Des personnalités taclent la loi Hadopi

L’examen de la loi Hadopi commence enfin aujourd’hui à l’Assemblée nationale après de multiples reports. De nombreux artistes y ont apporté leur soutien, de Calogero à Martin Solveig, en passant par Elie Semoun. Pourtant, d’autres personnalités que l’on entend moins ont émis de sérieux doutes quant à cette loi. Et pas des moindres.

Un frère de ministre pour un moratoire

Le premier d’entre eux est un artiste très respecté du milieu du hip-hop puisqu’il s’agit du DJ Cut Killer. Dans un premier temps, un montage d’une interview de lui avait été diffusée sur le site jaimelesartistes.fr, créé par le ministère de la Culture et les majors du disque. Mais Cut Killer ne pensait absolument pas qu’elle serait utilisée ainsi, comme le souligne son attaché de presse : « À aucun moment durant ce montage, ni durant l’interview, il n’était question de s’exprimer à propos du sujet Hadopi. On demandait à l’artiste de proposer sa solution. La configuration du site www.jaimelesartistes.fr ne laisse aucune place à la liberté des internautes qui seraient hostiles à ce projet de loi, puisqu’aucun forum n’est présent, donc aucun échange, aucune critique ne sont admis. » Premier tacle.

Une autre critique vient de Jacques Attali, qui estime pour sa part que le texte est présenté comme « un signe de plus d’un pays dont les élites politiques et économiques ne comprennent plus rien à la jeunesse, ni à la technologie, ni à la culture. » Il dénonce également « la surveillance générale de tous les faits et gestes des internautes. » Enfin, il taxe Luc Besson, Chrisine Albanel et Pascal Nègre d’ « artistes vieillissants et chefs d’entreprises bien contents de protéger leurs profits sans rien changer à leurs habitudes. » Second tacle.

Enfin, le troisième et dernier tacle n’est pas celui qui passe le plus inaperçu puisqu’il vient directement du frère de Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d’État à l’économie numérique. En tant que président de l’Association pour le Commerce et les Services En Ligne (ASCEL), il a en effet demandé un « moratoire de 6 mois » sur la suspension de l’accès à Internet (en cas de deuxième récidive). Selon lui le texte de loi « date un peu et n’est pas tellement adapté. »