Nvidia Shield : et si c’était le moment d’acheter ?

8,5/10

Nvidia Shield

199€ > Amazon
On aime
  • Les possibilités offertes pour le jeu vidéo
  • Les nombreuses applications pour la vidéo et la musique
  • La confortable manette
  • Le contrôle les objets connectés avec Google Assistant
On n’aime pas
  • Des bizarreries dans la sélection des applications et dans l’interface
Verdict :

Sur le papier, la Nvidia Shield a tout du produit révolutionnaire : un seul et même boitier pour le streaming, le jeu vidéo et le contrôle des objets connectés à la maison. Dans les faits, c’est pratiquement un sans faute. Il est possible de jouer avec les meilleurs jeux sur Android, et de diffuser des jeux GeForce Now sans lag. De la même façon il est possible d’utiliser Google Home pour garder le contrôle du domicile avec la commande vocale. Le fait que la Shield ne soit pas encore irréprochable n’est pas vraiment un problème. En effet, Nvidia a pour habitude de tenir ses promesses. En l’état la Shield est un formidable outil de streaming vidéo avec les applications telles que Netflix ou Amazon par exemple. Elle permet en outre de profiter du service GeForce Now, mais aussi de votre vidéothèque, de votre musique et de vos jeux vidéo. Certes la Shield est plus onéreuse que les autres boîtiers de ce type mais elle est autrement plus polyvalente. Et si elle n’est pas forcément adaptée à tous les profils, elle fera le bonheur des amateurs d’un hybride entre une console de jeu vidéo et un lecteur dédié au streaming.

plus

A l’occasion d’une baisse de prix conséquente de la Shield TV, il nous a paru pertinent de refaire un test complet de l’appareil de Nvidia. Et puis la box sortie il y a un an a connu quelques évolutions logicielles, qui justifiaient bien un nouvel article.

Lancée en 2015, la Nvidia Shield reposait sur une idée ambitieuse : proposer une box capable de diffuser de la vidéo en streaming tout en faisant office de console de jeu vidéo. Et comme de nombreux concepts  high-tech, l’application pratique n’était pas forcément à la hauteur du concept. La sélection d’applications laissait à désirer tout comme le catalogue de jeux vidéo. Nvidia devait donc revoir sa copie si elle voulait s’incruster dans tous les salons du globe.

Depuis 2017, le constructeur propose une nouvelle version avec deux variantes de 16 ou 500 Go. Plus petite et plus fine, elle embarque également des composants bien plus puissants. L’interface n’est pas en reste avec une ergonomie plus réussie. L’appareil dispose désormais d’un menu dédié au jeu vidéo, de l’intégration de Google Assistant et même de l’application Amazon Video, chose rare pour un lecteur streaming sous Android.

Et comme la première itération de la Shield, le modèle actuel ne cesse d’évoluer. Celui-ci peut désormais identifier les acteurs ou les actrices, accéder à votre agenda Google Calendar ou à vos photos. Outre-Atlantique le système permet même de commander une pizza. Par la suite, la Shield devrait aussi intégrer des fonctions pour la maison connectée.

Enfin, Nvidia met le paquet en fin d’année pour promouvoir la Shield avec de nombreuses promotions attendues. Faut-il pour autant craquer pour l’appareil ou bien… ?

Oui, pour sa conception

La première chose que l’on remarque en déballant la nouvelle Shield c’est qu’elle est minuscule comparée à la version précédente, même si elle reste plus encombrante qu’un Google Chromecast ou qu’une Fire TV d’Amazon.

Elle conserve la forme caractéristique de son prédécesseur qui lui confère un air d’oeuvre d’art avec des triangles asymétriques et des trapézoïdes. Au centre une lumière verte indique que l’appareil est en marche. Et si elle s’avère moins discrète que les box concurrentes, son look distinctif est bien plus agréable qu’un simple rectangle noir.

La Shield bénéficie en outre de très nombreux ports. Outre l’alimentation et la sortie HDMI, elle intègre également deux ports USB et un port Ethernet. En revanche les ports microSD et microUSB de la version précédente ont disparu. Rien de rédhibitoire pour autant grâce aux deux vrais ports USB qui permettent de connecter un disque dur externe par exemple.

La version standard de la Shield dispose de 16 Go de stockage interne seulement. Une version de 500 Go est également disponible mais elle n’a rien d’indispensable car il est toujours possible d’étendre la capacité de stockage à l’aide d’un périphérique externe.

Oui, pour les jeux vidéo

Nvidia n’hésite pas à mettre en avant les capacités de la Shield dans les jeux vidéo. Pour jouer vous pouvez au choix télécharger des jeux Android, utiliser le service de streaming GeForce Now moyennant un abonnement, ou faire du streaming sur le réseau local à partir de Steam. À condition d’être équipé d’un ordinateur puissant.

Contrairement à la version précédente de la Shield, il est désormais aisé de trouver des jeux. Android Games, GeForce Now et Steam sont désormais tous regroupés dans un menu unifié appelé Nvidia games. L’achat de nouveaux jeux reste encore un peu compliqué, mais accéder à ceux que vous possédez déjà n’est plus du tout compliqué.

Nous avons testé la version Android de Final Fantasy IX et force est de constater que tout est parfaitement fluide. Plus encore même que sur la PlayStation d’origine. De la même façon, les titres natifs d’Android tels que From Borderlands: The Pre-Sequel ou encore Star Wars: Knights of the Old Republic sont superbes et parfaitement fluides.

En revanche la sélection Android manque encore de consistance et certains titres manquent à l’appel. Les bidouilleurs peuvent également installer des application tierces en téléchargeant des APK depuis Google Play – à leurs risques et périls.

Oui, pour GeForce Now et Steam

GeForce Now est un service particulièrement intéressant pour jouer avec la Shield. Le service propose des titres incontournables tels que Ultra Street Fighter IV, le reboot de Tomb Raider, Batman: Arkham City et The Walking Dead: Season 1 de Telltale. Il est également possible d’acheter des jeux qui sont généralement plus récents : The Witcher III: Wild Hunt, Abzu, Mad Max et Virginia pour ne citer qu’eux.

Les performances sont au rendez-vous, à condition toutefois de bénéficier d’une solide connexion à Internet. Nous avons du couper l’accès de tous les appareils de la maison (y compris le smartphone), et brancher la Shield directement au routeur pour bénéficier de conditions optimales de streaming. Le service était inutilisable en téléchargeant des jeux sur Steam sur un ordinateur, et passable quand quelqu’un regarde Netflix dans une autre pièce.

Les jeux tournent en Full HD (1920 x 1080 pixels) à 60 images par seconde, mais les pertes de paquets sont fréquentes ce qui s’accompagne par des déchirures de l’image et du lag. Et même quand toutes les conditions sont réunies (aucun autre appareil connecté, un routeur compatible recommandé par Nvidia, une vitesse de téléchargement plus rapide que ce que recommande la Shield), le résultat est loin d’être parfait. C’est décevant mais dans le même temps cela reste très encourageant et le potentiel est bel et bien là.

Streamer un jeu depuis un PC est également extrêmement simple et efficace, à condition d’être équipé d’une GeForce GTX 660 au minimum. Il suffit simplement de lancer l’application GeForce Experience sur le PC et d’activer le streaming. Les jeux compatibles (on end énombre plus de 100) apparaîtront automatiquement dans l’application Nvidia Games sur la Shield. Il ne reste plus qu’à jouer comme avec n’importe quel autre titre.

Nous avons joué à The Witcher III en streaming à partir d’un ordinateur portable Razer Blade Pro connecté en filaire à un routeur, et l’expérience est totalement transparente. On bénéficie non seulement d’une résolution 4K avec une fréquence comprise entre 30 et 60 images par seconde. Nous n’avons pas eu à déplorer de ralentissement, de déchirure ou de gel de l’image. Nous avons tenté de pousser la Shield dans ses retranchements en lançant Dark Souls III avec les réglages au max et la encore le résultat fut à la hauteur de nos attentes.

Bien entendu, l’inconvénient des jeux en streaming à partir d’un PC, c’est qu’il faut disposer d’une machine puissante. De plus mieux vaut utiliser un câble Ethernet plutôt qu’une connexion Wi-Fi. De plus, si vous voulez simplement profiter des jeux Steam dans votre salon, un Steam Link est bien meilleur marché.

Dans tous les cas le streaming de jeux PC haut de gamme est totalement impensable pour des appareils concurrents tels que le Roku Ultra ou l’Apple TV. C’est donc une fonctionnalité qui permet à la Shield de s’illustrer.

Oui, pour les applications

Les jeux vidéo ne sont qu’une des facettes de la Nvidia Shield. C’est également un lecteur multimédia à part entière. Et pour ce faire, elle possède la meilleure sélection d’applications de streaming tout en étant également capable de lire des vidéos en 4K HDR.

Si vous avez déjà utilisé un appareil sous Android TV, vous retrouverez les outils habituels : Netflix, YouTube, Hulu, Vudu, Plex et Pandora pour ne citer qu’eux. La Shield embarque également Amazon Video qui contrairement à Netflix ne facture aucun frais supplémentaires pour profiter du contenu en 4K et en HDR.

Il est également possible de télécharger les applications telles que VLC ou MX Media Player pour regarder votre contenu, sans oublier les logiciels de productivité et les applications de réseaux sociaux.

Il est également important de noter que la Shield offre toutes les fonctionnalités de Google Cast. Pas indispensable mais ce dernier dispose d’une tonne d’applications qui ne sont pas disponibles sur Android TV.

Oui, pour Google Assistant

La Shield intègre Google Assistant, mais avec des limitations. Il est possible de consulter la météo, de chercher les restaurants à proximité ou de regarder la circulation, le tout avec des informations visuelles à l’écran. Google Assistant permet aussi de rechercher des émissions, des films ou des photos. Cependant en demandant « lance Stranger Things », Google Assistant affiche différentes vidéos sur YouTube. En cherchant simplement « Stranger Things », on arrive à une page web avec un lien vers Netflix. Bref le système est perfectible.

Oui et non, pour les périphériques

Si elle n’a rien de bien excitant, la télécommande est un accessoire efficace. Elle se présente sous la forme d’un petit rectangle noir avec une molette de contrôle, un bouton de confirmation, un bouton retour, un bouton accueil et un bouton destiné à activer la recherche vocale. Le contrôle du volume s’effectue en faisant glisser le pouce vers le haut ou vers le bas au centre de la télécommande. Dommage qu’elle soit alimentée par deux piles plates plutôt qu’une batterie lithium-ion rechargeable.

En revanche la manette est de toute beauté. Un peu plus petite et beaucoup plus angulaire que l’ancien modèle, elle est à la fois confortable et extrêmement intuitive à l’instar de n’importe quelle autre manette aujourd’hui. De plus, elle bénéficie d’un curseur similaire à celui de la télécommande pour contrôler le volume, ainsi que des boutons retour, pause et accueil. Enfin, il suffit d’appuyer sur le logo Nvidia au centre pour lancer la recherche vocale à l’aide du micro intégré.