La Maison Blanche teste la reconnaissance faciale

L’ACLU (Union américaine pour les libertés civiles) se serait procuré un document du DHS (département de la Sécurité intérieure des États-Unis) confirmant que les personnes passant aux abords de la Maison-Blanche sont soumises à des procédures de reconnaissance faciale depuis le 19 novembre 2018.

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FRP, le programme de reconnaissance faciale mis en place par le Secret Service, scanne les visages des riverains « afin d’identifier des personnes suspectes connues dans les zones publiques adjacentes au complexe de la Maison-Blanche ». Le test, qui prendra fin le 30 août 2019, utilise les images fournies par deux caméras. L’une est placée dans un espace extérieur ouvert, tandis que la deuxième est située dans le bâtiment même. Bien que le gouvernement donne un certain nombre de garanties quant à l’utilisation des données (destruction des vidéos après 30 jours et destruction immédiate des données non retenues), celui-ci aura tout loisir de collecter et d’exploiter toutes les données capturées pendant cette période. À ceux qui aimeraient faire valoir leur droit à l’image et faire effacer leurs données, le document stipule que « les individus passant dans le périmètre de couverture des caméras [20 mètres] ne pourront pas choisir de ne pas être analysés par l’algorithme de reconnaissance faciale ». Le seul moyen de ne pas retrouver votre visage dans les serveurs du gouvernement américain sera donc de ne pas traîner dans le voisinage.

Si de l’avis général, la sécurité du président vaut bien d’utiliser les technologies les plus avancées en matière de vision automatique, certains groupes de défenseurs des libertés tiennent à souligner les possibilités de dérive d’un tel programme. La notion étasunienne de « personne suspecte » étant parfois un peu floue, certains craignent déjà que cette mesure ne cible principalement les citoyen.ne.s afro américain.e.s et que le FRP ne soit étendu à une zone de surveillance plus vaste.