Facebook : une « merde qui détruit le tissu social », selon son ex-cadre

Critiqué depuis plusieurs mois pour son modèle et son impact sur la société, Facebook ne pipait mot jusqu’alors. Ce sont les propos d’un de ses anciens cadres, Chamath Palihapitiya, qui l’ont fait sortir de son mutisme. S’exprimant devant le public de la Stanford Graduate School of Business, l’ancien vice-président en charge de la croissance explique dans des propos rapportés par The Verge que « nous avons créé des outils qui détruisent le tissu social […] Nous menons nos vies autour de cette prétendue perfection, qui nous récompense avec des signaux à court terme : des cœurs, des like, des pouces levés […] Des boucles fonctionnant sur la dopamine […] Sans vous en rendre compte, vous êtes programmés ».

Il mesure son propos en ajoutant que Facebook génère « majoritairement du bien dans le monde », mais cela ne l’empêche pas  d’utiliser au minimum « cette merde » et surtout d’en tenir éloignés ses enfants. Aujourd’hui, il ressent une « grande culpabilité » pour avoir participé à l’essor du réseau social.

Chamath Palihapitiya / Stanford Graduate School of Business

Une confession que Facebook ne balaye pas d’un revers de la main, mais préfère nuancer par l’intermédiaire d’un porte-parole cité par The Verge : « Chamath ne travaille plus pour Facebook depuis plus de six ans […] À son époque, Facebook était une entreprise très différente, et, depuis notre essor, nous avons réalisé que nos responsabilités s’accentuaient également […] Nous avons beaucoup travaillé et mené des études à l’aide d’experts et d’universitaires pour comprendre l’impact de notre service sur le bien-être ».

Mais voilà, Chamath Palihapitiya n’est pas le seul à se plaindre de l’influence de Facebook. En novembre dernier, c’est l’ancien président de Facebook, Sean Parker, qui la pointait du doigt lors d’une interview accordée à Axios. « Dieu seul sait ce qu’ils font aux cerveaux de nos enfants », disait-il alors en ajoutant que les réseaux sociaux utilisaient les failles psychologiques pour maximiser leur impact. « Les inventeurs et créateurs – moi, Mark [Zuckerberg], Kevin Systrom sur Instagram, tous ces gens – l’ont très bien compris. Et l’ont fait quand même, en connaissance de cause. »

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