Comparatif : quel est le meilleur appareil photo hybride ?

Panasonic Lumix DC-G9

Derniers venus dans l’univers de la photo numérique, les appareils de type EVIL (electronic viewfinder interchangeable lens) sont généralement désignés en français par le terme « hybride » en raison de leur conception à mi-chemin entre les compacts et les boitiers reflex. Le compromis qu’ils proposent entre compacité, qualité d’image et optiques interchangeables a déjà séduit de nombreux utilisateurs amateurs et experts (et même des professionnels pour des usages spécifiques). Leur succès commercial a provoqué une multiplication rapide des modèles et c’est sur cette gamme de boitiers que sont proposées en ce moment les innovations les plus intéressantes. Les hybrides ne sont plus dans une phase de test et les qualités de nombreux modèles atteste du caractère très sérieux de cette catégorie d’appareils. Voici donc les critères qui vous permettront de faire un choix en connaissance de cause.

L’évolution récente du marché de la photo ayant conduit les constructeurs à privilégier leurs marges plutôt que le volume d’appareil vendu, la tendance générale est à une augmentation souvent plus importante que par le passé du coût des boitiers lors des renouvellements de gamme. Les différences techniques entre deux générations n’étant pas toujours déterminantes, nous avons choisi de continuer à conseiller certains modèles théoriquement remplacés, mais toujours disponibles en raison d’un rapport performance/prix nettement en leur faveur.

>>> Consultez notre guide d’achat pour bien choisir son appareil photo

Notre sélection des meilleurs appareils photo hybrides généralistes

Notre sélection des meilleurs appareils photo hybrides experts

Notre sélection des meilleurs appareils photo hybrides professionnels

Notre sélection des meilleurs appareils photo hybrides qui excellent en vidéo

Des hybrides pour tous les goûts ?

L’offre en matière d’APN EVIL s’est rapidement diversifiée et les sorties successives ont largement amplifié le phénomène. Elle couvre une très grande variété d’usages et on en trouve aujourd’hui pour presque toutes les bourses. Certains modèles constituent en effet des alternatives aux compacts experts alors que d’autres chassent clairement sur les terres des boitiers reflex amateurs, experts (ex : la gamme X de Fuji ou le haut de gamme OM-D d’Olympus) et professionnels. Aujourd’hui plusieurs fabricants marchent dans et proposent des gammes variées de boitiers équipés de capteurs plein format parfaitement capables de rivaliser avec les meilleurs boitiers reflex, qu’ils parviennent même surclasser dans certains domaines (ex : certains hybrides équipés de capteurs moyen format proposent des coûts inférieurs ou équivalents à des boitier reflex professionnels full frame).

2-Visée électronique ou visée reflex ?

Élément crucial, car il permet l’appréciation de la scène photographiée, le choix du système de visée est l’objet de controverses depuis la nuit des temps photographiques. Sa version contemporaine, qui oppose les viseurs électroniques aux modules optiques reflex (ou télémétriques de manière beaucoup plus marginale), est naturellement très vive et on trouve des partisans enflammés dans chacun des camps. Plutôt que de prendre une position tranchée dans ce débat sibyllin et ajouter à la cacophonie ambiante, nous avons choisi de vous donner les éléments en faveur de chacune des deux options afin que vous puissiez choisir en connaissance de cause.

Le système reflex a pour lui d’être éprouvé dans le temps. Ses qualités et ses défauts sont connus. Globalement, il permet une bonne appréciation de la scène dans les conditions de lumière difficiles et il semble plus naturel à l’usage aux usagers qui ne sont pas nés avec un smartphone dans la poche. Cependant, la visée reflex impose la présence d’un miroir et donc un encombrement conséquent, et les modules réellement confortables à l’usage et permettant d’embrasser l’ensemble d’une scène, en sont d’autant plus volumineux. D’autre part, la complexité des systèmes haut de gamme et leur complexité à concevoir et la nécessité d’emploi d’éléments onéreux se payent souvent au prix fort (surtout en plein format).

A contrario, les modules de visée électronique sont toujours dépendants d’une technologie en pleine évolution et ils ont fait des progrès très appréciables ces dernières années. À gamme équivalente, ils sont moins volumineux (ils permettent donc la production de boitiers plus compacts), capables d’afficher l’ensemble de la scène et sont en mesure de faire apparaitre directement une simulation plus ou moins proche du résultat en fonction des réglages directement lors de la prise de vue (exposition, balance des blancs, etc.).

La vigilance est cependant de mise, car en fonction de leur qualité (et donc de leur coût), leur niveau de fidélité à l’image finale varie grandement. Par ailleurs, ils peinent globalement toujours à reproduire les scènes très contrastées et ils proposent un affichage parfois bruité, voire saccadé, lorsque la luminosité de la scène est faible.

Voilà donc pour les généralités, auxquelles il convient d’ajouter qu’une part importante de l’impossibilité de trancher définitivement le débat réside dans la très grande variabilité de la qualité des modules en fonction des modèles, et ce dans les deux systèmes. Quelques constats généraux permettent néanmoins d’avoir des repères.

En premier lieu, les modules électroniques équipés de dalles OLED ou dérivées donnent des résultats bien meilleurs que les autres.
Sauf exception, et il y en existe, les viseurs reflex sont d’autre part souvent dans les gammes destinées aux amateurs, alors que les évolutions récentes permettent à certains hybrides de proposer des modules aux dimensions plus généreuses. Attention cependant à leur définition et à leur capacité à reproduire les scènes contrastées, car dans ces segments certains modèles dotés par ailleurs de vraies qualités sont un peu justes en la matière.

Enfin, vu le caractère central de la dimension subjective dans ce choix et les variations qualitatives entre les modèles, nous vous conseillons vivement d’accorder à ce paramètre une grande attention lors de la lecture de tests techniques. Dans l’idéal, pouvoir mettre votre œil, seul vrai juge en dernière instance, dans le viseur des différents modèles envisagés avant une acquisition reste évidemment la meilleure solution quand c’est possible. Les principales caractéristiques auxquelles il faut prêter attention sont le grossissement, la luminosité, la définition, la sensibilité et la vitesse de rafraîchissement.

Bien que la situation ait assez largement évolué, sur certains hybrides d’entrée de gamme la visée se fait via l’écran uniquement. Nous vous invitons donc une nouvelle fois à être vigilants à leur taille, à leur luminosité et à leur définition. La possibilité de les orienter constitue également un vrai avantage lorsqu’elle est proposée.

Taille des capteurs

Comme dans les autres gammes d’appareils, les tailles de capteur varient selon les modèles et les fabricants. Si les plus sérieux sont aujourd’hui équipés de capteurs plein format (24x36mm), voire même plus grands, de nombreux modèles proposent des capteurs micro 4/3 ou APS-C. Leurs performances sont donc très variables et nous vous invitons à être très vigilants à cette question, car les résultats sont très différents d’un modèle à l’autre. D’ailleurs des fabricants qui avaient d’abord opté pour des petits formats (ex. : Pentax) proposent aujourd’hui également des appareils équipés de capteurs APS-C.

>>> Retrouvez toutes les actualités sur la photo

La plupart des appareils photo hybrides peuvent être achetés sans objectif

Notre conseil : éviter les APN équipés de capteurs plus petits que le format dit « micro 4/3 » . Des modèles existent chez différents fabricants et vous devriez trouver votre bonheur sans trop de soucis.

>>> Consultez notre guide d’achat des meilleurs livres photo

Les hybrides plein format sont plus volumineux et partagent avec les reflex experts et professionnels des capteurs exigeants. Ils impliquent donc l’emploi d’objectifs haut de gamme plus gros et seul l’usage de focales fixes de haut niveau permettra de limiter le surcroît d’encombrement (et encore…). Ils proposent néanmoins, à qualité d’image équivalente, une solution plus compacte qu’un reflex haut de gamme, au prix d’une polyvalence parfois (ce n’est cependant pas une règle absolue) et d’une offre optique souvent moins étoffée, bien que la situation se soit largement améliorée.

Qualité et diversité des objectifs et des accessoires

La principale particularité des hybrides par rapport aux compacts experts est le caractère interchangeable des objectifs. Il faut donc prendre en compte les objectifs compatibles et pas seulement les qualités intrinsèques du boitier lors du choix. Première question à se poser : la diversité de la gamme correspond-elle à vos besoins ? Si vous êtes par exemple un passionné de macro, assurez-vous que les fabricants proposent de tels objectifs. De même, si vous êtes un mordu de photo de sport, l’existence de longues focales lumineuses est à vérifier. 

Il faut également s’interroger sur la qualité des objectifs : si vous êtes un vrai amateur de belles images, il peut être envisageable d’investir sur le long terme dans des objectifs de meilleure facture (ex. : focales fixes).

>>> Retrouvez toutes les actualités sur les appareils photos

Comme Fujifilm, la plupart des babricants d’hybrides proposent une large gamme d’objectifs

Être vigilant à la palette optique proposée lors du choix d’un appareil implique de prendre en compte l’offre de la marque et celle des marques « compatibles » qui fabriquent des objectifs pour les boitiers d’autres fabricants (ex : Zeiss, Sigma, Tamron, Voigtlander, …). Il en va de même pour l’ensemble des accessoires (ex : flashes, …).

Du point de vue de l’encombrement des objectifs, tous les fabricants ne se valent pas. Si en règle générale celles prévues pour le format micro 4/3 sont moins volumineuses que celles conçues pour l’APS-C, certains fabricants sont plus attentifs à cet aspect que d’autres. À l’heure actuelle seulement certains constructeurs proposent des zooms transstandards rétractiles dans les deux formats, et vu le gain d’encombrement occasionné pour le transport, nous vous invitons à vous pencher très sérieusement sur la question. Le choix entre zoom et focale fixe peut également changer la donne.

Construction et Ergonomie

Corolaire de l’exclusivité de la visée électronique, l’autonomie des batteries est un enjeu particulièrement sensible dans le monde des hybrides. Dans ce domaine, les différents modèles proposent des performances très variées et nous vous invitons à être particulièrement vigilants à cette question (ainsi qu’au tarif des éventuels accumulateurs supplémentaires). 

Ces appareils étant pour la plupart débrayables, vérifiez bien les différents modes de pilotage proposés et notamment la possibilité de régler via deux molettes distinctes l’ouverture et la vitesse d’obturation, seule garante de la possibilité réelle de photographier rapidement en mode manuel. 

Enfin, les volumes et les poids pouvant varier de manière importante en fonction des modèles (les gammes optiques jouent, là encore, un rôle fondamental). De manière générale l’encombrement de l’ensemble boitier-optique est proportionnel à la taille du capteur.

Certains modèles hybride proposent un viseur électronique, d’autres non

Performances mécaniques

Au vu de l’investissement que représente l’achat d’un hybride et des éventuels accessoires qui l’accompagnent, l’utilisateur est en droit d’attendre des performances de bonne tenue du point de vue mécanique.

On peut tout d’abord constater qu’en plus de permettre aux fabricants de produire des boitiers plus compacts, l’absence généralisée de miroir (d’où l’autre nom des hybrides, également appelés « mirrorless ») et la présence d’une obturation électronique permettent une réduction globale des vibrations lors du déclenchement particulièrement précieuse à main levée (surtout avec des boitiers de très haute résolution).

Nous vous invitons donc à être attentifs aux qualités de l’obturateur (rafale, vitesse de synchronisation flash, vitesse maximale et possibilité de déclencher silencieusement) et au système de stabilisation choisi. Dans ce dernier domaine, souvenez-vous que les systèmes optiques sont performants, mais que les stabilisations mécaniques sur cinq axes donnent également des résultats excellents pour un coût moins important. Intégrées au boitier et non aux optiques, leur prix n’est à acquitter qu’une seule fois et fonctionne avec tous les objectifs, même les plus anciens (certains axes de stabilisation étant alors parfois abandonnés en fonction des modèles).

L’autofocus est un autre élément fondamental, et les hybrides ont dans ce domaine un atout : leur intégration directement sur le capteur permet des couvertures du champ souvent bien plus larges que sur les boitiers reflex, bien que leur précision soit parfois inférieure.

Malheureusement il est quasiment impossible d’avoir des indications fiables sur les performances réelles à la simple lecture d’une fiche technique et la consultation de tests est quasiment obligatoire. On peut tout de même vous conseiller, de manière générale, de privilégier les systèmes à corrélation de phase ou hybrides plutôt qu’à simple détection de contraste. Ces derniers sont pour l’instant les plus répandus, mais les choses évoluent rapidement en gamme moyenne et supérieure avec des capteurs qui les intègrent désormais directement.

Il faut par ailleurs souligner les très bons résultats obtenus par les systèmes très évolués à détection de contraste, présents sur certains modèles (notamment dans les gammes micro 4/3 Olympus ou Panasonic ex : Olympus OM-D E-M5 MKII).

Capacités du mode vidéo

Après avoir fait son apparition sur certains modèles haut de gamme, l’UHD tend à se démocratiser. Nous vous conseillons néanmoins pour le moment de vous diriger sur ces modèles uniquement si vous êtes un véritable mordu de vidéo. En effet, leur prix, leurs fonctionnalités très variables en fonction des modèles (notamment sur la question essentielle du recadrage) et les contraintes matérielles liées au montage ne les rendent pas accessibles à tous, bien que la diffusion des téléviseurs qui permettent d’en profiter s’est considérablement renforcée ces derniers temps.

Pour les vrais aficionados, soyez également très attentifs à la présence d’un mode AF performant en vidéo pendant la prise de vue.