[Test] Mi Drone : faut-il craquer pour le drone de Xiaomi ?

Deux constructeurs se partagent le marché des drones de loisir destinés aux prises de vues. D’un côté le chinois DJI et sa gamme de Phantom, de l’autre le français Parrot et son Bebop. Il ne reste plus grand-chose pour tous les autres ! Est-ce que cette situation va changer ? On pouvait en douter jusqu’à ce que le constructeur Xiaomi dévoile un appareil appelé le Mi Drone lors d’une conférence de presse sur Facebook en mai dernier. Avec des caractéristiques séduisantes et surtout la promesse d’un prix plancher, cet appareil était très attendu. Nous avons pris en main l’un des premiers exemplaires commercialisés par la marque. Notez qu’il ne s’agit pas d’un prototype, mais d’un appareil de série. Pourquoi cette précision ? Parce que, vous allez le voir, le test ne s’est pas vraiment déroulé comme prévu.

Précisons également notre modèle de test nous a été prêté par Gearbest, que nous tenons à remercier. En théorie, il est disponible sur cette page à 699 € auxquels il vous faudra ajouter quelques 28 € de frais de port... sans compter les frais de douane, qui atteignent facilement les 50 euros. Notez cependant que plusieurs sites marchands comme DealExtreme font très souvent de belles promotions sur l'appareil. Il est possible ainsi de le trouver à moins de 500 €, et c'est le cas notamment sur Gearbest au moment de la publication de ce test.

5 raisons de craquer (ou pas) pour le Mi Drone de Xiaomi

1 – Non, parce que son logiciel n’est pas prêt !

Le Mi Drone se pilote avec une radiocommande, mais il faut aussi une application pour smartphones et tablettes, sous iOS ou Android. On la trouve sur les deux stores, mais elle est en… chinois. Plus gênant, elle refuse catégoriquement de fonctionner et plante dès la connexion avec la radiocommande, via le câble USB fourni. Donc en l’état, le Mi Drone ne peut pas décoller. Dommage pour un drone, tout de même. La solution ? C’est de la bidouille. Il faut télécharger un exécutable APK pour Android sur un site hors du Google Play. Bon point : il a été traduit en français par un passionné. Pourtant cette version plante aussi, tant que le smartphone ou la tablette n’a pas été passée en langue anglaise.
Résultat des courses ? Pour utiliser le Mi Drone, il faut un smartphone ou une tablette Android (tant pis pour iOS) passé en anglais et une application alternative. Ça fonctionne, enfin. Une tablette ? Vous pouvez l’utiliser, mais le support encastré dans la radiocommande n’est prévu que pour un smartphone. Les premiers pas avec le Mi Drone sont un peu difficiles.

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2 – Oui, parce que le matériel est de bonne qualité

Le Mi Drone ressemble aux innombrables clones chinois du Phantom de DJI : il est blanc, d’une envergure de 45 cm environ, avec une radiocommande blanche elle aussi, une caméra placée sous l’appareil, un retour vidéo en temps réel. Mais la qualité des matériaux utilisés est meilleure, notamment sa finition. Le train d’atterrissage est pliable. N’allez pas pour autant en conclure qu’il se relève en vol pour faciliter les photos à 360°.  Non, il se manipule manuellement, au sol, et sert à faciliter le transport du Mi Drone. La caméra se retire (et se remet en place) facilement. Pratique pour le transport, là encore. Des protections d’hélices sont livrées dans la boîte, pour rassurer les pilotes débutants. Tout est fourni dans la boite pour décoller une fois les batteries chargées, celle du Mi Drone, de la radiocommande, et du smartphone.

3 – Oui, parce que la caméra est de qualité correcte

Xiaomi a fait ses preuves avec la caméra Yi, première du nom. D’ailleurs, l’électronique à l’intérieur de la caméra du Mi Drone est très semblable à celle de la Yi. Elles filment toutes les deux en 1920 x 1080 pixels à 60 images par seconde. « À 60 images par seconde » est une particularité importante quand on filme depuis un drone. Explications : les images sont parfaitement stabilisées par l’électronique de bord et les trois moteurs brushless de la nacelle qui maintient la caméra, à tel point qu’en vol stationnaire, on pourrait croire que l’appareil est fixe ! Mais si on effectue une rotation du drone sur lui-même, pour réaliser un panoramique par exemple, une vidéo filmée à 30 images par seconde souffre de saccades désagréables. À 60 images par seconde, le panoramique est fluide. Même chose pour des vols rapides : si le Mi Drone est secoué à la fois par le vent et par le pilote, l’image reste parfaitement stable. Dommage, tout de même, que la caméra filme avec un effet fish-eye prononcé. C’est-à-dire qu’elle exagère la courbure de la planète quand on filme l’horizon avec un peu d’inclinaison. Les caméras récentes s’appuient sur des algorithmes pour corriger ce défaut.

4 – Non, parce que le diable est dans les détails

Face au Mi Drone, il y a le Phantom 3 Standard de DJI, à prix sensiblement équivalent. Cet appareil profite d’une expérience de plusieurs années, qui se traduit par un engin très efficace et parfaitement opérationnel.
Le Mi Drone est recommandé pour les débutants pour sa stabilité et sa facilité d’emploi. Mais il va un peu trop loin, par exemple en bridant les fonctions de l’appareil pendant les 300 premières minutes d’utilisation. Le pilote est cantonné à 50 mètres de hauteur et 100 mètres de distance, et se trouve privé de la plupart des fonctions automatisées. 300 minutes, c’est 5 heures. Ou encore 12 batteries complètes. C’est pénible, surtout que l’application ne permet de pas passer outre cette période de probation.
La caméra donne satisfaction en plein soleil, mais les images tournées par temps nuageux souffrent de couleurs qui tirent vers le mauve, sans possibilité de gérer la balance des blancs. L’effet fish-eye est très prononcé, sans possibilité de le corriger en temps réel. Il faudra donc utiliser un outil de postproduction pour réduire cet effet qui rend la terre plus ronde qu’elle n’est vraiment.
Notons aussi que la nacelle se met parfois à pencher sur le côté après une rotation de l’appareil de quelques degrés. Lorsque la caméra est placée à l’horizontale, les hélices entrent parfois dans le champ de l’image. Lorsqu’on vole rapidement – dans ce cas on le lui pardonne –, mais aussi lors de vols plus doux, simplement parce que l’électronique de bord freine l’appareil brusquement, générant des à-coups indépendants de la volonté du pilote.
Xiaomi indique une portée de 1 kilomètre pour la vidéo en temps réel. Pendant nos essais, la liaison a fonctionné de manière très aléatoire, parfois avec des coupures dès 100 mètres, parfois une image correcte jusqu’à 400 mètres. Nous ne sommes pas allés plus loin pour l’instant, voler au-delà de la vue directe du pilote n’étant pas autorisé en France.

5 – Non, parce que le prix n’est pas celui qu’on attendait

Lorsque Hugo Barra, le vice-président de Xiaomi, a présenté le Mi Drone, le prix annoncé pour la version 1080p était de $340. Même en ajoutant la TVA et le port, on reste sous les $500. Or l’appareil vaut plus de 500 € hors taxes et frais de douane ! À ce prix, il est concurrencé par le Phantom 3 Standard, certes un peu moins performant côté caméra et retour vidéo. Ou le Bebop 2 de Parrot. Mais ils offrent de plus de fonctions ! En effet, DJI et Parrot proposent un SDK pour que les développeurs puissent se lancer dans la réalisation d’applications. Ce n’est pas le cas de Xiaomi pour le Mi Drone. Dommage qu'il soit privé d’outils intéressants comme le suivi de personnes (Follow Me) ou le dronie automatisé.

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