[Test] Smartphone : faut-il craquer pour le Sony Xperia XZ Premium ?

7/10

Sony Xperia XZ Premium

On aime
  • Smartphone rapide et fluide
  • Excellentes capacités photo et vidéo
  • Bonne autonomie
On n’aime pas
  • Design vieillot
  • Prix trop élevé
  • Mode ralenti inutile
Verdict :

À l’heure où Samsung et LG proposent des smartphones avec des design originaux et d’excellentes caractéristiques, le Xperia XZ Premium semble sorti d’un autre temps. S’il affiche en effet d’excellentes performances, le design du smartphone le pénalise clairement face à la concurrence. Pour seulement 10 euros de plus, on se tournera clairement vers le Galaxy S8 de Samsung.

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5 raisons de craquer (ou pas) pour le Sony Xperia XZ Premium

Après un Xperia X Premium annoncé l’an dernier, mais qui n’est jamais sorti en France, Sony va finalement commercialiser son successeur, le Xperia XZ Premium. Présenté lors du Mobile World Congress, ce smartphone affiche des caractéristiques pour le moins impressionnantes, avec son processeur Snapdragon 835 et son écran 4K. Mais à l’heure du Samsung Galaxy S8 et du LG G6, le nouveau smartphone de Sony tient-il la comparaison ? Pour le savoir, la rédaction de Tom’s Guide l’a testé pour vous.

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Non, parce que son design est trop classique

À l’heure où Samsung et même LG sortent des smartphones hauts de gamme avec un design particulièrement innovant et des écrans qui occupent une très grande place de l’appareil, Sony reste comme figé dans le temps. C’est bien simple, depuis 2013 et la sortie du Xperia Z1, on a l’impression que le constructeur n’a quasiment pas innové en termes de design. On retrouve la même forme avec ses rebords arrondis sur les côtés et son écran qui paraît minuscule au milieu du smartphone. Il n’occupe en effet que 68,4 % de la surface de l’appareil, soit à peine plus que les 65,6 % de l’iPhone 7, pourtant doté d’un bouton physique sous l’écran. À titre de comparaison, ce ratio entre la taille de l’écran et celle du smartphone est de 78,6 % pour le LG G6 et atteint même les 83,6 % pour le Galaxy S8, pourtant vendu seulement 10 euros de plus que le Xperia XZ Premium.

De gauche à droite, le Sony Xperia XZ Premium, le Samsung Galaxy S8, le LG G6 et l’iPhone 7

De gauche à droite, le Xperia Z1 (2013), le Xperia Z5 (2015) et le Xperia XZ Premium (2017)

Le capteur d’empreintes du Xperia XZ PremiumCependant, si le design fait particulièrement daté, la prise en main du smartphone de Sony reste agréable. Sur la tranche supérieure on retrouve une prise jack 3,5 mm pour l’audio quand en dessous se situe la prise USB-C pour l’alimenter. C’est à gauche que l’on retrouve une trappe qui se retire entièrement pour ouvrir l’accès aux slots de cartes microSD et SIM. Contrairement à la plupart des constructeurs, Sony n’a cependant pas opté pour une ouverture à l’aide d’une épingle, mais pour un système qui s’ouvre au doigt et qui semble particulièrement fragile. Enfin, à droite se situent les touches de volume ainsi que le bouton d’ouverture de l’appareil photo et celui de mise sous tension.

On notera que c’est également au niveau de la touche de mise sous tension que se situe le lecteur d’empreintes digitales. Un choix original et particulièrement bien pensé à l’heure où la plupart des concurrents les placent sous l’écran ou au dos. L’accès est particulièrement simple et on s’habitue très vite à conserver son pouce sur le bouton après avoir allumé l’écran pour le déverrouiller.

Le slot microSD du Xperia XZ Premium semble particulièrement fragile

Oui, parce qu’il est rapide

Le Xperia XZ Premium est l’un des premiers smartphones en Europe à être équipé du nouveau processeur Snapdragon 835, la puce de dernière génération de Qualcomm, concurrente de l’Exynos 8895 de Samsung qui équipe le Galaxy S8. Gravée en 10 nm, cette puce permet, sur le papier, de faire tourner les jeux de manière plus fluide et de permettre une économie de ressources par rapport au précédent processeur haut de gamme de la marque, le Snapdragon 821, qui équipe le LG G6.

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Afin d’évaluer la puissance du Xperia XZ Premium face à ses concurrents, nous l’avons testé à l’aide de deux benchmarks. Le premier, Geekbench, permet d’évaluer la puissance de calcul du smartphone quand le second, 3DMark, permet de mesurer sa puissance graphique. Dans les deux cas, plus le score atteint est élevé, plus le smartphone sera fluide. Nous avons choisi de comparer le smartphone face à ses principaux concurrents, à savoir le Samsung Galaxy S8, l’iPhone 7 Plus, le LG G6, et le Huawei P10.


Geekbench 4 Multicore3DMark
Sony Xperia XZ Premium6505
3600
Samsung Galaxy S8
6588
3318
iPhone 7 Plus
5418
3923
LG G6
4095
2111
Huawei P10
6137
2032

On le voit, le Xperia XZ Premium peut se frotter aux smartphones les plus puissants puisque son score sur Geekbench n’est dépassé que par le Galaxy S8 quand sur 3DMark, seul l’iPhone 7 Plus fait mieux.

À l’usage, il va sans dire que le Xperia XZ Premium ne souffre d’aucun ralentissement grâce au Snapdragon 835 et à ses 4 Go de mémoire vive. Il parvient être particulièrement fluide même dans les jeux les plus gourmands en ressources graphiques.

Non, parce que son écran en fait trop

Avec son Xperia XZ Premium, Sony est le premier constructeur à proposer un smartphone doté d’un écran à la fois HDR et 4K. En termes de caractéristiques, c’est effectivement impressionnant. Cependant, à l’usage, c’est bel et bien inutile.

Il suffit, pour le comprendre, de procéder à un simple calcul. La définition affichée sur l’écran du Xperia XZ Premium est de 3840 pixels de haut pour 2160 pixels de large, avec une diagonale de 5,46 pouces. On a donc affaire à un smartphone doté d’une résolution de 807 pixels par pouce (ppp). À titre de comparaison, le Samsung Galaxy S8 peut afficher jusqu’à 570 pixels par pouce quand l’iPhone 7 monte à 326 pixels par pouce. Bien moins que le Xperia XZ Premium donc, et il y a une raison toute simple.

À une distance classique d’une vingtaine de centimètres entre l’écran et les yeux, il est impossible pour l’œil humain de faire la différence entre deux pixels avec une résolution supérieure à 409 pixels par pouce. Et cela, quelle que soit l’acuité visuelle de la personne. Dès lors, avec son écran 4K de 5,46 pouces, le Xperia XZ Premium de Sony ne fait que jeter de la poudre aux yeux sans cependant que cette définition soit vraiment utile sinon pour augmenter le tarif du smartphone.

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Quant à la partie HDR de l’écran, le Xperia XZ Premium souffre des mêmes lacunes que le LG G6, par exemple. Pour l’instant, très peu de services proposent des versions compatibles HDR de leurs applications. Ainsi, si YouTube ou Netflix proposent bel et bien des contenus HDR sur ordinateur ou sur téléviseurs, ce n’est pas le cas de leurs applications Android. Dès lors, du moins pour l’instant, les utilisateurs seront réduits à stocker des vidéos HDR dans la mémoire interne de leur smartphone pour les regarder ultérieurement. On imagine cependant que les plateformes de vidéo en ligne proposeront bientôt une compatibilité avec le XZ Premium, ce qui est déjà le cas pour Amazon Prime Video (American Gods, The Man in the High Castle).

Oui et non pour son mode vidéo ralenti

C’est l’un des principaux arguments avancés par Sony pour la promotion de Sony Xperia XZ Premium. Le smartphone dispose d’un mode vidéo ralenti permettant de capturer des séquences à 960 images par seconde.

Celui-ci s’utilise très simplement à l’aide du mode vidéo de l’application photo. Il suffit ainsi d’appuyer, au moment voulu, sur le bouton ralenti, situé en haut du bouton d’enregistrement, pour que le mode vidéo ne capture plus à 30 images, mais à 960 images par seconde. La vidéo est alors ralentie 32 fois, ce qui permet de distinguer tous les détails d’une séquence.

Dans les faits, le mode est très convaincant. On aura cependant du mal à lui trouver un usage autre qu’artistique ou dans le cadre d’activités sportives. On notera par ailleurs que le mode ralenti ne capte qu’un très court instant et ne permet pas de monter la vidéo a posteriori pour sélectionner la partie à ralentir. Dès lors, ce mode à 960 images par seconde fonctionnera bien davantage sur une séquence en continu que sur un instant précis.

Par ailleurs, le mode ralenti n’est pas sans altérer le reste de la vidéo. Plutôt que la Full HD permise par le capteur photo du Xperia XZ Premium, les séquences vidéo ralenties sont filmées en 720p. Il en va de même pour la stabilisation d’image, pourtant très performante en mode normal, qui disparaît avec le mode à 960 images par seconde. Enfin, ces séquences ralenties seront surtout efficaces avec une bonne luminosité et s’avèrent particulièrement peu optimisées lorsqu’il fait un peu sombre, avec beaucoup de bruit numérique.

Oui pour son interface intuitive

Alors que de nombreux constructeurs de smartphones décident de modifier en grande partie l’interface Android, Sony a pris une approche différente avec des menus et des icônes très proches de ce que l’on peut découvrir sur un appareil Nexus de Google.

Ainsi, l’écran d’accueil reprend la même présentation qu’un Nexus 6P ou un Nexus 5X. On retrouve des icônes identiques avec des rangées de quatre applications, un dock en bas de l’écran avec quatre applications à retrouver à tout moment ainsi que le bouton du lanceur d’applications. Plus encore, sur le Xperia XZ Premium, Sony est allé jusqu’à installer d’office le lanceur Google Now. Ainsi, il suffit de glisser son doigt vers la droite pour voir apparaître, à gauche de l’écran d’accueil, un écran Google Now. Celui-ci va vous afficher les dernières actualités susceptibles de vous intéresser, la météo ou les derniers résultats de votre club de foot favori.

Cependant, Sony a également enrichi cette interface avec quelques ajouts subtils, mais bien pratiques. Comme sur iPhone, les applications peuvent ainsi afficher, sur leurs icônes, le nombre de notifications. C’est notamment le cas de l’application Messages avec le nombre de SMS non lus, ou de l’application Facebook, avec le nombre de notifications en attente. Une fonction qui n’est toujours pas supportée nativement par Android, mais devrait arriver cet automne avec la sortie d’Android O. Par ailleurs, le lanceur d’application se veut lui aussi assez pratique avec la possibilité de voir les applications recommandées à installer depuis le Play Store de Google.