomètre, capteur photo 1,9 mégapixel… Et pourtant, cela n’a pas suffi à nous convaincre. L’explication en cinq raisons.

1° Non - Elle n’est pas compatible avec beaucoup de téléphones

Le principe des montres connectées, c’est de pouvoir relier son téléphone à son poignet pour y consulter ses différentes notifications et parfois même plus. Sur ce point, la Galaxy Gear « fait le job ». Seulement, elle n’est pas en mesure de le faire avec beaucoup d’appareils. La première déception pendant la conférence est venue précisément de ce point. Malgré son fonctionnement sous Android, la Gear n’est compatible qu’avec des terminaux Samsung… et pas n’importe lesquels !

À l’heure actuelle, seules la phablette Galaxy Note 3 et la tablette Galaxy Tab 10.1 sont compatibles. Le point commun de ces deux appareils : ils sont tous les deux livrés avec la version 4.3 d’Android. Cette mise à jour contient le support du Bluetooth Smart, une norme permettant de gérer avec plus d’économie les périphériques connectés. Serait-ce alors une problématique liée à l’autonomie ? Elle n’est déjà pas brillante malgré le Bluetooth Smart, on se demande bien ce que ça pourrait être sans.

Toujours est-il une mise à jour du système va par conséquent permettre d’étendre la compatible à d’autres téléphones, mais toujours signés Samsung : les différentes déclinaison du S4 (S4 Active, S4 Mini, S4 Zoom) ainsi que les Galaxy Mega 5.8, 6.3 et enfin les anciennes générations, Galaxy S3 et Galaxy Note 2. C’est déjà mieux, mais reste que la concurrence n’est pas aussi bridée : la Smart Watch de Sony est compatible avec de nombreux téléphones Android, y compris de la marque Samsung ou HTC tandis que la Pebble Watch supporte quant à elle Android, mais également iOS.

2° Non - Son autonomie est trop limitée et elle est contraignante à recharger

Une montre a, par définition, vocation à se faire oublier lorsque l’on a pas besoin d’elle. Avec l’autonomie de la Galaxy Gear, impossible de ne pas l’oublier. Comme pour un téléphone, elle dépend essentiellement de votre utilisation. Mais le moins que l’on puisse demander à une montre, c’est donner l’heure. Seulement, pour ménager la batterie probablement, l’écran se coupe au bout de quelques secondes d’inactivité.

Il est possible de la « réveiller » en effectuant un geste bien ample, c'est à dire en jetant littéralement son poignet jusqu’à son visage. Avec une montre classique, la consultation de l'heure se fait avec plus de discrétion... Il faudra donc user du petit bouton placé sur la tranche pour activer l’affichage.

Dans notre cas, en jouant régulièrement avec les fonctions de la Galaxy Gear, nous avons péniblement atteint la troisième journée. Et c’est à partir du moment où la batterie est vide que le plus gros inconvénient se révèle. Le système de chargement est tout, sauf simple : il faut placer la montre dans une coque spécifique — dont le plastique est décoré des mêmes surpiqures que la coque arrière du Galaxy Note 3 — qui empêche alors le port de la montre. Car à l’arrière de cette coque se trouve l’emplacement pour le connecteur microUSB, servant au chargement… Elle risque donc bien de passer plus de temps dans cette coque qu’à votre poignet.

3° Non - Il n’existe pas encore beaucoup d’applications

Les montres connectées sont en général déjà bien occupées à transmettre les différentes notifications du téléphone : SMS, appels, mails et parfois aussi celles des réseaux sociaux. Seulement, dans le cas de la Galaxy Gear, il arrive que des notifications n’aient pas plus d’utilité qu’une sonnette qui vous préviendrait du passage du facteur. Exemple typique : Gmail. La montre vous informe de l’arrivée d’un mail, mais il n’est pas possible de le lire.

En ce qui concerne les autres logiciels, un certain nombre peuple la montre « à la sortie de sa boite ». Nous en parlions plus haut, un capteur photo est présent et le logiciel pour l’exploiter est plutôt bien fait. Un podomètre est également de la partie, pour mesurer votre activité quotidienne. Pour les coureurs par contre, il n’est d’aucune utilité : Samsung n’a pas jugé utile d’implanter une puce GPS, qui aurait permis à la montre d’être indépendante du téléphone. Une synchronisation plus tard à un logiciel, les données auraient pu être exploitées à la manière de ce que font Nike ou Garmin.

Il reste sinon la possibilité d’ajouter des logiciels grâce à l’application Gear Manager, depuis le téléphone. Un magasin d’application est accessible, toujours signé Samsung. Pour l’instant, les softs ne sont pas vraiment nombreux. Sur ce point, laissons le temps au temps, mais force est de constater que pour l’heure, il n’y a rien de vraiment excitant si ce n’est une version spécifique de Evernote ou Pocket. Pour s’amuser un peu, il est obligatoire de passer par la case bidouille. Mais toutes les applications Android ne sont pas compatibles, loin de là.

4° Non - Téléphoner avec sa montre, ce n’est pas sexy

Depuis l’invention du téléphone, nous n’avons toujours pas trouvé une manière moins ridicule de converser que tenir son appareil à l’oreille. Parfois, la taille du combiné peut prêter à sourire, à commencer par les phablettes dont la taille atteint pour certaines 7 pouces. Mais cela n’est finalement pas grand-chose face à ce que propose Samsung avec la Galaxy Gear. En effet, durant la présentation de la montre, une démonstration nous a été faite d’une conversation téléphonique directement depuis la montre. 

Exception faite des amateurs de séries ou films de science-fiction à tendance rétro, il est fort peu probable que la méthode trouve preneur. Un haut-parleur est placé directement dans la boucle de la montre tandis qu’un micro est installé sur la montre. Ainsi, vous pourrez partager votre conversation avec vos voisins, mais surtout vous le ferez poignet à l’oreille, un geste vendu comme « naturel » selon Samsung, qui l’est beaucoup moins dans les faits.

5° Non - Elle est trop chère !

La question du prix est toujours sensible pour les gadgets de ce genre. L’horlogerie de luxe a le loisir de pratiquer des prix élitistes, dépassant régulièrement le millier d’euros. Heureusement pour les amateurs de nouvelles technologies, Samsung n’en est pas là. Mais à 300 euros, il faut admettre que le coréen a mis la barre haute. Si le prix n’est pas démesuré à la vue de sa fiche technique, il l’est si l’on se concentre sur son potentiel et ses limites de compatibilité ou d’applications.

La concurrence est souvent moins gourmande, à commencer par Sony qui commercialise la Smart Watch moitié moins chère alors que son écran est également tactile et couleur. La Pebble Watch, au fort potentiel de personnalisation, est également vendue autour des 150 euros. Un tarif déjà plus raisonnable pour des gadgets qui pourraient bien atterrir d’ici la fin de l’année dans un tiroir pour ne plus jamais en ressortir.

Verdict

La Galaxy Gear n’est pas un mauvais produit, dans le sens où c’est un véritable concentré de nouvelles technologies. Seulement, à trop vouloir en mettre, Samsung semble être passé trop vite sur chacune des fonctionnalités qui auraient pu être plus poussées, mieux léchées. Il en ressort une montre finalement sans saveur, vendue trop chère et surtout compatible, à l’heure actuelle, avec seulement deux appareils de la marque. Il en faut un peu plus de ça pour espérer écraser la concurrence qui, si elle ne propose effectivement pas autant de fonctionnalités, s’avère parfois plus ouverte, plus personnalisable ou tout simplement moins chère.

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2 commentaires
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  • Kalou37@IDN
    Ca serait intéressant d'avoir des retours utilisateurs !
    Pour ceux qui la possède, merci de vous exprimer.
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  • mifranc57
    Partant du principe que pour juger un produit il y a 2 aspects l'aspect hard (materiel) et l'aspect soft la galaxy gear est un excellent produit cote hard ecran de qualite, appareil photo, micro et haut parleur integré, processeur performant, memoire suffisante...le seul defaut qu'on pourrait lui reprocher c'est le nombre d'applis encore tres limite mais ca ca peut s'ameliorer comme samsung a amelioré l'autonomie en proposant un nouveau firmware (preque 3 jours pour mon utilisation) d'autant que lancé a 299 a sa sortie il est possible de la trouver a 130 euros en cette fin decembre 2013...
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