Liseuses grand écran : Tea Ink Pad 3 contre Kobo Aura One

Avoir un écran de 7,8 pouces (alors que le format standard pour les liseuses à 130 euros est de 6 pouces), représente un vrai confort de lecture et on a vite fait d’y prendre goût, au point même que le retour en arrière s’avère parfois difficile. Sur ce créneau 2 modèles s’affrontent : la déjà ancienne Kobo Aura One (sortie en septembre 2016) et la toute nouvelle tea InkPad 3. Sur le papier peu de choses semblent les séparer. Pourtant quand on y regarde de plus près les différences sont bien là.


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L’écran

Les 2 modèles intègrent un écran de 7,8 pouces (environ 19,5 cm de diagonale) et annoncent une résolution de 300 ppp, soit ce qui se fait de mieux en matière de liseuse. Pour la tea InkPad 3 comme pour la Kobo Ara One, les polices sont parfaitement lissées, l’éclairage impeccable et la gestion de la lumière bleue intégré. Sur ce dernier critère, lorsque les curseurs sont poussés à fond, la Kobo finit dans le rose alors que la tea reste dans les jaunes. Même si dans la pratique ce type de réglage n’est pas fait pour être utilisé à pleine intensité, les puristes disposeront d’un peu plus de possibilités sur la Kobo. De plus, cette dernière bénéficie d’un écran bord à bord particulièrement élégant. En revanche, la Kobo Aura One présente un défaut qui peut se révéler assez agaçant, le manque de réactivité fréquent du tactile. Ainsi, dans certains cas, il faudra s’acharner sur l’écran avant que sa commande soit prise en compte.

Verdict : léger avantage pour la Kobo Aura One malgré un tactile récalcitrant

Format

Au niveau du format les 2 modèles se valent et leurs caractéristiques sont extrêmement proches. Avec un poids de 200 g seulement, l’InkPad 3 est la plus légère des 2. La Kobo n’est cependant pas loin derrière avec seulement 30 g de plus. L’une comme l’autre assurent une bonne prise en main.

Signalons que le choix de cover pour ces 2 liseuses est assez limité. La Fnac propose un modèle de cover plutôt réussi pour l’Aura One mais pour lequel il faudra débourser 45 euros. Pour la tea un modèle de cover similaire est disponible pour 30 euros environ.

Verdict : Egalité

Interface

Il ne se passe plus grand-chose du côté des interfaces de liseuses qui ont toutes atteint un niveau tout à fait honorable. Pourtant Kobo avait réussi à innover en introduisant un petit raccourci bien pratique qui sera finalement repris et amélioré par tea : faire glisser son doigt sur le côté de l’écran de haut en bas (ou inversement) permet de modifier l’intensité lumineuse. Tea double donc la mise en proposant ce raccourci également pour le filtrage des rayons bleus sur l’autre côté de l’écran. Cela permet d’ajuster l’éclairage en cours de lecture sans avoir à ouvrir le moindre menu.

Petite nouveauté chez Kobo, la possibilité de tourner les pages rapidement par simple pression sur les coins inférieurs de l’écran, ce qui peut s’avérer utile si on cherche à retrouver un passage en particulier.

Signalons que lors du test intial de la Kobo, on lui reprochait des traductions pour le moins hasardeuses. Ce n’est plus le cas et une mise à jour de l’Aura One, nous a permis de constater que les textes étaient à présent nettement plus cohérents.

La plus grande différence entre ces 2 modèles repose sur la présence de touches physiques pour la tea. Situées en partie basse, elles permettent de tourner les pages et d’accéder aux principaux menus. Selon la situation (on ne tient pas une liseuse de la même façon dans le métro ou dans son lit), on sera libre de choisir entre touches et tactile. Et c’est au final un vrai plus.

Réveil intempestif : 
La Ink Pad 3 ne comporte pas vraiment de bugs, si ce n’est la fâcheuse manie de se rallumer 10 minutes après avoir été éteinte. Dans l’hypothèse où vous souhaitiez lire avant de vous endormir et que vous aviez activé la lumière de votre liseuse, il vaut mieux la poser face cachée si vous ne voulez pas être sorti de votre premier sommeil par un éclairage intempestif.

Avantage : tea InkPad 3

Gestion des différents formats

Pour tout ce qui est lecture des formats Word, txt, pdf… les 2 liseuses affichent globalement le même comportement. Elles s’en tirent plutôt bien pour ce qui est des PDF, rft et autre format doc. En revanche, l’une comme l’autre n’ont pas réglé le problème des accents lorsqu’il s’agit de fichiers au format txt.

Sur des livres gratuits libres de droits récupérés sur le Net, Kobo s’en tire nettement moins bien avec des bugs sur l’affichage des polices de caractères (impossible d’enlever le gras ou intégralité du livre en italique).

On a trouvé aussi quelques bugs sur la Tea mais nettement moins. C’est souvent lorsqu’il s’agit de texte avec des enrichissements particuliers que l’affichage s’avère imparfait.

Signalons que les BD et les Manga peuvent être lus sur les 2. Mais si c’est envisageable pour les Manga en noir et blanc, en revanche ce n’est vraiment pas concluant pour les BD : il faut passer son temps à agrandir pour pouvoir lire les textes et les couleurs forcément ne sont pas au rendez-vous. Les liseuses ne sont pas vraiment faites pour ça. 

Verdict : avantage tea InkPad 3


Acheter des livres

Lorsque l’on effectue un achat sur une librairie en ligne, 2 possibilités s’offrent à vous :

  • acheter directement depuis la liseuse (à condition d’avoir créé son compte au préalable). Depuis la Kobo vous serez automatiquement dirigé vers la boutique Kobo et depuis le tea c’est vers Cultura (boutique utilisée lors de notre test) ou Decitre, les principaux partenaires de tea que vous serez redirigé. Le mode de fonctionnement est similaire dans les 2 cas mais si vous ne savez pas exactement ce que vous cherchez, il peut être un peu fastidieux de naviguer depuis une liseuse. L’expérience reste néanmoins beaucoup plus agréable sur la Kobo, la présentation plus aérée et la navigation mieux conçue.
  • télécharger le fichier acheté depuis son ordinateur et le transférer sur la liseuse. Dès lors que vous utilisez les boutiques officielles, l’opération reste assez simple et la synchronisation avec votre équipement s’effectue sans problème. En revanche, si vous souhaitez acheter vos livres sur une autre boutique que celle associée à votre appareil, il faudra dans le cas de Kobo, utiliser le logiciel Adobe Digital Editions qui gère les protections drm. En revanche, Pas besoin de logiciel avec la Tea, un simple glisser-déposer suffit d’où que vienne le fichier.

Verdict : égalité. Kobo offre l’avantage d’une librairie intégrée. Tea pourra être préférée pour sa gestion plus souple des DRM

Les applications

Pouvoir retrouver ses livres sur son smartphone peut s’avérer très utile. Du côté de Kobo, nous n’avons rencontré aucune difficulté, tous les livres sont là et vous vous trouvez pile à la page où vous aviez interrompu votre lecture.

Pour le tea nous avons utilisé l’appli Cultura et si nous avons trouvé les livres présents sur notre compte, il a fallu ajouter un marque-page pour se retrouver à l’endroit exact où nous avions interrompu notre lecture. Ce qui avouons-le n’est pas un énorme effort à fournir.

Verdict : égalité

Les spécificités

L’étanchéité : Sur ce chapitre le verdict est facile à rendre car seule la Kobo possède cette caractéristique. Il faut préciser que tous les appareils annoncés comme étanches ne le sont en général qu’à l’eau douce. Kobo nous ayant garanti que la Kobo Aura One résistait même à l’eau de mer, nous l’avons fait tomber quelques instants dans l’eau de l’Atlantique suivi d’un rinçage à l’eau douce dans les 5 minutes. Test concluant puisque la Kobo a redémarré sans encombre. Ceci dit, l’étanchéité n’est pas forcément un argument massue dans le cas des liseuses car ce ne sont pas des équipements fragiles et les occasions de les faire tomber dans l’eau ne sont pas si nombreuses.

Lecture vocale : En ce qui concerne la lecture vocale c’est à la Tea de disposer d’un avantage dans la mesure où la Kobo ne dispose pas de cette fonctionnalité. La tea est livrée avec un adaptateur microUSB/port jack 3,5 mm qui permet d’écouter au casque ses livres lus par une voix de synthèse. Mais personne n’a envie de lire des livres de cette façon, même s’il y a du progrès avec un son de plutôt de bonne qualité, le choix entre 2 voix (1 homme et 1 femme), une synthèse vocale assez efficace…

La voix retranscrira les noms et prénoms assez approximativement, les sigles seront épelés de façon lancinante… on est assez loin d’un audio books ou un narrateur tente de vous embarquer dans l’histoire.

Verdict : La Kobo Aura One comme la tea InkPad 3 sont 2 bonnes liseuses. Pas de risque majeur à choisir l’une plutôt que l’autre. Mais s’il faut trancher, notre préférence va vers le tea pour sa double navigation (tactile et touches physiques), un poids de 200g (30g de moins), une gestion des DRM un peu moins contraignante et un prix légèrement inférieur (30 euros de moins).