[Test] G5 : on craque (ou pas) pour le smartphone modulaire de LG ?

On aime
  • Conception modulaire réussie
  • Le capteur photo grand-angle
  • D’excellentes performances
On n’aime pas
  • Un design un peu fade
  • L’autonomie faiblarde
  • L’interface trop chargée
Verdict :

Le fait que LG tente de renverser un peu la tendance avec son système de module est franchement appréciable. Seulement, tout ça semble un peu précipité. Lors de son annonce en février, la marque parlait d’un module DAC pour les amateurs d’audio, mais depuis, il a totalement disparu des radars. Concernant les autres, ils sont au mieux des accessoires, exception faite de la poignée photo qui apporte un peu d’autonomie en plus. Pour le reste, le G5 est incontestablement un bon téléphone aux performances excellentes et aux prestations photo convaincantes – et innovantes – avec son capteur grand-angle. Mais la promesse n’était pas là. On se console avec le fait que la batterie est amovible, ce qui compense une autonomie un peu juste.

plus

Le marché des smartphones stagne, c’est incontestable. La définition des écrans se stabilise doucement, les capteurs photo ne s’améliorent plus vraiment et les performances n’augmentent pas considérablement. LG a donc décidé de donner un bon coup de pied dans la fourmilière en introduisant un nouveau concept. Le G5 est le premier smartphone réellement modulaire. Cela signifie concrètement qu’il est possible de remplacer une partie du téléphone avec d’autres composants afin d’étendre les fonctionnalités de l’appareil. Par ailleurs, le dernier smartphone de LG intègre deux capteurs photos et, élément qui se fait rare de nos jours, une batterie amovible. Bref, un appareil ambitieux. Mais le G5 se donne-t-il les moyens de ces ambitions ?

1 – Oui, pour son design modulaire

Le G5 a pris ses distances avec son prédécesseur. Le design est radicalement différent, abandonnant la courbe et le plastique. Il est désormais question de métal, robuste, même si le dessin perd en élégance. Aussi épais que son concurrent direct, le Galaxy S7 (7,7 mm), il est par contre plus lourd que la plupart des appareils concurrents (159 g), qu’il s’agisse du Nexus 5X, de l’iPhone 6s ou du Galaxy S7 en version Edge.

La coque arrière accueille désormais un lecteur d’empreinte digitale qui fait également office de bouton d’alimentation. Par contre, contrairement aux derniers fleurons de la gamme, le contrôle du volume repart sur la tranche sous la forme d’un bouton classique. Sinon, LG mise sur une conception modulaire innovante pour défier les fers de lance de Samsung et Apple. À vrai dire, la marque est sur le bon chemin.

Le système est bien conçu, il suffit d’appuyer sur un petit bouton pour faire sortir la partie inférieure de l’appareil et le remplacer par un autre module qui vient apporter des fonctionnalités. LG nomme ces modules des « Friends ». Le plus intéressant pour l’instant est le Cam Plus, une poignée dotée de boutons dédiés à la prise de vue et au zoom qui embarque au passage une batterie supplémentaire de 1 200 mAh. De quoi booster la capacité totale de l’appareil à 4 000 mAh, ce qui est déjà bien mieux que les 2 800 mAh de base.

La seule chose que l’on pourrait demander de plus à ce module serait la possibilité de pouvoir programmer les boutons physiques, comme régler l’exposition avec la molette en mode manuel par exemple. Nous n’avons pas eu l’opportunité de tester les autres modules pour le moment, mais pour l’instant il est question d’un capteur photo à 360°, un casque de réalité virtuelle et un petit drone roulant. Le DAC montré lors de sa présentation a par contre disparu du site du constructeur.

2 – Non, pour la fonction « toujours allumé », franchement inutile

Comme le Galaxy S7 de Samsung, l’écran du G5 propose une fonctionnalité “toujours allumé” qui affiche en permanence sur l’écran de verrouillage l’heure, la date et quelques icônes de notifications le cas échéant. Si l’on trouvait le dispositif de Samsung limité, celui de LG l’est encore plus.

Impossible de choisir plusieurs types d’affichage, et plus gênants, de régler la luminosité. Sauf que par défaut, l’éclairage est tellement faible qu’il est difficile à lire même en intérieur. Par conséquent, c’est sans regret que l’on désactive la fonction, qui en plus sirote tranquillement 1 % de batterie par heure.

Sinon, le grand écran IPS 5,3 pouces propose une définition Quad HD (2 560 x 1 440), ce qui devient une habitude sur les modèles haut de gamme de la marque. Sans vrai reproche, il offre une belle précision, une bonne reproduction des couleurs, des angles de lecture très confortables et une luminosité décente.

3 – Oui et non, pour son interface qui dit au revoir au tiroir d’application

LG a fait appel à la dernière version d’Android pour le G5, à savoir Marshmallow. Comme à son habitude, il l’a recouvert de sa surcouche maison. Mais cette année, une nouveauté de poids est à signaler : la disparition du tiroir d’applications. Ce que certains craignent pour la prochaine version d’Android (N) est déjà une réalité chez LG, qui se calque donc sur le modèle d’autres marques, à l’instar de Huawei. Néanmoins, que l’on se rassure : on s’y fait finalement assez vite et le réflexe de créer des dossiers pour ranger ses applications se prend rapidement.

Le reste de la personnalisation par LG concerne essentiellement l’esthétique, avec un aspect flat design et des icônes spécifiques. De nombreuses fonctionnalités propres à LG sont intégrées, mais l’une manque à l’appel : le mode multifenêtre. C’est d’autant plus surprenant que le LG G4 en était capable et que la prochaine version d’Android le proposera enfin par défaut.

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4 – Oui, pour ses deux très bons capteurs photo

Un seul capteur photo n’a pas été jugé suffisant par LG, qui a donc décidé de doubler la mise. En plus du capteur 16 mégapixels, un autre grand-angle de 8 mégapixels s’ajoute à la façade arrière. Au début, on pense le dispositif fantaisiste et après un certain temps à jouer avec, plus question de s’en passer.

Avec son image à 135 degrés, capturer des paysages est sans commune mesure avec l’autre capteur, même s’il faut apprécier l’effet “fish-eye”. Ce dernier n’a rien à se reprocher cela dit, il est toujours aussi excellent. Il s’agit d’une évolution de celui du G4 que l’on décrivait déjà comme étant le meilleur smartphone pour faire des photos à l’époque.

Capteur classiqueCapteur grand-angle

Grâce son mode professionnel, il est possible d’aller vraiment loin dans les réglages et ainsi tirer toute la quintessence du capteur. Les clichés qu’il produit sont nets, colorés et précis. Cela vaut aussi pour les vidéo, fluides et lumineuses capable d’être captée jusqu’en 4K. Le capteur avant, de 8 mégapixels, est excellent, mais il faut être prudent avec le mode “Beauté” qui lisse trop les contours. Par défaut, il est activé et il vaut mieux faire quelques tests pour trouver le bon réglage.

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5 – Oui, pour ses bonnes performances

Grâce à son véloce processeur Snapdragon 820 couplé à 4 Go de mémoire vive, le G5 est une petite fusée. Qu’il s’agisse de lancer des jeux vidéo, prendre des photos sur un coup de tête ou passer d’un logiciel à l’autre, l’appareil s’exécute systématiquement avec diligence.

Les benchmarks montrent des chiffres très positifs, avec un test Geekbench à 5 357 points, juste derrière le Galaxy S7 Edge (6 299 points). Dans le test 3DMark Ice Storm, l’appareil marque 27 118 points, devant le Nexus 6P (17 674) ou même l’iPhone 6s (26 070).

Pour l’autonomie par contre, c’est un peu décevant. Lors de nos tests de batterie (navigation web jusqu’à ce que la batterie soit vide), l’appareil n’aura tenu que 7 h 57. Heureusement, la batterie est amovible ce qui permet de la remplacer rapidement et simplement en cas de besoin urgent.

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