[Test] Que vaut le Yotaphone, le téléphone aux 2 écrans ?

À l'usage

Le YotaPhone est basé sur Android, dans sa version 4.2. Surnommé Jelly Bean, cette déclinaison embarque quelques innovations importantes de l’histoire d’Android, à commencer par le Butter Project, introduit dans la 4.1. Il s’agit d’une série d’optimisation visant à garantir une bonne fluidité du système et ainsi éviter les ralentissements si communs sur les précédentes moutures. Pour autant, on ne peut qu'être déçu de ne pas trouver Android 4.3 ni qu’une mise à jour vers la 4.4 ne soit à l’ordre du jour. Certaines fonctions tel que le TRIM (une commande destinée à améliorer la longévité des performances du smartphone) ou le support complet du Bluetooth LE (afin d’assurer une compatibilité optimale avec les bracelets connectés) font défaut.

Visuellement, le système est quasi-intouché, si ce n’est la présence d’un onglet spécifique aux applications YotaPhone dans le launcher ainsi qu’un court tutoriel exécuté au démarrage du téléphone pour saisir rapidement les commandes. Les programmes préinstallées sont en majorité dédiés à l’écran arrière. Notons que OfficeSuite est de la partie, sauf qu’il n'est pas livré en version complète, ne laissant que la possibilité de lire les documents.

La lecture, l'atout sous-exploité

Pour « envoyer » des documents sur l’affichage à encre électronique, il y a deux manières d’agir :

- depuis l’écran principal avec une application prévue pour. Un bouton spécifique est intégré et l’image est alors transférée.

- depuis l’écran eInk via un certain nombre de fonctionnalités préintégrées qui permettent par exemple d'accéder à ses captures d'écrans ou à un fil d'actualité.



Une seule application dédiée aux livres électroniques est fournie : Bookmate. Pour faire simple, c’est en quelque sorte est le Spotify des livres : le logiciel russe repose sur un système de streaming grâce à un abonnement payant. Quelques ouvrages seulement sont gratuits (en anglais dans le meilleur des cas, rien en français) et il n’est même pas possible d'ajouter ses propres eBooks ! Son utilisation depuis l’écran E-ink est pour le coup assez facile, soit on se sert de la zone tactile pour tourner les pages, soit des boutons de volumes. Malheureusement, aucune autre application type « reader » n’est compatible avec le second écran, à commencer par celle d’Amazon (Kindle). C’est clairement la plus grosse déception de l’appareil en l’état, la lecture étant son principal atout.

Des notifications, mais pas d’interaction

Lorsque l’on ne l’utilise pas pour lire, différentes informations sont accessibles. L’application sobrement nommée « Fond d’écran » laisse paramétrer à sa guise l’interface. On sélectionne son fond d’écran, des widgets et le tour est joué. Sinon, il existe des thèmes « tout prêt », avec par exemple une animation pour décrire l’état de la batterie, d’autres se basent sur des services tels qu’Instagram pour afficher un flux d’actualité. Le cas d’Instagram n’est probablement pas le plus pertinent, l’écran E-ink n’étant évidemment pas le plus apte à rendre hommage aux photos.


Les notifications que l’on reçoit au fil de la journée viennent s’y ajouter sous forme d’aperçu, sauf qu’il est impossible de les consulter directement. Un glissement sur la zone tactile lance l'application correspondante sur le second écran. Même problème pour le logiciel Internet Hub, qui s’occupe de centraliser les différents flux d’actualités des réseaux sociaux et fait également office de lecteurs RSS. La navigation depuis l'écran à encre électronique est délicate et le fait qu’il soit impossible d’ouvrir les liens dans un navigateur limite grandement l’intérêt.


Enfin, une capture d’écran peut être envoyée à tout moment sur l’écran E-Ink, d’un glissement de deux doigts de haut en bas sur l’affichage principal, mais l’intérêt ne saute pas tout de suite aux yeux.

VerdictL’interface Android d’origine ne bouge pas d’un iota et ce n’est pas plus mal. La fluidité est indiscutable et les amateurs du système de Google s’y retrouveront sans difficultés. Par contre, on regrette le manque d’applications capables de tirer parti du second écran. Un seul logiciel sert réellement de liseuse électronique et il n’est même pas possible d’y ajouter ses fichiers ! Heureusement, la personnalisation est facile et suffisamment variée pour que chacun y trouve son compte.
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