Scandale Cambridge Analytica : « Facebook a oublié les attentes raisonnables des utilisateurs »

Après avoir dénoncé publiquement les actions de Cambridge Analytica la semaine dernière dans les colonnes du New York Times et du Guardian, l’ancien directeur de recherche de l’entreprise, Christopher Wylie, s’est entretenu ce lundi avec plusieurs journaux.

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C’est par lui que le scandale est arrivé. Le samedi 17 mars, Christopher Wylie, ancien directeur de recherche de Cambridge Analytica dévoilait au Guardian et au New York Times les pratiques de son entreprise, et notamment le fait que les données personnelles de 50 millions d’utilisateurs aient pu être dérobées et conservées pendant des années. Ce lundi, le lanceur d’alerte est allé plus loin à l’occasion d’un entretien accordé à différents journalistes, dont ceux du Monde et de Libération.

« Facebook a oublié quelque chose de très important : les attentes raisonnables des utilisateurs », affirme le lanceur d’alerte, pour qui le réseau social voit cette affaire avant tout comme « un problème de communication » avant d’être inquiet pour la sécurisation des données des utilisateurs : « Je n’ai jamais conseillé de supprimer votre profil Facebook, et je suis agacé qu’ils aient supprimé mon profil. Je ne dis pas "supprimez Facebook", mais "réparez Facebook" ».

Christopher Wylie revient également sur le rôle de Cambridge Analytica et de sa maison-mère, SCL, dans les campagnes du Brexit ou de Trump. « Cambridge Analytica a admis la semaine dernière avoir effectivement travaillé avec le groupe de campagne Leave.EU », explique-t-il, affirmant par ailleurs que SCL aurait aidé la campagne du Brexit via un système « qui a permis à Leave.EU de dépasser son plafond de dépenses, et d’utiliser près d’un million de livres pour cibler la population ». Il revient également sur le rôle de Stephen Bannon, ancien conseiller de Donald Trump, au sein de l’entreprise. « La liberté de faire de la recherche comme je l’entendais, qui m’avait attiré au début, s’est très vite restreinte quand Steve Bannon est arrivé. La recherche est devenue beaucoup plus spécifique : mettre en place une narration pour ce que nous appelons aujourd’hui l’alt-right », explique Christopher Wylie. Selon le lanceur d’alerte, le choix d’aider particulièrement la campagne du Brexit aurait été calculé pour le stratège politique américain : « Pour Bannon en particulier, le Royaume-Uni est un leader culturel dans le monde. Pour beaucoup d’Américains, le Royaume-Uni est le pays de Downton Abbey, des gens éduqués qui ne font rien de dingue. Si vous pouvez inspirer un mouvement populiste au Royaume-Uni, si les Britanniques peuvent le faire, alors vous pouvez le faire aux États-Unis ».

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