Les lézards au sang vert laissent les scientifiques sans réponse

Une étude publiée dans le journal Science Advances cherche à découvrir l’origine du sang vert chez une espèce singulière de lézards de Nouvelle-Guinée, les scinques de Prasinohaema.

Le sang vert n’est pas seulement un mythe qui alimente l’imaginaire des auteurs de science-fiction puisqu’il coule dans les veines de sauriens de Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Océanie, appelés scinques de Prasinohaema. Un phénomène très rare, mais réel qui a poussé les scientifiques à vouloir en savoir plus. Et les premières investigations ont soulevé plus de questions qu’elles n’ont apporté de réponses.

« Quarante fois la dose létale de biliverdine pour un humain »

Christopher Austin, biologiste à l’université de Louisiane, explique que la coloration verte du sang des scinques de Prasinohaema peut être attribuée à la biliverdine, un pigment biliaire toxique également présent dans le sang humain, mais en quantité infime. Elle est responsable de la teinte verdâtre qui se forme autour des contusions lorsque nous nous blessons.

Les scientifiques s’interrogent toutefois sur le métabolisme particulier de ces sauriens de Nouvelle-Guinée sachant qu’une trop grande quantité de biliverdine dans le sang et les tissus provoque chez l’homme un ictère, c’est-à-dire une maladie causant un dysfonctionnement hépatique et un jaunissement de la peau.

« En plus d’avoir la plus forte concentration de biliverdine enregistrée pour n’importe quel animal, ces lézards ont en quelque sorte développé une résistance à la toxicité des pigments biliaires », s’étonne Zachary Rodriguez, co-auteur de la publication parue dans la revue Science Advances. « Comprendre les changements physiologiques sous-jacents qui ont permis à ces lézards de rester sans ictère peut se traduire par des approches non traditionnelles à des problèmes de santé spécifiques », poursuit-il.

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Les scientifiques estiment en effet que la quantité de biliverdine dans le sang des scinques représente jusqu’à quarante fois la dose létale pour un humain et il est donc primordial de s’interroger pourquoi et comment le sang de ces lézards ont ainsi évolué. S’ils n’ont pas encore trouvé la réponse, les biologistes comptent bien percer le mystère de ces lézards à sang vert, en examinant prochainement comment le sang des scinques réagit à divers parasites communs de la région.

Il est en effet probable que  les scinques de Prasinohaema aient été contraintes d’évoluer afin de survivre à certaines infections parasitaires.