Des iPads et Chromebooks comme machines de vote sécurisées

Alors que les élections de mi-mandat étasuniennes viennent de s’achever, certains pensent déjà à l’avenir du système de vote, très critiqué pour son manque de fiabilité. Un ingénieur propose d’utiliser des technologies open source et le matériel existant (papier, iPad, Chromebook)pour restaurer la foi dans un système électoral défaillant.

Ben Adida, spécialiste en systèmes de vote cryptographiques, a publié un manifeste déclarant en substance que « la plupart du temps, les machines de vote actuelles ne sont pas sûres, pas vraiment faciles à utiliser, et si chères qu’elles sont parfois utilisées bien plus longtemps qu’elles ne le devraient, ce qui oblige les fonctionnaires électoraux à chercher des pièces de rechange sur eBay ». Face à ce constat alarmant, Mr Adida a créé une ONG appelée VotingWorks, qui vise à fabriquer une machine de vote « sécurisée, abordable et open source ».

Le nerf de la guerre est, comme souvent, l’argent. Les machines à voter sont onéreuses, et tout le monde suspecte qu’il est facile de les pirater afin de truquer les résultats. Mr Adida souhaite utiliser l’équipement déjà en place et nous faire reconsidérer la manière dont nous envisageons les machines de vote : « devons-nous toujours voter de la même manière qu’il y a vingt ans ? Nous avons maintenant à notre disposition un équipement fiable, sûr et peu onéreux qui n’existait pas il y a 15 ans. Nous ne devrions peut-être plus utiliser des machines à voter à 5000 $. Pour quelque chose d’aussi important (le processus électoral), plutôt que d’essayer de se différencier avec une technologie propriétaire qui laisse de la place au piratage, tout ce qu’il faut faire, c’est créer la technologie la plus fiable possible, même si elle est ennuyeuse ». Le système de vote imaginé par Mr Adida n’utilisera pas d’outils dernier cri tels que la blockchain, ou même le vote en ligne. À l’écouter d’ailleurs, aucune technique, si avancée soit-elle, ne pourra se passer du papier, le meilleur moyen selon lui de sécuriser une élection et de conserver le secret du vote. Il considère cependant que les iPad et les Chromebook constitueront de bonnes machines de vote, grâce à leurs systèmes de démarrage sécurisé, qui donne l’assurance que personne n’a pu accéder aux données qu’ils contiennent et les modifier. Le chemin est pourtant long avant que son système ne soit adopté, puisqu’il estime que les machines de VotingWorks ne risquent pas d’être utilisées lors des présidentielles de 2020.