Jurassic World : la geek critique

5/10

Jurassic World

On aime
  • Une réalisation au top, des dinosaures impressionnants
On n’aime pas
  • Un scénario plat, du fan service trop grossier, Chris Pratt et ses potes les raptors
Verdict :

Jurassic World avait une tâche difficile à remplir, puisqu’il s’agissait de reconquérir un public de fans après une longue absence des écrans pour la saga. Disons-le tout net : il s’en sort mieux que Jurassic Park 3 dans cet exercice, mais il n’arrive pas non plus à la cheville du film fondateur de la série. Pire, il se perd dans des éloges au film de 1993 à n’en plus finir, laissant de côté son propre scénario et son propre développement. On se retrouve au final devant un film à grand spectacle (et à très grand budget), divertissant mais qui n’arrive clairement pas à la hauteur de ses ambitions.

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En 1993, Steven Spielberg sortait Jurassic Park au cinéma, film qui a marqué toute une génération en confrontant son public à des dinosaures impressionnants. 22 ans plus tard, et après deux suites de moindre qualité, le méconnu Colin Trevorrow prend les rennes de ce quatrième film, sous la coupe d’un Spielberg qui passe producteur. Jurassic World a donc sur les épaules la lourde responsabilité de redorer le blason d’une licence ternie par un troisième opus au ras des pâquerettes. Après dix ans de production chaotique, le film arrive donc sur le grand écran et nous remet face à ces animaux du passé. Ce quatrième épisode de la saga parviendra-t-il donc à renouer avec les fans ?

5 raisons d’aller voir (ou pas) Jurassic World

Le pitch : quelques années après l’incident de Jurassic Park, le milliardaire Simon Masrani a racheté InGen à John Hammond, et décide de poursuivre le rêve de ce dernier en rouvrant un nouveau parc sur la même île, Isla Nublar. Nommé Jurassic World, ce nouveau zoo attire plusieurs milliers de visiteurs chaque jour. Mais ces derniers se lassent, les dinosaures impressionnent de moins en moins, et InGen doit redoubler d’inventivité pour renouveler son public. C’est ainsi qu’est créé l’Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié et imaginé de toute pièce, d’une taille et d’une férocité surpassant largement celle du redoutable T-Rex. Plus intelligent que la moyenne, ce dinosaure dopé aux hormones va parvenir à s’échapper de son enclos et semer la terreur dans le parc.

1 – Oui : C’est le grand retour des dinosaures !

Cela fait près de 14 ans que les dinosaures de la saga avaient quitté les salles de cinéma, après la catastrophe que fut Jurassic Park 3. Ce quatrième film signe donc le grand retour de ces fascinantes créatures, et c’est pour le mieux : on retrouve les fameux raptors, comme dans chaque épisode, mais aussi de nouvelles créatures : si l’Indominus Rex n’est pas flagrant d’originalité, avec son look à mi-chemin entre le raptor et le T-Rex, il réussi quand même à impressionner le spectateur et constitue une menace crédible dans l’univers du film. Globalement, c’est tout de même un plaisir de se retrouver à nouveau devant un Jurassic Park après toutes ces années, et on ressentirait presque quelques frissons de nostalgie lorsque le parc se déroule sous nos yeux sur le célèbre thème composé par John Williams.

2 – Non : Beaucoup trop de fan service

Si Jurassic World ne manque pas de qualités, l’héritage de Jurassic Park qu’il porte en lui est certainement à la fois sa force et son plus gros défaut. Le long-métrage de Trevorrow multiplie les références au film de 1993, au risque même de paraître ridicule. On retrouve ainsi la fameuse Jeep rouge et grise du premier film, le célèbre « j’ai dépensé sans compter », tout comme de nombreux gadgets, et certaines scènes sont carrément de honteux copier-collé de l’original : les enfants piégés dans un véhicule à la merci du dinosaure, ou encore la torche pour attirer l’attention du T-Rex. Bref, ce film peine à être une véritable suite à Jurassic Park, et passe plutôt pour un hommage assez maladroit au chef-d’œuvre dont il s’inspire. On s’attend presque à voir débarquer le casting du film original pour reprendre leur rôle, et rejouer les scènes d’il y a 20 ans.

3 – Non : Des raptors apprivoisés ? Sérieusement ?

Ce point de détail avait déjà été révélé aux spectateurs, aussi bien par les bande-annonces que sur l’affiche du film, mais il n’en reste pas moins troublant dans le film : nous avons affaire à des vélociraptors apprivoisés. Leur dresseur, joué par Chris Pratt, est donc capable de se tenir devant eux en conservant ses deux bras, et même de les emmener avec lui pour une partie de chasse dans la jungle. Si le concept permet vaguement de mettre en place la très faible intrigue du film, il reste tout de même difficile à accepter pour le spectateur : ce qui faisait justement un des grands points forts de Jurassic Park, c’est le redoutable prédateur que constitue le vélociraptor pour l’Homme. L’idée même d’avoir un dresseur de raptors affaibli donc de fait leur position de prédateur et de menace, laissant ce rôle au bon gros Indominus Rex.

4 – Non : Un scénario digne d’une série Z

Si le fan service à outrance risque fort d’énerver les fans à la longue plus que leur faire plaisir, il révèle un autre point faible assez important du film : son scénario d’une banalité affligeante. En effet, le film passe tellement de temps à montrer qu’il veut être fidèle à l’original qu’il en oublie de développer sa propre histoire, et de mettre en place sa propre intrigue. Résultat : l’histoire ne vole pas bien haut, et les quelques rares retournements de situation se voient venir dès la première demi-heure de visionnage. On regrettera, de même, certains personnages largement sous-exploités comme Omar Sy, qui livre une bonne prestation pour le personnage secondaire de Barry mais dont la présence ne change strictement rien au déroulement d’un scénario sans rebondissements.

5 – Oui : on en prend plein la figure !

Si Jurassic World ne brille clairement pas par son scénario, force est de reconnaître qu’il constitue malgré tout un bon divertissement. Après la débâcle que fut Jurassic Park 3, on peut se permettre de débrancher le cerveau devant cette quatrième production et de se laisser promener agréablement au milieu des dinos. Techniquement irréprochable, le film propose qui plus est quelques scènes qui valent le coup d’oeil, et offre des combats assez rythmés avec les différents animaux. Bref, on en prend plein les yeux dans la seconde moitié du film, ce qui rattrape quelque peu les maigres efforts en terme narration et de scénario.

Jurassic World trailer