Avertisseurs de radars ou de zones à risques : le débat est lancé

Le lobbying des constructeurs d’avertisseurs de radar semble en bonne voie. Mis au pied du mur de leur interdiction le 11 mai dernier par le Comité interministériel de la sécurité routière (CISR), leur regroupement au sein de l’Afftac leur a permis d’engager une négociation avec le gouvernement.

Sept constructeurs ensemble valent mieux qu’une lutte menée chacun dans son coin. C’est ce que doivent désormais se dire les sociétés regroupées au sein de L’Association française des fournisseurs et utilisateurs de technologies d’aides à la conduite (Afftac), créée au lendemain de l’annonce du CISR. L’association a finalement rencontré le ministre de l’Intérieur vendredi dernier, ils ont convenu « d’élaborer un protocole d’accord qui prenne en compte l’apport des technologies d’aide à la conduite à la volonté de réduction du nombre de victimes de la route ».

En cours de rédaction, ce protocole devrait être signé avant la période estivale. On en saura surtout bien plus sur ses détails dès demain soir, date de fin des discussions entre le ministère et l’Afftac. Toutefois, plusieurs principes ont d’ores et déjà été annoncés : le ministère reconnait la valeur pédagogique des produits et considère qu’ils participent à la sécurité routière. D’autre part, il ne remet plus en cause la possibilité de partage et d’échange entre les utilisateurs d’une même communauté. 

Survie assurée, mais pertinence réduite ?

Lors de la signature du protocole, les avertisseurs de radars deviendront donc des « assistants d’aide à la conduite ». Ils ne signaliseront plus les radars, mais les zones dangereuses « clairement identifiables ». Enfin, les services de l’État s’engageront à fournir aux membres de l’Afftac « toutes les informations pertinentes relatives à une meilleure appréhension des conditions de circulation ».

Si la survie des entreprises spécialisées dans l’avertissement de radars semble assurée, plusieurs interrogations subsistent toutefois. Difficile en effet de dire qu’elle sera la définition exacte des « zones dangereuses » et si celles-ci comprendront le placement actuel des radars. Si ce n’est pas le cas, la pertinence des avertisseurs deviendrait bien moins importante. Pour l’instant l’Afftac n’a pas voulu répondre à nos questions sur le sujet, préférant jouer la prudence et attendre la fin des négociations avec le ministère.