http://media.bestofmicro.com/Q/E/564710/original/Trottinettes_electriques.jpg

Trottinettes électriques, gyropodes, smartboards : comment choisir ? lequel acheter ?

Trottinette électrique ou gyropode ?

Les trottinettes électriques et gyropodes ne peuvent plus être considérés comme une simple mode : il s’agit à part entière d’une nouvelle façon de se déplacer en ville. Ainsi, si de nombreux nouveaux modèles toujours plus sophistiqués ont fait leur apparition ces derniers temps, il ne fait aucun doute que ces véhicules d’un nouveau genre vont rapidement se démocratiser dans les rues.

Il peut être assez difficile de s’y retrouver entre tous les modèles et usages proposés par ces appareils, par des marques qui cherchent toutes à imposer leur nom sur un marché naissant, comme Solowheel, Egret ou le français L-Trott. Chaque modèle et chaque véhicule ayant ses propres avantages et inconvénients, voici les questions essentielles à se poser avant de passer à l’achat.

Nos modèles préférés

Trottinette électrique ou à assistance électrique ?

Tout le monde connait le principe de la trottinette. Le concept d’une trottinette électrique est de lui adjoindre un moteur permettant de supprimer, ou au moins d’accompagner, l’effort à produire pour se déplacer. C’est dans cette petite subtilité que réside la différence entre deux grandes catégories de trottinettes : celles qui sont électriques et celles qui sont à assistance électrique.

L'E-TWOW propose un boîtier de commande au guidon très completL'E-TWOW propose un boîtier de commande au guidon très complet

La plupart des trottinettes électriques proposent donc une commande sur le guidon (généralement un accélérateur, parfois un frein), comme on en retrouve sur la L-Trott ou l'E-TWOW, qui permet de démarrer et d’accélérer sans produire le moindre effort. Ces trottinettes sont souvent assez puissantes et complètes, mais ont l’inconvénient d’être assez lourdes, puisqu’elles pèsent toutes plus de 10 kg.


Les trottinettes à assistance électriques, quant à elles, sont plus dépouillées : elles ne disposent pas d’un accélérateur sur le guidon, et devront donc être actionnées en patinant comme au bon vieux temps. Le moteur s’activera de lui-même en détectant le mouvement de l’engin, et permettra alors d’atteindre ou de maintenir une certaine vitesse sans avoir à fournir plus d’efforts. Plus dépouillées que celles qui reposent sur le « tout électrique », ces trottinettes sont également plus légères, puisque généralement sous les 10 kg. De fait, elles ont aussi tendance à proposer moins de fonctions ou à être plus simplistes. C'est le cas de l'E-Micro One, le poids plume de notre comparatif qui atteint 7,5 kg.


Poids, puissance du moteur, taille des roues : les critères à prendre en compte

Nous l’avons vu, il existe deux grandes familles qui caractérisent les trottinettes, électriques ou à assistance, mais ce ne sont évidemment pas les seules différences entre les différents modèles que vous trouverez sur le marché. Il existe existe ainsi plusieurs critères qui pourraient orienter votre choix.

Le poids en est un, puisque vous serez souvent confrontés à des moments où vous n’aurez d’autre choix que de plier votre trottinette ou votre gyroroue pour effectuer une certaine distance à pieds : dans les transports, aux abords des escaliers, etc. Le poids moyen d’une trottinette électrique se situe donc entre 10 et 12 kilos, c’est assez imposant, et c’est donc un critère ne pas négliger avant l’achat, car certains modèles comme la Citybug 2 ou l’Egret One S atteignent aisément les 15 kilos, et s’avèrent donc très fatigantes à porter à bout de bras. Pour les gyroroues, la problématique est la même. Elles se situent dans un poids moyen d’une dizaine de kilos, et réservent rarement de mauvaises surprises à ce sujet, d’autant qu’elles sont toutes équipées d'une poignée de transport.


La puissance
de ces différents appareils fait également souvent partie des données indiquées par les constructeurs, sans pour autant qu’elles soient reliées à quoi que ce soit de concret. On trouve ainsi des trottinettes calibrées à 250 watts, 500 watts, et même 1000 ou 1500 watts dans le cas de certaines gyroroues. À l’évidence, plus la puissance sera élevée, et plus votre véhicule aura de couple et de vitesse à vous offrir, mais gardez en tête que ce n’est pas la seule donnée à prendre en compte. Déjà, un moteur plus puissant sera logiquement plus consommateur d’énergie, et aura donc un impact conséquent sur l’autonomie de votre appareil. Plus de puissance équivaut souvent à moins d'autonomie.

Au final, le critère de la puissance du moteur est à mettre en corrélation avec celui de votre poids. Car c'est là que la puissance d'une trottinette à un véritable impact. En théorie, toutes les trottinettes peuvent transporter une charge maximale de 100 kg, mais dans les faits un moteur faiblard aura plus de mal à tracter un grand gabarit. L'idéal est donc d'adapter la puissance de sa trottinette à son poids. Il est inutile de vous offrir une trottinette trop puissante si vous êtes un poids plume : un modèle plus modeste vous conviendra tout aussi bien et ne peinera pas à vous transporter. Notez enfin, comme le montre notre vidéo ci-dessous, que la puissance du moteur peut avoir une influence notable sur la capacité de votre engin à gravir les côtes plus ou moins raides.

La Booster sur une côte d'environ 15%, le poids influe sur ses performances en montée

La taille et le type de roues pevent également influer grandement sur les usages en ville, et donc sur votre choix final. Ainsi, si on retrouve une roue en plastique sur l’E-Micro One, on notera que la gomme est plébiscitée par la plupart des constructeurs, ce qui a comme intérêt de proposer une bien meilleure adhérence. Certains, comme E-TWOW ou Adrya, proposent même en option des roues équipées de pneu tubeless, capables ainsi de mieux absorber les irrégularités de la route et de permettre une conduite plus souple sur les pavés. Mais la petite taille globale des roues d’une trottinette obligera souvent à s’arrêter pour passer un obstacle comme un trottoir. Un défaut dont souffrent également les gyroroues, mais dans une moindre mesure grâce à leur roue allant de 14 pouces pour certains modèles de Gotway à 18 pouces chez Solowheel, permettant ainsi une conduite beaucoup plus souple et imposant moins d’arrêts sur de petits obstacles.

Les skateboards électriques conviendront mieux à un usage en intérieurLes skateboards électriques conviendront mieux à un usage en intérieur
Concernant les gyroskates, ils conviennent à un usage un peu plus spécifique que les gyroroues et trottinettes électriques. Ils proposent une vitesse moyenne plus faible, de l’ordre de 10 kilomètres par heure en moyenne comme dans le cas de la Smartboard, et leurs petites roues les rendent donc incapables de passer de petits obstacles sans risquer la chute. Leur usage en extérieur est donc très limité, et ils conviendront à des lieux bien spécifiques, ou encore en intérieur, où ils resteront très agréables à utiliser et seront également moins encombrants qu’une trottinette. Si l’usage de ce genre de gyropode reste très ludique et intéressant, nous ne pouvons pas le recommander pour de longs trajets. Notons qu’avec un poids moyen d’une dizaine de kilos, ils pourront vous suivre partout, mais sont dépourvus de poignée, ce qui les rend plus difficiles à transporter sans sacoche adaptée.

Peut-on rouler sur la route ? Les trottoirs ? Les pistes cyclables ?

Une trottinette électrique ou un gyropode sont donc potentiellement très pratiques pour effectuer ses trajets en ville. Mais une fois dehors, une question se pose rapidement : où utiliser ces appareils ? Sommes-nous autorisés à partager la route avec les voitures, ou faut-il s’en tenir aux trottoirs ? Quid des pistes cyclables ?

La loi ne statue pas vraiment à ce sujet, puisqu’aucun texte n’a été publié pour légiférer sur les droits et devoir des trottinettes électriques, et encore moins des gyropodes. À défaut, la loi les considère donc comme des moyens de transport plus classiques, comme des rollers et des skates, qui sont eux-mêmes assimilés à des piétons. Les articles R. 412-34 à R. 412-42 du code de la route expliquent qu’à ce titre, ils doivent circuler sur le trottoir à une vitesse ne dépassant pas 6 km/h, soit la vitesse de marche estimée d’un piéton. Néanmoins, il existe depuis 2008 un « code de la rue », diffusé par le ministère de l’Intérieur, et qui prône des règles de bonne conduite à l’usage des piétons et de leurs assimilés. Il se base sur le décret 2008-754 du Code de la route, qui définit notamment des « zones de rencontre » affectées à tous les usagers, et où la vitesse est limitée à 20 km/h, et définit de nombreux cas dans lesquels les piétons sont autorisés à circuler sur la chaussée, dans la mesure où ils ne gênent pas la circulation des véhicules alentour.

Selon le code de la rue, les trottinettes peuvent emprunter les routes et pistes cyclablesSelon le code de la rue, les trottinettes peuvent emprunter les routes et pistes cyclables


Ce décret tombe d’ailleurs bien pour nous, puisqu’il permet aux trottinettes et gyropodes d’emprunter les pistes cyclables et, lorsque cela s’avère plus pratique, la chaussée. Le code de la rue vise donc plus à introduire la notion de prudence pour des usages plus adaptés à la chaussée qu’aux trottoirs plutôt qu’un vrai texte de loi, mais dénote d’une prise en compte de la part du gouvernement dans les changements d’habitudes qui s’opèrent progressivement. Dans les fats, lors de nos tests à Paris et dans la proche banlieue, ce sont les pistes cyclables qui ont eu notre préférence. Lorsqu'elles existent la question ne se pose presque pas tant elles sont adaptées à la pratique de la trottinette ou du gyropode. Sur les trottoirs, c'est le nombre de piétons qui détermine la qualité de votre balade. Plus il y a de monde, moins vous roulez. Et sur la route ? C'est à vos risques et périls. C'est évidemment la voie la plus dangereuse d'autant plus que les automobilistes ne sont pas habitués à vous voir rouler à leurs côtés.

Notons enfin le cas particulier des trottinettes électriques homologuées pour la route. Plus proches des scooters que des trottinettes classiques, elles sont soumises aux mêmes règles que ces premières : on ne peut pas les conduire avant d’avoir atteint l’âge de 14 ans, et il est nécessaire de les faire immatriculer pour les faire rouler sur la chaussée. En utilisant ce genre de trottinettes homologuées, vous vous soumettez ainsi aux mêmes règles que les scooters et autres deux roues motorisés, c’est à dire à l’ensemble du Code de la route.

À quelle vitesse peut-on rouler ?

La vitesse est évidemment un élément à retenir lors de l’achat d’une trottinette électrique, d’autant que là encore, des disparités existent. La plupart des trottinettes et gyropodes proposent une vitesse de pointe située entre 20 et 30 km/h, ce qui permet de raccourcir considérablement son temps de trajet par rapport à une trottinette classique, en plus de procurer de bonnes sensations de vitesse dans les espaces dégagés.

La plupart des trottinettes électriques proposent une vitesse moyenne de 20 km/hLa plupart des trottinettes électriques proposent une vitesse moyenne de 20 km/h

C’est le cas par exemple de la L-Trott 85, qui a sur le papier une vitesse maximale de 25 km/h sur du plat, mais qui peut se rapprocher timidement des 30 km/h dans certaines conditions, notamment en descente ou sur une route particulièrement plate. D’autres proposent une vitesse de pointe plus élevée, comme l’Egret One S, qui peut atteindre les 35 km/h. Cette dernière fait d’ailleurs partie des trottinettes dont il est possible de régler la vitesse maximale. L’Egret permet par exemple de plafonner sa vitesse à 35, 20, 12 ou 6 km/h. Ce dernier réglage vous assure de circuler sur les trottoirs sans enfreindre la loi. D’autres, comme la CityBug 2, proposent également un bouton permettant de ne pas dépasser les 6 km/h, même en poussant l’accélérateur à fond.

Notons cependant que si ces trottinettes proposent toutes une vitesse maximale, certaines se montreront incapables de la dépasser, à cause d’une bride imposée par les constructeurs. C’est par exemple le cas de l’E-Micro One ou de la CityBug 2 : même en descente et avec le vent dans le dos, impossible d’atteindre des vitesses folles sur ces trottinettes, qui tempèreront vos ardeurs avec le frein moteur.

La trottinette la plus rapide : 


Trottinettes, gyropodes, smartboards électriques : c’est facile à prendre en main ?

Les trottinettes comptent parmi les plus simples à prendre en main, et c’est évidemment grâce à la popularité de ce genre d’appareils depuis des années : rares sont ceux qui ne savent pas en faire. Aussi, le passage à l’électrique du point de vue de l’utilisateur demandera un petit temps d’adaptation, mais qui sera très vite oublié après les premiers kilomètres. Les trottinettes avec assistance ne demanderont même presque aucun apprentissage : elles s’utilisent comme une trottinette mécanique, en patinant pour lancer le moteur, il suffit ensuite de se laisser porter. Quand aux électriques, quelques minutes suffisent généralement à comprendre le fonctionnement des commandes sur le guidon, et ainsi de se lancer sereinement dans ses premières balades.

Les gyroroues demanderont un apprentissage plus strict aux débutantsLes gyroroues demanderont un apprentissage plus strict aux débutants

Les gyroroues sont en revanche plus complexes à appréhender. Si leur fonctionnement se base sur les mouvements et l’inclinaison du corps, leur utilisation n’est pas nécessairement intuitive et demandera un temps d’adaptation qui peut être assez long, notamment en comparaison des trottinettes. L’appareil n’étant soutenu que par une seule roue en contact avec le sol, l’utilisateur doit maintenir en permanence son équilibre en gardant ses pieds sur les repose-pieds situés de part et d’autres de la roue. Ainsi, il suffit de s’incliner vers l’avant pour rouler, et vers l’arrière pour ralentir. Si ce système peut demander de nombreuses heures de pratique avant d’être maîtrisé, sachez toutefois que la plupart des constructeurs proposent un apprentissage à leurs nouveaux acheteurs. Ainsi, Solowheel met par exemple à disposition de ses clients un formateur qui pourra passer une à deux heures pour vous expliquer les rudiments de la gyroroue et tout ce qu’il faut savoir pour démarrer, tourner et s’arrêter. Une formalité qui peut sembler contraignante, mais qui sera presque indispensable pour partir sur de bonnes bases.

Les gyroskates, quant à eux, sont parmi les gyropodes les plus faciles à apprendre. Ils utilisent le même principe de gyroscope que les monoroues, mais profitent de leur deux roues pour être beaucoup plus stables, et permettre ainsi un apprentissage plus souple et une utilisation moins craintive, ce qui les rend également plus agréable à utiliser à court terme.




Quelle est l'autonomie d'une trottinette ou d'un gyropode ?

L’autonomie d’une trottinette ou d’un gyropode est essentielle lorsque vous prévoyez d’effectuer un long trajet, ou même un aller-retour. Vous ne voudriez pas que votre moyen de transport motorisé devienne un poids mort parce sa batterie n’a pas supporté votre petite escapade. De manière générale, la moyenne pour les appareils que nous avons testés se situe autour de 20 kilomètres, certains modèles pouvant même dépasser les 30 kilomètres.

C’est le cas par exemple des trottinettes L-Trott et E-TWOW, qui disposent d’un système de récupération de l’énergie, grâce au frein moteur de la trottinette. Celui-ci récupère en réalité l’énergie cinétique produite par le mouvement, et permet ainsi d’économiser la batterie à chaque coup de frein. Sur le papier, le constructeur indique que ce système peut permettre d’étendre la durée de vie de la batterie de près de 10%. Dans les faits, le gain semble plus important, notamment lors d’un trajet en ville qui impose de freiner souvent aux intersections.

Chez les gyroroues, on retrouve des disparités plus importantes concernant l’autonomie : si la moyenne se situe autour des 30 kilomètres, comme chez Solowheel ou Ninebot, le constructeur Gotway propose notamment une roue dont l’autonomie annoncée dépasse les 60 kilomètres.

La roue Ninebot One propose une autonomie allant jusqu'à 35 kilomètresLa roue Ninebot One propose une autonomie allant jusqu'à 35 kilomètres

Enfin, il faut noter que les performances de ces appareils peuvent varier beaucoup en fonction du poids de l’utilisateur et de la route à prendre : un chemin vous obligeant à monter beaucoup de côtes aura fatalement tendance à consommer la batterie plus rapidement, et donc à réduire l’autonomie, de même qu’un utilisateur plus lourd obligera l’appareil à consommer plus d’énergie pour se déplacer. D’autres facteurs peuvent aussi influer de manière plus ou moins significative sur l’autonomie, comme les accélérations fréquentes, ou encore le temps passé à la vitesse maximum. Tous ces paramètres sont à prendre en compte et peuvent conduire à des différences notables entre l’autonomie annoncée et celle que vous constaterez après quelques trajets.

Les meilleurs modèles pour l'autonomie :




La batterie d’une trottinette électrique peut-elle vieillir et tomber en panne ?

Comme tout appareil doté d’une batterie, les trottinettes électriques et gyropodes pourront un jour ou l’autre souffrir de quelques problèmes avec leurs accumulateurs. En outre, après un certain nombre d’utilisations, la batterie pourrait avoir tendance à ne plus tenir aussi bien la charge qu’auparavant, et donc à fournir une autonomie moins importante.

Dans ce cas de figure, la plupart des constructeurs proposent des batteries de rechange pour remplacer une batterie défectueuse ou trop vieille. Mais leur remplacement n’est cependant pas des plus aisés du fait de leur emplacement. Sur les trottinettes, elles sont généralement cachées dans le plateau ou à la base du guidon, tandis que les gyropodes l’embarquent dans leur carcasse solidement fermée. Dans tous les cas, le remplacement de la batterie imposera donc de démonter le véhicule en profondeur, une opération complexe et qui peut avoir pour effet d’annuler la garantie.

Démonter son gyropode peut être un casse-têteDémonter son gyropode peut être un casse-tête

Il existe cependant de nombreuses boutiques qui pourront effectuer cette opération pour vous, vous évitant ainsi d’avoir à renvoyer votre trottinette ou gyropode en réparation directement chez le constructeur. C’est par exemple ce que recommande Solowheel, qui vend sur son site des batteries de rechange pour toutes ses roues.

Quelles règles de sécurité observer en trottinette ou gyropode ?

L’usage d’une trottinette électrique ou d’un gyropode sur un trottoir ou sur la chaussée impose une vigilance bien particulière de la part de l’utilisateur, pour une raison simple : ni les piétons, ni les cyclistes, ni les voitures ne sont habitués à voir débouler une gyroroue sur un terrain qui leur est réservé habituellement. Sur le trottoir, il conviendra donc d’être attentif aux piétons qui pourraient s’arrêter ou changer de direction subitement, aussi bien en trottinette qu’en gyropode, afin d’éviter les collisions. Il en va de même pour les pistes cyclables, où il conviendra de maintenir une certaine allure afin de ne pas agacer les cyclistes chevronnés, habitués à filer dans leur voie.


Enfin, il convient d’être attentif aux surfaces parcourues et aux conditions climatiques sous lesquelles vous roulez. Bien qu’elles soient rares en ville, certaines pistes cyclables peuvent avoir un revêtement particulier, comme des graviers dans un parc. Si un vélo passe ces surfaces sans problème, les petites roues d’une trottinette ou d’une gyroroue peuvent avoir tendance à déraper dans certaines conditions, imposant à l’utilisateur une vigilance toute particulière. 

Les roues des trottinettes peuvent déraper sur certaines surfaces.Les roues des trottinettes peuvent déraper sur certaines surfaces.

Il en va de même pour les sols humides, qui peuvent s’avérer très glissants sous les roues d’une trottinette électrique. La L-Trott et l’E-TWOW, avec leur accélération puissante, peuvent par exemple facilement surprendre leur utilisateur et lui faire perdre l’équilibre. Sous la pluie, les fabricants de trottinettes recommandent de ne tout simplement pas les utiliser, déjà pour éviter les risques de chute, mais surtout pour empêcher que les différents composants électriques soient exposés à l’eau et ne provoquent un court-circuit. Ces trottinettes ne sont effectivement pas garanties comme étant étanches, bien que nous n’ayons pas rencontré de problème de ce type après avoir roulé sur route humide.

Quels équipements et accessoires acheter ? Sont-ils indispensables ?

La plupart des constructeurs de trottinettes et gyroroues proposent un certain nombre d’accessoires pour leur appareil. Mais en y regardant de plus près, on se rend vite compte qu’il s’agit bien souvent de pièces détachées pour entretenir son véhicule : roues de rechange, nouvelles poignées ou encore chargeur d’appoint sont donc souvent de mise. Mais il existe certains modèles proposés avec un panel plus ou moins important d’accessoires en option. Aucun n’est vraiment indispensable, et il est tout à fait possible d’utiliser pleinement ces appareils en les achetant nus, mais certains équipements vous permettront de mieux les adapter à vos besoins.

L’E-TWOW et la L-Trott, par exemple, peuvent notamment s’équiper d’une poignée de transport, de manchons pour protéger ses mains du froid, ou encore d’une roue arrière équipée d’une chambre à air, qui permet de mieux absorber les petites irrégularités de la route. Du côté des gyroroues, Solowheel fait partie des constructeurs un peu inventifs, et propose par exemple de nombreux accessoires utiles à l’apprentissage de sa monoroue, comme des protège mollets (les repose-pieds auront souvent tendance à venir vous taper dans les jambes au début), ou encore une sangle de transport pour l’accrocher dans son dos.

Si vous optez pour un gyroskate, vous trouverez là encore assez peu d’accessoires convaincants pour vous accompagner, mais vous pourrez néanmoins considérer l’achat d’une sacoche adaptée si vous souhaitez le transporter souvent. S’ils ne sont pas les plus lourds, ces appareils sont dépourvus de poignée et assez désagréables à porter.

Bien sûr, plusieurs marques tierces proposent également leurs propres accessoires. On trouve par exemple les incontournables antivols, mais aussi aussi des éclairages en tout genre à fixer sur sa trottinette ou son gyropode pour être vu la nuit.

Le port du casque n'est pas obligatoire, mais vivement conseilléLe port du casque n'est pas obligatoire, mais vivement conseillé

Enfin, l’achat d’accessoires de sécurité est également à envisager pour les débutants. Si les chutes sont globalement assez rares, le risque est malgré tout bien présent, d’autant que ces véhicules sont pour la plupart capables de vous transporter à une vitesse dépassant les 20 km/h. Dans ces conditions, un casque peut s’avérer utile, de même que des protections pour les genoux et les coudes. Notez que ces protections ne sont pas obligatoires au niveau légal, et que leur usage reste donc à votre discrétion.

Peut-on débrider une trottinette électrique ?

Peut-on débrider, ou plus généralement améliorer les performances d’une trottinette électrique ou d’un gyropode ? Il existe bien quelques communautés qui s’intéressent au bricolage de ces appareils, mais le fait de les débrider ne semble pour l’instant pas être une pratique vraiment répandue, d’autant qu’elle n’est pas sans conséquence.


Ce sont les trottinettes d’Egret qui sont les plus prisées des bricoleurs, qui se sont organisés en communauté autour des modèles de ce constructeur allemand. Par défaut, l’Egret One V3 est par exemple bridée à environ 20 km/h, une vitesse qu’il est impossible de dépasser sans la démonter, et débrancher les bons câbles. Cela permet d’atteindre une vitesse plus proche des 35 km/h, le moteur étant ainsi utilisé à pleine puissance. Cependant, si cette manipulation est désormais connue sur l’Egret, il n’en est pas de même pour les autres modèles, qui ne disposent pas de solution miracle pour les surgonfler, bricoleur ou non.

Une fois débridée, l'Egret One V3 peut atteindre 35 km/hUne fois débridée, l'Egret One V3 peut atteindre 35 km/h


Pour en avoir le coeur net, nous avons posé la question à la boutique parisienne Alternative Bike. Son vendeur, François, nous confirme que le débridage d’une trottinette électrique, ce n’est pas pour tout de suite : « Il s’agit de moteurs électriques, ce n’est pas comme s’il y avait une bride, comme sur un scooter, à retirer pour augmenter les performances. Cela dit, il est toujours possible de surcharger un moteur électrique pour le faire tourner plus vite », nous répond-il. Mais ce genre d’opération, si elle permettrait d’obtenir de meilleures performances, ne serait pas sans conséquence. Pour commencer, l’effet le plus évident serait de diminuer drastiquement l’autonomie de l’appareil, la batterie étant obligée de délivrer plus d’énergie pour suivre le rythme.

L’autre problème est cependant plus grave, car il concerne la sécurité. Les pièces des trottinettes et autres gyropodes ne sont souvent pas calibrées pour fonctionner à un régime supérieur à celui qui est prévu par le constructeur. La conséquence peut aller du simple risque de casse en plein fonctionnement à des problèmes électriques pouvant s’avérer dangereux. Dans ce cas, inutile de préciser qu’une telle modification entraîne automatiquement une annulation de la garantie, étant donné qu’elle s’effectue en démontant l’appareil.

Une règlementation sur le point d'évoluer

Nous l’avons vu, il n’existe pour l’instant pas d’encadrement légal clairement défini pour les trottinettes électriques et les gyropodes, que ce soit pour les utilisateurs ou les constructeurs. Mais ce flou juridique pourrait bientôt s’éclaircir, certains constructeurs poussant pour faire bouger les choses.

Une nouvelle loi pourrait bientôt encadrer l'usage des gyropodes sur routeUne nouvelle loi pourrait bientôt encadrer l'usage des gyropodes sur route

C’est le cas par exemple de Décathlon, distributeur de la trottinette Klick d’Oxelo, qui a contacté l’association française de normalisation (Afnor) dans l’espoir de créer une norme à leur sujet. Dans un récent communiqué, l’Afnor indique ainsi être à l’origine « d’une l’initiative européenne qui aboutira en 2016 à une norme volontaire apportant des gages de sécurité pour les trottinettes électriques et gyropodes ».  Plusieurs constructeurs travaillent donc déjà avec le groupe afin d’aboutir à une normalisation du marché, parmi lesquels Egret, L-Trott ou encore le néerlandais Trikke, attablés avec entre autres la DGCCRF. Pourtant, Décathlon, qui fait partie des marques à l'origine de la démarche, semble souffrir quelque peu avec sa propre trottinette électrique, la Klick, qui vient d'être retirée des magasins pour plusieurs problèmes concernant la fiabilité de son véhicule.

À lire : 
Klick : la trottinette électrique Décathlon portée disparue

Le cas limite des explosions d'hoverboards

Si le but est d’établir une norme en matière de sécurité, c’est notamment pour contrer ce que l’Afnor qualifie de concurrence chinoise par rapport aux fabricants européens, celle-ci proposant selon l’association « pas de garanties de sécurité suffisantes ». Un problème qui a pris une certaine ampleur fin 2015, alors qu’un nombre grandissant de cas de problèmes électriques ont été constatés en Europe sur des gyropodes de fabrication chinoise. Néanmoins, il convient de préciser que même chez les fabricants européens, il y a du chinois : L-Trott, par exemple, s’est établi en France en tant que revendeur des trottinettes du chinois E-TWOW, dont il propose toujours des modèles équivalents.

Enfin, l’Afnor espère faire avancer le domaine de l’usage de ces véhicules sur la voie publique, qui n’est toujours pas clairement encadré par la loi. « Au regard de la tolérance accordée, les membres du groupe de travail ont anticipé une éventuelle future règlementation », explique Emmanuel Husson, chef de projet normalisation AFNOR.


Récapitulatif des produits testés

Loading...

Posez une question dans la catégorie Dossiers du forum
Cette page n'accepte plus de commentaires
1 commentaire
    Votre commentaire
  • turlupin en ptard
    Citation:
    L’autre problème est cependant plus grave, car il concerne la sécurité. Les pièces des trottinettes et autres gyropodes ne sont souvent pas calibrées pour fonctionner à un régime supérieur à celui qui est prévu par le constructeur. La conséquence peut aller du simple risque de casse en plein fonctionnement à des problèmes électriques pouvant s’avérer dangereux. Dans ce cas, inutile de préciser qu’une telle modification entraîne automatiquement une annulation de la garantie, étant donné qu’elle s’effectue en démontant l’appareil.


    Autre conséquence sérieuse.

    Si vous avez eu l'intelligence de souscrire un contrat d'assurance, il précisera certainement que si vous modifiez le véhicule vous n'êtes pas couvert en cas d'accident.
    Ce qui est tout à fait logique car si vous modifiez le véhicule pour augmenter sa vitesse, vous augmentez automatiquement le risque d'accident.
    Or c'est le risque qui est utilisé pour calculer le montant des primes d'assurance.
    0