Drone : faut-il craquer pour le Mavic 2 Pro de DJI ?

9/10

DJI Mavic 2 Pro

1449€ > CDiscount
On aime
  • La compacité et le poids plume
  • Les fonctions automatisées
  • Les outils de détection des obstacles
  • Le faible volume sonore en vol
  • L’autonomie
  • La portée du retour vidéo
On n’aime pas
  • Le poids de 900 grammes
  • Les images parfois déformées en fish-eye
  • Le prix
Verdict :

Le Mavic 2 Pro profite de l’expérience de DJI et ses nombreux modèles. Il est équipé des dernières technologies en date pour assurer la stabilité du vol, et brille avec ses capteurs d’obstacles, à tel point qu’on peut le laisser suivre une personne ou une voiture en sous-bois. Il se débrouille pour rester en vol en évitant les embûches. Son contrôleur de vol permet d’automatiser des séquences vidéo, qui seraient particulièrement difficiles à réaliser manuellement, notamment en prenant en charge le focus de la caméra sur une cible. La caméra, justement, fruit d’une collaboration entre DJI et Hasselblad, produit de belles photos et vidéos, d’une qualité tout à fait suffisante pour les amateurs en laissant les réglages sur un très pratique mode automatique. Les passionnés plus exigeants peuvent débrayer ce mode pour régler eux-mêmes l’exposition, la valeur ISO, l’ouverture, la profondeur de champ. Evidemment, il ne faut pas en attendre la qualité d’un appareil reflex ou d’une caméra professionnelle. La finition de l’appareil rassure, et son mécanisme de dépliage permet d’envisager de le glisser dans un sac à dos pour partir en balade, d’autant que sa radiocommande est minuscule. Mais attention, l’ensemble pèse 1,2 kilo, tout de même, plus avec des batteries additionnelles. L’autonomie, avec une batterie est de 25 minutes, parfois un peu plus selon la manière de voler. Le retour vidéo est particulièrement stable, peu sensible aux interférences, fluide et agréable pour contrôler les prises de vues et être certain de les réussir. Le défaut principal du Mavic 2 Pro ? C’est son prix, vraiment élevé.

plus

Le Phantom de DJI, en 2012, avait rompu avec l’aspect paramilitaire des drones de l’époque, grâce à des lignes courbes et une livrée blanche. En 2016, c’était au tour du Mavic Pro de créer une rupture avec le marché : pliable, avec une radiocommande petit format, il a connu un énorme succès commercial, laissant peu de place à la concurrence. Aujourd’hui, la gamme Mavic 2 est sans doute moins surprenante, constituant surtout une évolution du Mavic Pro et se voit représentée par deux modèles : le Mavic 2 Zoom et le Mavic 2 Pro. Nous avons testé le ce dernier, équipé d’une caméra 4K un peu spéciale.

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Le constructeur chinois DJI a compris l’importance de l’image, puisque ses drones sont désormais des caméras et des appareils photo volants. Fait intéressant, il s’est récemment rapproché du spécialiste suédois de la photo, Hasselblad, une société créée en 1841 à qui l’on doit le matériel utilisé par les missions Apollo sur la Lune. La caméra du Mavic 2 Pro est la L1D-20C, un modèle spécialement développé conjointement par DJI et Hasselblad.

1 – Oui pour la détection et l’évitement des obstacles

Certains constructeurs comme Parrot font l’impasse sur les outils de détection des obstacles pour réduire les coûts. Ce n’est pas le choix de DJI, qui au contraire a suréquipé le Mavic 2 Pro en détecteurs. Il est doté d’une centrale IMU (Inertia Measurement Unit) qui mesure inclinaison et accélération, accompagnée d’un baromètre altimétrique pour la hauteur et d’un GPS doublé de Glonass pour la position satellite. La plupart de ces capteurs sont doublés pour assurer une redondance des mesures. On dénombre 2 caméras à l’avant, 2 caméras et un capteur infrarouge sous l’appareil renforcés par une double lampe LED, 2 caméras à l’arrière, et 1 caméra de chaque côté. Un impressionnant dispositif qui permet à l’appareil de réaliser une modélisation 3D de son environnement, de manière transparente pour le pilote. Cette débauche de technologie lui offre le moyen d’éviter les obstacles pendant les vols.

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Ça fonctionne ? Oui, les algorithmes sont particulièrement efficaces ! En vol normal, tous les détecteurs sont utilisés, mais pas ceux sur les côtés. Pour profiter de l’ensemble des capteurs, il faut passer en mode Trépied (à vitesse réduite) ou ActiveTrack 2.0 (le suivi d’objets). Le mode Sport, pour voler plus nerveusement, désactive en revanche totalement l’évitement des obstacles. L’appareil parvient à suivre une personne sous les arbres en évitant les branches. Impressionnant. Le mode APAS permet de piloter sans se préoccuper de l’environnement. Là aussi, ça fonctionne… presque trop bien ! Car le risque est de piloter de manière paresseuse, peu attentive. Pourtant la sentence, en cas de problème, est souvent définitive. Malgré l’efficacité de ses outils de détection, une petite branche fine, mais dure suffit à tromper le Mavic 2 Pro, et c’est un plongeon jusqu’au sol qui s’en suit.

2 – Oui pour ses fonctions automatisées

L’assistance en vol du Mavic 2 Pro le rend très simple à piloter : il est ultra stabilisé, même quand il y a des rafales de vent. Quand tout va mal, il suffit de lâcher les commandes. L’appareil se fige alors sur place. Si on ne sait plus trop comment revenir se poser, on peut le laisser pratiquer un retour automatique au point de décollage, ou à proximité de la radiocommande. C’est rassurant. Là encore, il faut être suffisamment prudent pour ne pas se laisser griser par la facilité d’emploi et en perdre sa vigilance.

Si vous n’êtes pas un pilote hors pair, vous pouvez tout de même réussir de belles séquences vidéo. Le Mavic 2 Pro permet en effet de réaliser des vols automatisés, comme un cercle autour d’une cible. C’est une manœuvre qui demande beaucoup de pratique pour être réalisée manuellement. En quelques clics à l’écran du logiciel DJI GO 4, la séquence de vol est lancée. Le Mavic 2 Pro excelle tout particulièrement sur le suivi d’objets, appelé ActiveTrack 2.0, en conservant le focus de la caméra automatiquement et de manière souple. D’autres séquences automatisées sont regroupées sous le nom de Quickshots, comme Dronie ou Boomerang. Ou encore un accéléré, Hyperlapse… Notez que le Mavic 2 Pro interdit les vols dans certaines zones comme à proximité des aéroports et des prisons. Est-ce un souci ? Non, puisque vous n’avez rien à faire dans ces zones.

3 – Oui pour sa caméra

Le Mavic 2 Pro filme en 4K UHD à 30 images par seconde ou en 2,7K à 60 images par seconde. Il offre aussi un mode « ralenti » 4x en FullHD. La stabilisation de la caméra est redoutable d’efficacité, sans doute l’une des meilleures qui soit sur un drone de loisir : on croirait une SteadyCam. Les vidéos que produit la caméra L1D-20C sont très satisfaisantes, avec un débit qui peut atteindre 100 Mbps. La compression peut être en h.264, mais aussi avec le plus efficace h.265. Ce mode permet par ailleurs de profiter de séquences HDR vidéo sur 10 bits – les visionner avec les bonnes couleurs nécessite un équipement compatible, comme un téléviseur HLG ou, par exemple, un iPhone X de dernière génération d’Apple. Il offre aussi un mode Dlog-M, codé sur 10 bits, « plat » quand on le visionne sans retouche, mais dont la palette atteint 16 millions de couleurs à révéler avec un logiciel spécialisé.

La partie photo n’est pas en reste : les clichés pris par le Mavic 2 Pro sont très réussis. Outre le mode JPEG compressé, on peut aussi shooter en DNG (RAW) pour profiter de plus d’informations dans les images et faciliter la retouche. DJI propose des outils de prises de vues panoramiques qui donnent de beaux résultats, ainsi qu’un mode HDR pour rehausser les images prises en faible luminosité, et un mode Hyperlight pour shooter de nuit. On note quelques défauts de correction de l’effet fish-eye en photo et en vidéo, mais ils apparaissent dans des situations précises, et ne sont visibles que par les passionnés à l’œil entrainé.

4 – Oui pour son retour vidéo

Pour réussir des prises de vues, le contrôle de l’image sur un écran est indispensable. Avec le Mavic 2 Pro, l’image est affichée sur un smartphone via l’application DJI GO 4, disponible sur iOS en français, et sur Android en anglais uniquement. DJI annonce une portée de 5 kilomètres en Europe. Il n’est pas question de tester en vol si le Mavic 2 Pro est capable d’aller à cette distance, puisque la réglementation française interdit de voler hors de la vue directe, et au-delà de 200 mètres en immersion. Cela dit, la liaison tient parfaitement jusqu’à – bien plus loin que nécessaire – plus de 1,8 kilomètre au sol, c’est-à-dire dans des conditions particulièrement difficiles.

Le retour vidéo offre le moyen de surveiller le bon déroulement d’une prise de vues et de cadrer facilement un sujet. L’écran du smartphone permet d’interagir pour sélectionner un objet ou une personne à l’écran, préambule d’un suivi ou d’une séquence de vol automatisée. Il est accompagné par les données de télémétrie, c’est-à-dire des informations capitales comme la durée de vol restante, l’état de la batterie, l’état de la liaison, le nombre de satellites GPS captés, la hauteur, la vitesse, le cap, une carte, les réglages photo et vidéo. Les amateurs de prises de vues peuvent ajouter en surimpression une grille de composition, l’affichage des zones « brûlées » en surexposition, un histogramme. Notez que l’application DJI GO 4 est bavarde : elle affiche de nombreux messages pendant les vols. Mais ce n’est pas gênant, on a l’impression d’être épaulé par un copilote virtuel, et attentif.

5 – Non pour son poids

Quid de la réglementation ? La loi dite « drones » de 2016 devrait entrer en vigueur dans les semaines ou les mois qui viennent. Elle fixe un seuil de 800 grammes qui inquiète beaucoup de monde. Que signifie-t-elle ? Sous 800 grammes, les appareils sont soumis aux règles publiées en 2015, répertoriées dans une notice en 10 points à consulter ici. On y trouve par exemple l’interdiction de vol dans l’espace public en agglomération, le survol de personnes, une hauteur à respecter de 150 mètres, etc. À cela, pour les appareils de plus de 800 grammes, il faudra ajouter une formation gratuite à suivre en ligne (à repasser autant de fois que l’on désire), l’enregistrement du pilote et des appareils. D’autres requis seront ajoutés dans un second temps, mais il est fort probable qu’ils ne requièrent aucune modification de l’appareil. Du côté réglementation, les 900 grammes du Mavic 2 Pro ne sont pas vraiment un souci.

Pourtant, avec 900 grammes sur la balance, le Mavic 2 Pro a pris un peu d’embonpoint par rapport au Mavic Pro. Est-ce gênant ? Si vous baladez les 900 grammes de l’appareil avec sa batterie et les 317 grammes de la radiocommande en voiture, tout va bien. Mais si vous comptez prendre le Mavic 2 Pro avec vous en randonnée ou sur une longue balade, retenez qu’il vous faut donc porter 1,2 kilo. Ce n’est pas négligeable, surtout si vous devez y ajouter quelques batteries supplémentaires à 295 grammes l’unité. L’autonomie est-elle handicapée ? Pas du tout, elle atteint 25 minutes au moins, ce qui est très correct.