Facebook : les règles de modération enfin dévoilées par le Guardian

[MàJ 13h16] Suite à la rédaction de cet article, Facebook nous a contactés à propos de ses mesures de modération. Le réseau social assure « travailler sans relâche pour que Facebook soit le plus sûr possible, tout en garantissant la liberté d’expression » et va prochainement ajouter 3000 modérateurs supplémentaires à son équipe de 4500 personnes. « Nous allons simplifier le signalement des problèmes, accélérer la réponse de nos équipes sur les publications qui ne respectent pas nos standards et faciliter le contact avec les autorités si quelqu’un a besoin d’aide », détaille Monika Bickert, responsable du règlement de Facebook.

[Article original 12h00] Ce dimanche, le quotidien britannique The Gardian a publié de nombreux documents, baptisés Facebook Files, au sujet du réseau social. On y apprend notamment quelles sont les règles internes au sein du réseau social concernant la modération des contenus.

Ces dernières années, la modération est devenue l’un des principaux sujets au sein des réseaux sociaux, qu’il s’agisse de Twitter ou de Facebook. Souvent opaques, les règles existent pourtant pour savoir si un contenu, une vidéo, une page, un profil ou une photo doit être supprimé de la plateforme ou si elle peut rester. Le quotidien britannique The Guardian a pu mettre la main sur les règles appliquées du côté de Facebook, mise en œuvre par des « milliers » de modérateurs à travers le monde comme l’indiquait Mark Zuckerberg lors de la dernière conférence F8.

Parmi les documents mis en avant par The Gardian, on peut notamment relever celui concernant les menaces de violence qui peuvent rester sur le site si elles sont « conditionnelles » comme « Si tu n’arrêtes pas de dire des saloperies, je vais te couper la langue ». Il en va de même pour les appels à la violence qui sont quasiment toujours conservés sur Facebook. « Des termes comme ‘Je vais te tuer’ ou ‘Va te faire foutre et crève’ ne sont pas crédibles et ne sont qu’une expression violente de frustration et d’aversion », affirme le réseau social. Facebook fait cependant des exceptions, notamment concernant le président américain, pour lequel tous les appels aux meurtres sont modérés. Il en va de même pour les appels au meurtre qui paraissent plus crédibles par leur discours comme : « Poignardez et devenez la peur des sionistes ».

Une intransigeance sur la nudité

Concernant les photos ou les vidéos, les documents publiés par le Guardian confirment la tendance de Facebook à supprimer toute trace de nudité, avec quelques exceptions, notamment pour les photos historiques concernant les camps de concentration. Par ailleurs, Facebook définit les règles tenant au revenge porn et notamment l’absence de consentement de la personne sur l’image. Pour cela, les modérateurs doivent se baser sur la légende, les commentaires ou la page du titre ou, en l’absence de ceux-ci, sur la couverture médiatique si elle existe. A défaut, l’image ne sera alors pas considérée comme du revenge porn.  

Enfin, concernant les images de violence, les règles de Facebook semblent pour le moins complexes puisque le réseau social ne supprimera les photos et vidéos violentes que si cette violence est exprimée dans un cadre sadique. « Les vidéos de morts violentes sont dérangeantes, mais peuvent créer une prise de conscience », explique le réseau social. Il en va de même pour les vidéos en direct d’automutilation ou de suicide, que Facebook ne souhaite pas modérer : « Nous voulons aider et soutenir les gens qui souffrent […]. Nous voulons que ces personnes aient du soutien en ligne et hors-ligne ». Cependant, après le passage à l’acte, le réseau social supprimera le contenu, puisqu’il « sera trop tard pour aider la personne ».