Cabines téléphoniques : certains ne veulent pas perdre le fil

Les cabines téléphoniques qui trônent encore dans les villes et villages français doivent être démantelées d’ici à fin 2017. Une décision gouvernementale que remet en cause l’association Perdons pas le fil.

Sur 300 000 publiphones installés sut le territoire en 1997, seules 40 000 cabines subsistent aujourd’hui. Pour Bercy, elles font double emploi avec la démocratisation massive des téléphones portables qui offrent, en outre, « un service largement enrichi par rapport aux cabines », explique le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron. Une redondance qui s’accompagne d’une lourde facture. L’entretien du parc encore installé a encore coûté 8 millions d’euros à Orange cette année.

Des justifications qui ne sont pas recevables, selon l’association Perdons pas le fil. Elle avance ainsi que la suppression d’une cabine coûterait entre 1500 et 3500 euros alors que son entretien annuel ne revient qu’à moins de 200 euros.

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Pratique en cas d'apocalypse

Selon elle, il est nécessaire de maintenir ce réseau en place, d’en assurer un service minimum, et ce, pour deux raisons. Anne-Laure Mager, sa présidente, invoque tout d’abord un intérêt sécuritaire. « En cas de coupure électrique, en raison d’une panne, d’un accident, d’intempéries ou même d’un attentat, seul le réseau filaire fonctionne, rappelle-t-elle. Votre mobile, le téléphone sans fil de votre maison ou le téléphone branché sur votre box Internet ne vous serviront à rien pour passer un appel d’urgence. »

Secondo, les cabines sont encore un moyen de lutter contre l’hypersensibilité aux ondes électromagnétiques, reconnu comme syndrome par l’OMS. En août dernier, c’est la justice française qui a constitué un précédent en le considérant comme un handicap. À cette même époque, l’association militante Next-up avançait avoir comptabilisé 70 000 personnes électro-hypersensibles en France. Conserver les publiphones permettrait à cette partie de la population d’avoir encore accès à un téléphone en mobilité.

La loi Macron qui prévoit notamment le démantèlement des cabines téléphoniques a été votée et promulguée. Il devrait être difficile pour l’association Perdons pas le fil de faire bouger les choses. Néanmoins, la secrétaire d’État au Numérique, Axelle Lemaire, recevra ce jour Anne-Laure Mager afin de discuter de ce « qui n’a pas été traité à l’Assemblée nationale. »

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