[Test] Pixel 3 XL : le smartphone de Google est là, que vaut-il ?

8/10

Google Pixel 3 XL

959€ > Darty
On aime
  • Une configuration optimisée pour Android 9
  • Un écran tout simplement parfait
  • Des photos bluffantes pour un simple capteur, même de nuit
  • Quelques raccourcis bien pensés
  • La sécurité assurée par une puce dédiée
On n’aime pas
  • Une autonomie trop faible
  • Un processeur sous-cadencé
  • Seulement 4 Go de RAM
  • Une encoche énorme…
  • … mais pas de reconnaissance faciale
  • Il est trop cher…
  • … parce qu'il n'ose pas assez
Verdict :

Difficile de tomber complètement amoureux de ce Pixel 3 XL. Il offre un design efficace, une bonne prise en main, est suffisamment puissant, dispense des photos de grande qualité, mais manque de prise de risque. Il innove assez peu comparé à la concurrence et se permet d’être autant, voire plus cher. Une encoche trop grosse, un capteur biométrique bateau, pas de bords incurvés, ni de reconnaissance faciale, on a l’impression qu’il a un an de retard. Mais il n’en demeure pas moins un smartphone efficace et agréable à utiliser. Sans doute est-on un peu déçu puisqu’il s’agit du propre smartphone de l’éditeur d’Android. En réalité, on en attendait plus.

plus

La gamme 2018 de Google est nôtre et porte avec elle deux appareils identiques si l’on excepte quelques détails, dont la taille.

Taillés pour porter aux nues Android 9, la nouvelle version du système d’exploitation de Google, les Pixel 3 se parent des meilleurs atouts technologiques, mais font aussi des concessions importantes comme l’impasse sur le double ou triple capteur photo ou une mémoire vive limitée. Ces choix sont-ils pertinents, surtout sur des smartphones haut de gamme vendus près de 1000 € ?

Nous les avons testés, et nous sommes attardés sur le Pixel 3 XL qui est sans nul doute le plus « novateur » pour Google, c’est en tout cas le seul à adopter la fameuse encoche qui fait tant débat depuis un an.

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Oui, parce que sa prise en main est excellente

Fort d’une dalle de 6,3 pouces, le Pixel 3 XL gagne 0,3 pouce par rapport au Pixel 2 XL. Il est enfermé dans une magnifique coque en verre très agréable à manipuler. Son dos est notamment texturé façon « soft touch » procurant un touché velours, ce qui permet d’éviter l’écueil du verre lisse qui glisse trop souvent entre les doigts, à l’instar du récent Xperia XZ3 de Sony.

Les plus sensibles peuvent aussi se procurer une coque officielle de Google. Vendues séparément, elles reprennent le dessin des Google Home avec une finition en tissu du plus bel effet. Excellent pour absorber les chocs et maintenir le nouveau Pixel en place dans la main de son utilisateur. Dommage en revanche que la dalle ne soit pas incurvée. Cela aurait permis de réduire la largeur et ainsi assurer une meilleure tenue à une main, comme c’est le cas pour le Huawei Mate 20 Pro.

Non, parce que ses boutons ne sont pas bien placés

Les médias étrangers n’avaient pas dû tirer la sonnette d’alarme avec les Pixel 2 puisque Google a replacé le bouton de mise sous tension au-dessus des touches de volume. Un défaut à l’usage puisqu’il ne vient pas naturellement sous le doigt. Dès lors, on se prend à appuyer sur le contrôleur de volume au lieu du bouton Power.

Pourtant, dans l’utilisation d’un smartphone, il est plus fréquent de presser ce bouton que de manipuler ceux de l’audio. Heureusement, cet amer constat est un peu contrebalancé par le capteur d’empreinte qui, outre déverrouiller l’appareil, permet également de le faire sortir de veille. Une double action qui permet de rapidement se passer du bouton Power ou presque puisqu’il faut encore en passer par lui pour verrouiller le Pixel.

Non, parce que quelques détails physiques sont datés

Pour continuer avec le capteur d’empreinte, précisons qu’il est situé à l’arrière de l’appareil. Il est bien centré et facile à utiliser. En revanche, en cette fin 2018, la mode est au capteur sous l’écran, Huawei l’a bien démontré avec ses nouveaux Mate 20 et Oppo avant lui. Et d’ailleurs le Mate 20 se paye le luxe d’être 160 € moins cher qu’un Pixel 3 XL.

Autre considération visuelle, l’encoche. Les constructeurs redoublent leurs efforts pour maximiser la taille utile de leurs écrans jusqu’à n’afficher plus qu’une encoche en goutte d’eau comme le Huawei Mate 20 ou le OnePlus 6T. Dans ce paysage novateur, la large et haute encoche du Google 3 XL fait plutôt tache, d’autant plus qu’elle n’embarque qu’un double capteur avant et un haut-parleur. Disgracieuse, elle peut être gommée, mais mal. Explication. 

En farfouillant dans le mode développeur, une option permet de transformer toutes les lignes de pixels adjacentes à l’encoche en un écran noir. De facto, celle-ci disparaît, mais les informations qui y étaient stockées sont automatiquement déplacées en dessous. En définitive, c’est une perte sèche d’affichage…

Oui, parce que son écran est à tomber

Et c’est bien dommage que cette encoche vienne ternir cette dalle puisqu’elle offre un rendu absolument parfait. Oled, elle offre des noirs infinis et une colorimétrie très juste. Selon Displaymate, spécialiste des écrans, ceux des Pixel 3 sont les meilleurs du marché. Dans leurs tests, ils devancent même les dalles des Galaxy Note 9 et iPhone XS. Une reconnaissance qui assure une bonne place aux Pixel concernant l’affichage.

Et avec son ratio 18,5:9, l’écran du Pixel 3 XL bénéficie d’une résolution de 523 pixels par pouce, ce qui est excellent et procure une image très détaillée. En ajoutant à cela sa diagonale de 6,3 pouces, on trouve avec ce smartphone un formidable support pour regarder ses séries préférées avec une grande qualité d’affichage. Seule la luminosité peut sembler perfectible lorsque l’appareil est utilisé en plein soleil, par exemple. Mais rien de suffisamment grave pour nous faire bouder notre plaisir.  

Non, parce que son écran aurait pu être plus grand

Outre l’encoche la plus profonde du marché, le Pixel 3 Xl arbore également une bande noire sur sa partie basse. Un espace inutilisé d’un centimètre environ. Une limitation technique générée par l’ajout d’un haut-parleur à cet endroit afin de proposer un système stéréo en façade. Un choix de Google discutable, un smartphone étant plus volontiers utilisé pour son écran que pour la diffusion de l’audio. On pense ici aux iPhone XS ou encore une fois au Mate 20 de Huawei, lesquels ont préféré maximiser la taille utile de leurs dalles.

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Oui, parce que c’est l’un des meilleurs photophones du moment

C’était le point noir de la fiche technique des Pixel 3. Google n’a daigné installer qu’un unique capteur photo à l’arrière de ses smartphones. Un choix osé en 2018 alors même que toute la concurrence redouble d’ingéniosité pour proposer deux, trois, quatre voire cinq capteurs. 

Mais voilà, une fois en main, la magie opère et on réalise que plutôt que de s’embarrasser d’une myriade de capteurs, Google a préféré optimisé logiciellement le rendu d’un seul. Et force est de constater que le résultat dépasse nos espérances. 

En plein jour, le piqué est assuré. Les détails sont présents, le contraste est bien poussé et les couleurs éclatent sans trop en faire. Seule la netteté semble être un peu trop poussée comme on peut le voir ici sur les bottes, comparé au même cliché pris avec le trio de capteurs du Mate 20 Pro. Ici, on perd quelques détails trop lissés. Et aucun mode « beauty » n’est activé.

Le prodige se poursuit lors de notre test en faible luminosité. C’est le plus flagrant. Grâce au Night Sight de Google, la photo prise avec le Pixel 3 XL semble avoir été capturée sous une lumière. On a toujours cette netteté un peu trop prononcée, mais l’image est particulièrement lumineuse, et ce, sans aucun flash. Autant dire que les Pixel 3 sont des compagnons tout désignés pour les photos en soirée.

Et pour ceux qui diraient qu’on ne peut obtenir d’effet bokeh avec un seul capteur, les Pixel 3 prouvent le contraire. Que ce soit le capteur avant ou le capteur arrière, tous deux y parviennent grâce au traitement logiciel de Google. D’ailleurs, on lui reprochera tout de même d’être un peu lent dans ses calculs. 

Les clichés ci-dessous ont été pris avec le double capteur avant du Pixel 3 XL, lequel permet de dézoomer la scène et ainsi d’inclure un plan plus large dans le selfie. On note au sujet du bokeh qu’il est concluant, mais n’est pas sans défaut. Les cheveux par exemple sont trop courts pour et trompe le système qui en inclut une partie dans l’arrière-plan flouté. 

L’autre bonne idée de Google, c’est le Top Shot, une fonction qui permet en théorie de ne plus rater aucune photo. L’appareil saisit une série de clichés avant que l’obturateur ne soit pressé. L’utilisateur a ensuite la possibilité de conserver le meilleur, celui où l’action est la meilleure. Néanmoins, on s’est aperçu qu’il y avait un loup. Si le cliché original est dans sa meilleure définition (4032 x 3024 pixels) ce n’est pas le cas des secondaires qui ne sont disponibles qu’en 1024 x 768 pixels. Google s’était bien gardé de communiquer sur cette différence. Au final, on conseillera de se passer au plus de cette fonction tronquée. Dommage.

Oui et non, parce qu’il n’est pas surpuissant, mais optimisé

C’est l’histoire de nombreux smartphones haut de gamme de cette fin d’année. Ils sont équipés d’une génération de processeur en fin de vie. Le Pixel 3 XL ne coupe pas à la règle. Comme le XZ3 de Sony, le Mi Mix 3 ou encore le OnePlus 6T, il hérite ainsi d’un Snapdragon 845. Certes, la puce de Qualcomm est la plus rapide du marché et profite d’un traitement graphique impeccable grâce à l’Adreno 630. Néanmoins, dans quelques mois, elle sera dépassée, remplacée par le Snapdragon 855 (ou 8150) aux performances plus en phase avec le nouveau Kirin 980 de Huawei ou l’Apple A12. 

Aussi, le smartphone de Google n’est pas du tout mauvais, mais il ne démarre pas en mettant toutes les chances de son côté. Pour le flagship du patron d’Android, on aurait apprécié attendre un peu plus et être servi avec un plat chaud et un peu plus de RAM aussi. 4 Go, c’est assez faible comparé aux 6 ou 8 Go qu’arborent aujourd’hui les smartphones concurrents, Samsung ventant même d’avoir trop de puissance sur son Note 9 « jusqu’à ce que vous en ayez besoin ». Espérons à ce titre que Google optimisera donc les mises à jour d’Android pour offrir toujours une expérience impeccable aux possesseurs de Pixel 3 et 3 XL, tous deux partageant exactement les mêmes spécifications techniques.

Testés, ils récoltent environ 20 % de performances en plus par rapport aux Pixel 2 montés en Snapdragon 835. Sous Geekbench, les Pixel 3 se classent au-dessus du S9, et ce, avec des fréquences de base. Néanmoins, caracolent en tête les OnePlus 6, Note 9 et LG V40 ThinQ. Mais les processeurs de ces trois smartphones ont été boostés et sont accolés à 8 Go de mémoire vive quand le Pixel 3 se contente de la moitié.

Même son de cloche pour la partie graphique. Sous 3DMark, les Pixel 3 se défendent et passent même devant l’iPhone XS, mais demeurent loin derrière les Galaxy 9 et Note 9 et surtout le OnePlus 6, champion dans cette catégorie. 

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Bien évidemment, les chiffres ne rendent pas justice à l’expérience utilisateur. Aussi, Pixel 3 en main, on ne ressent aucun ralentissement. Android 9 y fonctionne à merveille. La prise de photos est fluide, sauf lorsque l’on appuie frénétiquement sur le déclencheur. Il y a alors un risque que toutes les pressions ne soient pas prises en compte. 

Côté jeux vidéo, on a observé un peu de crénelage sur Asphalt 9, mais rien de trop visible. Les effets sont au maximum et les courses fluides. Ce jeu étant le dernier-né de Gameloft, on peut sans risque assurer qu’aucun jeu ne lui résistera.

Non, parce que son autonomie est trop moyenne

Le Pixel 3 XL embarque une batterie de 3430 mAh qui est sensiblement inférieure à celle de 3520 mAh du Pixel 2 XL. Sur notre test maison qui consiste en du surf continu en 4G, le Pixel 3 XL a cessé de fonctionné après 9h30 d’utilisation. C’est 18 minutes de moins que la moyenne. Mais pire, c’est près de trois heures de moins que le Pixel 2 XL qui tenait 12h09 sur le même test. 

De la part d’une haut de gamme vendu près de 1000 €, on s’attendait à mieux, d’autant plus que le processeur de ce Pixel 3 XL n’est pas modifié et ne consomme donc pas plus.

Oui, parce qu’il offre des raccourcis bien pensés

Pour déclencher Google Assistant, on peut dire « Ok Google » ou appuyer longuement sur le bouton d’accueil. Mais Google ajoute un nouveau raccourci avec ses Pixel 3, une commande physique localisée sur les bords de l’appareil. Il suffit de presser ses côtés pour lancer l’assistant et ce que le smartphone soit verrouillé ou non. Un accès ultra rapide qui est très bien pensé et que l’on ne cesse de mettre à contribution. 

Ce système n’est pas nouveau. HTC l’avait déjà intégré à son U11 l’an dernier et permettait alors de paramétrer la fonction qu’il déclenchait. On peut reprocher cela à Google, de ne pas laisser le choix à l’utilisateur.

Autre raccourci pratique, la double pression rapide du bouton Power qui mène à l’appareil photo. Elle se révèle très utile pour prendre une photo à la volée sans avoir à déverrouiller son smartphone.

Dernière fonction pratique des Pixel 3, le capteur biométrique ne sert pas qu’à les déverrouiller. Il propose une dimension multifonctions puisqu’il donne accès au menu déroulant supérieur d’Android grâce à un glissement du doigt. Une très bonne idée. 

Oui, pour sa sécurisation des données sensibles

Google a peut-être trop appuyé sur la partie photo de ses Pixel 3, faisant passer au second plan leur sécurité évoluée.

Les Pixel 3 ne se contentent pas d’une solution logicielle, mais accueillent une puce dédiée. Nommée Titan M (H1C2M), elle protège les données de l’utilisateur dans les moments les plus critiques. But de l’opération, éviter qu’un tiers malveillant ne s’infiltre dans le smartphone. 

Et pour cela, la Titan M effectue des vérifications au démarrage de l’appareil, lors du déverrouillage et lors des transactions. Pour garantir un meilleur niveau de protection, cette puce dispose même d’une mémoire flash dédiée, laquelle lui permet de chiffrer les données matériellement, une solution plus aboutie que par voie logicielle. 

À noter aussi que sur les Pixel 3, toutes les informations sensibles de l’utilisateur sont stockées en local (et donc chiffrées pas Titan M) et non pas sur le cloud. Encore un moyen d’éviter leur altération malicieuse.

La dernière application est pour Google Pay. Le service de paiement sans contact de Google se fait toujours attendre en France, mais il est agréable de savoir que sa sécurité est déjà assurée sur les smartphones de Mountain View.