Kaspersky cherche une solution pour être distribué aux USA

En invoquant les préoccupations croissantes des fonctionnaires américains sur la possibilité que le logiciel russe puisse permettre l’espionnage des services gouvernementaux et menacer la sécurité nationale, le Department of Homeland Security (DHS) des États-Unis a publié une directive ordonnant aux agences gouvernementales civiles de retirer le logiciel Kaspersky de leurs réseaux dans un délai de 90 jours, au mois de septembre dernier.

En réponse aux accusations portées contre elle, la société spécialisée dans le développement d’outils de sécurité informatique (antivirus, antispyware, anti-spam…), Kaspersky Lab, a nié publiquement ses prétendus « liens avec le gouvernement russe », en ajoutant qu’elle « n’aiderait jamais un gouvernement à faire du cyberespionnage ».

Un manque à gagner considérable

D’ailleurs, la saisie d’une cour fédérale pour faire annuler la directive s’inscrit dans la campagne menée par Kaspersky pour que les dommages qu’elle subit actuellement suite à cette décision soient réparés. Dans une lettre ouverte adressée à la DHS,  Eugene Kaspersky, fondateur de la société basée à Moscou dénonce ce qui est, selon lui, un abus de la part de l’agence Homeland Security : « le DHS a nui à la réputation de Kaspersky Lab et à ses activités commerciales sans aucune preuve d’actes répréhensibles de la part de l’entreprise ».

En octobre dernier, l’entreprise moscovite s’est dite prête à soumettre le code source de son logiciel ainsi que les futures mises à jour pour inspection par des parties indépendantes. Suggestion que les fonctionnaires américains ont jugé insuffisante, quoique bienvenue. Ce qui a poussé Kaspersky à porter l’affaire devant les tribunaux. Dans la requête adressée à la cour, Kaspersky explique notamment que la directive a été adoptée sur base de reportages médiatiques non corroborés.

>>> Lire aussi Le Secrétaire d’État à la santé britannique fustige Facebook à propos de Messenger Kids

Et bien que la valeur des ventes de logiciels Kaspersky auprès du gouvernement américain ne représente que 0.03 % des ventes de sa filiale aux États-Unis (moins de 54 000 $), le préjudice subi est très important, car les ventes grand public ont beaucoup souffert des allégations contre la marque, amenant certains détaillants comme Best Buy Co à retirer les produits de Kaspersky de son catalogue.