Rogue One A Star Wars Story : la Geek Critique (spoiler : on a adoré !)

9/10

Rogue One A Star Wars Story

On aime
  • l'intrigue et ses multiples rebondissements
  • les nouveaux personnages
  • les effets spéciaux démentiels
  • le côté plus mature du film.
On n’aime pas
  • quelques scènes trop prévisibles
  • pas de surprise à la toute fin du film.
Verdict :

Les puristes argueront que le film ne peut rivaliser à lui-seul avec la trilogie originelle. Mais ce n’est pas son but, et il parvient haut la main à faire la liason entre les Episodes III et IV, tout en fonctionnant de manière totalement autonome. On passe un excellent moment. De quoi faire de ce film une oeuvre culte, tant chez les fans purs et durs, que chez le grand public. Dommange qu’aucun espoir de revoir tous ces personnages ne soit permis. 2h14, ça passe finalement trop vite.

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Star Wars, c’est bien évidemment tout un univers de sabres laser, de Jedi, de Sith, de luttes parricides… Mais il y avait un aspect que Lucasfilm n’avait que très rarement évoqué jusqu’à présent : celui d‘un monde rempli de gens « normaux ». Ces mêmes individus qui ne sont pas capables de faire bouger des objets à distance ou qui ne sont pas doués pour manipuler un Faucon Millenium doté d’un système à hyperpropulsion de classe 0.5. Ces gens en question se retrouvent au cœur de l’intrigue de Rogue One et doivent s’unir (ou pas) pour contrecarrer les projets de l’Empire de créer une arme de destruction massive : l’Étoile de la Mort.

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5 raisons d’aller voir (ou pas) Rogue One A Star Wars Story

Alors que l’an passé tous les regards étaient rivés sur l’Épisode VII de Star Wars, la sortie de Rogue One semble un peu plus confidentielle. Car ce nouvel opus n’est pas un film « classique » de la saga. Entendez par là qu’il ne fait partie d’aucune trilogie. Il s’agit d’une sorte de spin-off, un film intermédiaire qui vient s’intercaler entre les épisodes III et IV. Partant de là, on se dit que ce nouvel opus ne va pas apporter grand-chose à la saga et que, puisqu’on sait ce qui va se passer juste après, il ne devrait pas marquer les esprits du grand public et devrait ravir seulement les fans. Erreur : Rogue One A Star Wars Story a vraiment tout pour lui et pourrait bien devenir une œuvre culte à plus d’un titre. Allez, on se fait un petit passage en revue de ses nombreux points positifs et de son unique point négatif.

1 – Oui, parce que l’histoire tient vraiment debout et que le scénario réserve quelques (bonnes) surprises

L’histoire de Rogue One se déroule après La Revanche des Sith (épisode III) et juste avant La Guerre des Étoiles (épisode IV). Le film raconte comment les plans de l’Étoile de la Mort ont atterri entre les mains des Rebelles. Jusque là, rien de neuf à l’horizon, sauf que l’histoire est bien moins manichéenne et attendue que les autres épisodes de la saga. Le film, avec ses enjeux sociologiques et politiques, est plus mature que l’Épisode VII. Et puis, il faut bien l’avouer : Le Réveil de la Force sorti l’année dernière nous avait laissé un arrière-goût de déjà-vu. Comment ne pas penser à La Guerre des Étoiles en voyant certaines scènes, copies conformes du film de 1977 ? Ce n’est pas le cas de Rogue One. Le film reste dans la lignée Star Wars, tout en réussissant le pari de nous apporter du sang neuf. Et il fonctionne à la fois de manière totalement autonome (pas la peine d’être accroc à la saga pour le comprendre), tout en expliquant ce qui se passe un peu avant l’Épisode IV. Un joli tour de force de la part de son réalisateur Gareth Edwards et surtout de ses deux scénaristes que sont John Knoll (un grand fan de la saga) et Gary Whitta.

2 – Oui, parce que les nouveaux personnages sont tous très bons

Si au détour de quelques scènes on retrouve quelques têtes bien connues, on fait surtout connaissance avec de nouveaux personnages, à commencer par la jeune Jyn Erso (interprétée par Felicity Jones, que l’on a pu voir dans Une Merveilleuse Histoire du Temps et Inferno). L’actrice tient sur ses épaules toute l’intrigue du film et s’en sort remarquablement bien. Certains crieront peut-être au scandale, mais son personnage se révèle plus attachant que celui de Ray de l’Épisode VII.
La jeune femme connaît un certain Saw Gerrera (Forest Whitaker), un ancien Rebelle, dont les méthodes sont jugées trop extrêmes par la Rébellion. Elle est chargée de le retrouver et de découvrir par la même occasion où se cache son père, soupçonné d’être l’architecte de l’Étoile de la Mort. Jyn Erso est secondée d’un agent nommé Cassian Andor (interprété par Diego Luna), chargé par la Rébellion d’accomplir les sales missions, et de personnages comme le moine aveugle Chirrut Îmwe (Donnie Yen), le soldat Baze Malbus (Jiang Wen) ou le pilote Bodhi Rook (Riz Ahmed).
Tout ce petit monde de gens ordinaires apporte un souffle nouveau à la saga. Et les personnages sont diablement attachants, avec leurs exactions pour certains, leurs doutes et leurs faiblesses. Malgré leur courage, ils sont tout simplement humains, et c’est probablement pour ça qu’on les apprécie tous autant qu’ils sont.

3 – Oui, parce que ça décape sévère et que c’est du grand spectacle

Absolument magnifiques : voilà les deux termes qui viennent à l’esprit quand on voit les combats spatiaux, mais également les nombreuses destructions (on ne vous en dévoile pas plus !) qui émaillent le film. Les effets spéciaux sont maîtrisés à la perfection, notamment tous ceux utilisés sur (et autour de) la planète Scarif. C’est un spectacle étonnant et étourdissant qu’il nous est donné de voir, et ce nouvel opus n’a rien à envier à ses prédécesseurs. Il pourrait facilement leur faire la leçon, tant le travail sur la photographie et la lumière est cuisiné aux petits oignons.
Autre point positif : on ne s’ennuie pas un seul instant, même quand il n’y a pas de scène tonitruante à l’écran. Le film réussit à nous captiver, alors même que son histoire nous est plus connue du début à la fin.

4 – Oui, parce que c’est un très bon Star Wars et qu’il reste fidèle à l’univers

On sent bien dès le début du film que le réalisateur de Rogue One a bénéficié d’un peu plus de latitude de la part de Lucasfilm que ses prédécesseurs. Pas de générique avec de grosses lettres jaunes qui défilent dans l’univers, un flashback 15 ans en arrière (du jamais-vu dans un Star Wars), des personnages ni trop blancs, ni trop noirs… Voilà un film qui ferait presque « tache » dans la saga si tout n’était pas contrôlé au millimètre près. Les quelques personnages que l’on connaît déjà sont fidèles à leur version originelle (le costume de Dark Vador, à quelques petits détails près et assumés, est une reproduction exacte du modèle de 1977), tout comme les croiseurs interstellaires, les troopers, les chasseurs Tie, etc. Bref, l’univers Star Wars tel qu’il nous a été dévoilé il y a 40 ans n’a pas été dénaturé, et c’est tant mieux.
Dernier point important : si le film peut se regarder comme un prologue de l’Épisode IV, il peut aussi pleinement se voir en stand-alone. Nul besoin d’être aguerri à l’univers pour l’apprécier, et c’est là toute sa force.

5 – Non, parce qu’on sait comment ça se termine et qu’on le regrette déjà

C’est peut-être l’unique point qui va alimenter les discussions des fans et des moins fans : quel intérêt le film représente-t-il dans la saga ? Même s’il livre bon nombre de détails sur la construction de l’Étoile de la Mort et sur le vol de ses plans par la Rébellion, il n’apporte finalement pas grand-chose à l’écheveau général de la saga. D’autant plus qu’on sait pertinemment comment le film se termine, puisque La Guerre des Étoiles reprend l’histoire une dizaine de minutes après la fin de Rogue One. Le film et ses personnages sont finalement très éphémères, un phénomène dont on n’avait pas l’habitude avec l’univers Star Wars. Du coup, on se met à espérer sans vraiment y croire, que l’on reverra un jour tous ces protagonistes, que l’histoire se prolongera peut-être dans quelques années… Mais non, c’est tout bonnement impossible. Dommage.

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