[Test] Konrow Must : que vaut le nouveau smartphone marseillais ?

Konrow, c’est une marque française, marseillaise pour être précis, un constructeur de smartphones et tablettes depuis 2014 qui tente de percer dans le paysage high-tech.

4/10

Konrow Must

199€ > Konrow
On aime
  • Autonomie dans la moyenne haute
  • Français (cocorico !)
On n’aime pas
  • Trop lourd/épais
  • Port USB-C propriétaire
  • Performances en retrait de la concurrence
  • Double capteur photo anecdotique
  • encoche trop grande
Verdict :

Avec le Must, le français Konrow voulait proposer un produit reprenant « tous les codes design mais également les fonctionnalités des Smartphones dernière génération, tout en restant à un prix accessible à tous ». Malheureusement, comme le View 2 avant lui, Xiaomi lui a coupé l’herbe sous le pied avec son Redmi Note 5, bien plus recommandable pour un tarif identique. Trop massif, pas assez puissant et avec un double capteur mal calibré, il ne peut pas rivaliser. Au final, le Must reste bon par son autonomie et son opiniâtreté à être une alternative française aux smartphones chinois bon marché.

plus

Difficile donc de ne pas la comparer à Wiko, son homologue de la cité phocéenne. D’ailleurs, il se pose en concurrent direct de la société de Laurent Dahan avec un leitmotiv très proche : « revenons à l’essentiel ».

Son smartphone dernier-né, c’est le Must, un appareil censé « répondre à un besoin simple : communiquer ». Il n’en oublie pas pour autant d’être à la page côté caractéristiques avec un double capteur arrière, un écran presque sans bords (et avec encoche !), le tout suivant une politique du prix juste : 199 €. C’est le prix du Wiko View 2, impossible donc de ne pas les comparer.

Récemment testé dans nos colonnes, ce dernier ne nous avait pas convaincus, le Must parvient-il à remonter le niveau marseillais ?

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Non, parce qu’il est trop lourd et trop épais

Un smartphone donne sa première impression dès sa prise en main. Là, Konrow parvient à être agréable avec un mobile qui tombe parfaitement sous les doigts. Pas de doute, il ne va pas glisser. En contrepartie, le Must affiche une épaisseur d’un autre temps : un centimètre. Cela apporte un certain confort de préhension, mais limite la compacité de l’appareil. D’autant plus que cet espace n’est pas vide et le poids se fait également ressentir. Avec 215 grammes sur la balance, on est loin des 153 grammes du View2 de Wiko ou même des 164 grammes du View2 Pro, seul des deux à être équipé d’un double capteur photo.

A gauche le Must, à droite le View 2À l’usage, ce poids est fatigant, on retrouve la même sensation qu’avec les premières tablettes, trop lourdes pour être tenues en main longtemps.

Pourtant, le design arrondi est réussi, aucun angle ne venant irriter la main. Idem pour le grand écran de 5,85 pouces au format 21:9. Il cède à la mode de l’encoche involontairement initiée par Apple. Konrow lui a d’ailleurs donné un petit nom : U-Screen. Néanmoins, on aurait apprécié qu’elle soit moins imposante sur le Must, celui-ci ne s’encombrant pas des capteurs de FaceID. Les matériaux utilisés matchent avec la gamme de prix : dos en plastique et contour en métal. La face avant est quant à elle protégée par un Gorilla Glass. Le minimum vital.

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Non, parce qu’il a un port USB-C propriétaire

C’est une chose assez peu commune. Et nous nous félicitons de ne pas avoir laissé le chargeur officiel de côté. En effet, c’est le seul à fonctionner avec le Must. Au format USB-C, son connecteur est plus long de quelques millimètres que n’importe quel autre câble USB-C. De facto, si l’on essaye d’en insérer un autre, il flottera inévitablement dans le port et ne se fixera pas.

En somme, il est impossible d’utiliser le Must avec un autre câble que celui fourni dans sa boîte, ou un autre de Konrow peut-être. Un aspect totalement ridicule qui condamne l’utilisateur à se promener en permanence avec son câble sous peine de ne pas pouvoir charger son smartphone, alors même que la généralisation de l’USB devait permettre de trouver un chargeur compatible n’importe où.

A gauche, le connecteur du Must, à droite celui d’un câble générique

Non, parce qu’il n’a pas un bon ratio performances/prix

Bien qu’un peu plus récent que le Wiko View 2, le Konrow Must ne fait pas mieux que son frère ennemi en termes de performances. Équipé d’un processeur Mediatek MTK6750T, un octocore cadencé à 1,5 GHz, il récolte 2751 point sur Geekbench et 55758 points sur Antutu, des résultats pour l’un plus haut que le View 2, mais pour l’autre bien en dessous. À cela il faut ajouter la partie graphique. Testée avec 3Dbenchmark, elle ne retourne que 244 points contre 329 points sur le View 2.

Et le constat est amer puisque le View 2 ne nous avait déjà pas convaincu par ses performances mises hors circuit par le Redmi Note 5 de Xiaomi vendu au même tarif. Aucune raison qu’il en soit différent avec le Must.

À l’usage, pourtant, l’appareil réagit plutôt bien. Il peut être manipulé sans ralentissement (avec un système neuf). Bien évidemment, les jeux ne sont pas son fort. Les graphismes d’Asphalt Xtreme sont fortement dégradés, mais le jeu demeure fluide. Au contraire, si PUBG Mobile est aussi réglé en détails faibles, il accuse quelques ralentissements difficilement pardonnables dans un jeu compétitif.

Pour 200 €, on préfère toujours le Redmi Note 5 et son Snapdragon 636 bien plus véloce, et ce, bien que Konrow applique une remise de 10 % sur le Must (jusqu’au 12 juillet).

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Oui et non, pour son double capteur

Contrairement au View 2, le Must est équipé d’un double capteur photo. Une caractéristique que Wiko a réservée à son View 2 Pro, vendu 100 € plus cher.

Konrow aurait-il eu une vraie bonne idée ? Malheureusement non. Ce double capteur arrière ne sert qu’à créer un effet bokeh. Aucun des deux capteurs (13 et 2 Mpx) ne propose de grand-angle ou de zoom. Cela passerait encore si l’effet de flou était bien rendu. Ce n’est pas le cas. Sur notre photo test, on peut voir que le bokeh touche l’ensemble de l’image, excepté le sujet sur lequel a été effectuée la mise au point. Faute puisqu’il devrait simplement brouiller l’arrière-plan. En outre, le détourage est assez grossier.

En photo classique, le Must se débrouille beaucoup mieux, pour peu que la mise au point soit bien faite pour éviter de griller la scène. Les couleurs sont chaudes, mais plutôt justes et le niveau de détail est satisfaisant pour ce tarif.

Ça se complique en basse luminosité. Là, le bruit fait rapidement son apparition et empêche tout bon cliché sans flash. Ajoutons que, quel que soit le mode choisi, l’affichage souffre d’une grande latence.

Oui, pour son autonomie

Ce devait être le point fort du Must : son autonomie. Avec une batterie de 4000 mAh, il a de quoi tenir. Pourtant, sur le banc de test, il récolte un score moyen : 2517 points sur Geekbench, soit un tout petit peu mieux que le Wiko View 2 et ses 3000 mAh. Néanmoins, ce résultat se transforme en près de deux jours d’utilisation en pratique (mail, surf, streaming, appels, SMS). En somme, on s’attendait à mieux, mais il fait tout à fait l’affaire.