Une blague sur Twitter = une Chinoise en prison

Une citoyenne chinoise de 46 ans vient d’être condamnée aux travaux forcés sans avoir eu la possibilité de se défendre au cour d'un procès. La raison invoquée est un message Twitter de son fiancé qu'elle a renvoyé et qui était une blague sur les manifestations chinoises envers le Japon.

Une situation diplomatique difficile

Le mois dernier, les relations diplomatiques chinoises et japonaises ont souffert à cause d’une dispute sur la territorialité d’îles inhabitées à l’Est des eaux chinoises. Une association de jeunes nationalistes chinois a manifesté son mécontentement en fracassant des produits japonais. Pour plus d’information, nous vous proposons un reportage de Reuters ci-dessous.

C’est dans ce contexte que Cheng Jianping a répercuté le tweet de son fiancé qui affirmait :

« Les démonstrations anti-japonaises, la destruction de produits japonais, tout cela a déjà été fait il y a des années par Guo Quan [NDLR: un activiste renommé et spécialiste du massacre de Nankin]. Ce n’est pas nouveau. Si vous voulez vraiment relever le niveau, vous devriez prendre l’avion pour Shanghai et fracasser le pavillon de l’exposition japonaise ».

Cinq caractères = un an de travaux forcés

Elle a ensuite rajouté cinq caractères qui pourraient être traduits par « À l’attaque, jeunes en colère ».

Le gouvernement chinois n’a pas du tout aimé que ces deux citoyens tournent en dérision les manifestations qu’il a pourtant condamnées en public, mais n’a rien fait pour empêcher ou diffuser.

Dix jours après la publication des deux messages, soit le jour de leur mariage, le couple a mystérieusement disparu. Le fiancé a refait surface quelques jours plus tard et a expliqué qu’il fut relâché sans que des charges soient portées contre lui. Par contre, la police locale à envoyer Mlle Jianping dans un camp de travaux forcés pendant un an pour une «ré-éducation par le travail ». Son fiancé a entamé une grève de la faim pour plaider sa libération.

Une excuse pour lutter contre l’opposition

Il est important de noter que la détenue est connue pour ses actions de défenses en faveur des droits de l’homme et fut déjà arrêtée pour son soutient à diverses causes promouvant la démocratie. Il est donc fort probable qu'elle était déjà sous surveillance. Ces évènements montrent donc à quel point le gouvernement observe ce qui se passe sur Twitter et n’hésite pas à l’utiliser comme excuse à des fins politiques et répressives. Le service de microblogging a été banni par le gouvernement, mais reste utilisé par de nombreux internaute chinois contournant les pare-feu.

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8 commentaires
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  • LeGrosWinnie
    Quand les chinois comprendront que la seule façon pour eux de luter est de le faire de l'étranger...
    J'ai presque envie de dire que c'est bien fait pour elle... Surtout que ça ne changera pas le pays de toute façon... Donc elle a perdu un an de sa vie, bravo !
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  • philski
    Pour le faire de l'étranger, il faut s'y trouver, je te vois bien quitter ta famille, ton pays, tes ressources, tout en considérant que l'état t'autorise à quitter le pays et qu'on t'accueille à l'étranger ! C'est loin d'être évident comme situation. Malheureusement, si ce n'est pas tout le pays qui se dresse, cela restera ainsi. Enfin, ce n'est qu'une question de temps à mon humble avis. Il serait plus sage que le gouvernement fasse de lui-même des concessions au fur-et-à-mesure pour éviter un futur nouveau bain de sang historique. C'est toujours ça l'ironie de l'histoire, les civilisations ont beau évoluer, l'histoire se répète !
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  • Alrim
    Si tous les chinois connaissaient la vérité sur l'Histoire de leur pays...

    À l'université, il y avait un chinois avec moi. Il n'y croyait pas quand il a trouvé sur Internet des versions non censurées de l'Histoire chinoise.

    Pourquoi se rebeller contre un système qu'on croit le meilleur au monde ?
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