[Test] GTA V : on craque ou pas ?

Cinq ans de développement, 300 personnes au turbin et plus de 200 millions d'euros plus tard, Rockstar North a enfin accouché d'un nouveau GTA. La série subversive arrive ainsi à son cinquième opus sans compter les épisodes de transition qui ont jalonné son parcours depuis 1997. En 2008, les joueurs retrouvaient Liberty City (GTA, GTA III) dans GTA IV, un New York virtuel vicié par le crime, le sexe, la violence et l'argent. Des trombes d'eau et de la grisaille ambiante de cette interprétation de la capitale économique des États-Unis, Rockstar North est passé aux douces plages de Californie pour GTA V. Véritable succès planétaire, il a déjà généré 800 millions de dollars de recette dès sa première journée de commercialisation. Si les chiffres qui entourent GTA V ne vous convainquent pas d'y jeter un œil, voici d'autres raisons plus factuelles de vous y jeter à corps perdu, ou pas.

Parce que c'est un trois en un

Exit les Tommy Vercetti, CJ et autres Claude Speed. Rockstar ne recycle pas ses personnages. Mieux, il les multiplie. Avec GTA V, le joueur fait connaissance avec non pas un , mais trois protagonistes qu'il pourra contrôler à tour de rôle. C'est une petite révolution pour la série qui centrait ses épisodes sur un unique personnage plus ou moins charismatique. Michael, Franklin et Trevor n'ont rien en commun. Ou plutôt si, tous sont des criminels ou l'ont été. Au-delà de ça, le joueur aura à jouer trois gameplay différents en fonction du bonhomme choisi.

Ancien braqueur, Michael est un père de famille épuisé et lassé par les comportements de sa femme et de ses enfants. Jeune gansta, et seul "black" de la bande, Franklin vit chez sa tante. Trevor est quant à lui le personnage que l'on découvre en dernier. Explosif, c'est certainement celui qui ressortira lorsque l'on parlera de GTA V dans dix ans. Ex-braqueur et équipier de Michael, ce bouseux vit dans une caravane en bordure du désert. Alcoolique patent, il est toujours sur ses gardes, prêt à en découdre à tout moment comme un junkie en manque. Trevor ne connaît pas la manière douce.


Ce sont donc trois personnalités opposées que l'on trouve dans les personnages jouables de GTA V. Pour que le gameplay s'en ressente, Rockstar North les a même dotés de capacités spéciales : un bullet-time au volant pour Franklin, un mode furie pour Trevor et une visée ajustée pour Michael. Mais GTA V, c'est aussi le retour des compétences. Tir, conduite, endurance, force, etc., sont de nouveau au programme. Présentes dans GTA San Andreas, ces aptitudes à améliorer avaient disparu dans GTA IV, elles reprennent du service ici et en accueillent même d'autres comme la furtivité, le pilotage ou la nage. Au final, on se retrouve avec trois jeux en un, trois personnages qui ont leurs vies, leurs occupations et qu'un seul point raccroche : les braquages.

Pour les braquages

C'est l'ADN de ce nouvel opus. Si le scénario n'est pas centré sur Franklin, Michael ou Trevor, il l'est sur les trois en même temps lors des braquages. Bijouteries, banques et autres lieux emplis de trésors sont à porté de main de nos deux papis braqueurs et de leur jeune acolyte tout droit sorti des ghettos de Los Santos. Dans GTA V, un braquage ne s'opère pas à l'aveugle. Plusieurs missions sont nécessaires à son élaboration, du repérage des lieux, aux fournitures nécessaires en passant par le recrutement du groupe qui apportera son appui au joueur. En fonction du type de braquage, on aura besoin d'un chauffeur, d'un autre braqueur ou encore d'un hacker. Plusieurs choix sont possibles, mais opter pour le moins cher ne garantit pas la réussite du coup. Heureusement, au fur et à mesure des braquages, ces employés peu communs gagnent en expérience. C'est donc toute une aventure que de se frotter au système financier de Los Santos, des missions merveilleusement bien mises en scènes. Le principe est tellement jouissif que l'on regrette qu'il n'y ait pas plus de braquages à travers les 70 missions du jeu. Attendons les DLC.

Pour iFruit

Vous ne connaissez pas Chop ? C'est normal, il faut avoir joué à GTA V pour le rencontrer. Chop est un Rottweiller. Chien fidèle de Lamard, un pote de Franklin, il se retrouve mis en pension chez notre héros gangsta. Pas le choix, il faut s'en occuper. Il pourra même intervenir lors de certaines missions. Dans le jeu, il faut le promener de temps en temps et jouer à la balle avec lui pour satisfaire ses besoins. Mais Rockstar North a vu au-delà de la console.

Si ce familier a une vie dans le jeu, il prend aussi place dans son smartphone ou sa tablette. En effet, Rockstar a développé une application en lien direct avec son jeu. Nommée iFruit, elle offre un complément mobile à GTA. Ainsi, on peut y customiser ses voitures via les garages de Los Santos Customs, traîner sur LifeInvader, se tenir informé sur le jeu et même s'occuper de Chop dans un mini jeu très similaire à un Tamagotchi. S'il est heureux dans l'application, il le sera également dans GTA V et sera plus à même de dénicher des objets cachés. Une formidable idée qui va droit au cœur des joueurs-geeks. iFruit est disponible sur iOS. Des versions Android et Windows Phone sont en préparation. Le manuel complet du jeu est aussi téléchargeable sur iOS, Windows et Mac OS.

Parce que Rockstar fait du fan service à gogo

Rockstar parle aux fans de GTA dans chaque épisode. GTA V ne coupe pas à cette règle. Il est bourré de références aux précédents opus, à commencer par l'évocation de leurs héros. Ainsi, on tombe sur Johnny, chef de fil des Lost, un groupe de motards mis en avant dans Lost and Damned, l'un des stand-alone de GTA IV. Un peu plus loin, c'est un pote de Franklin qui évoque Nico Bellik dans une conversation. De son côté, Tanisha, l'ex de Franklin, poste sur son profil Lifeinvader "Ca fait du bien de pouvoir enfin porter du violet sans risquer sa vie." Une référence directe au gang des Ballas de GTA San Andreas ! C'est d'ailleurs ce même épisode qui se déroulait à Los Santos, entre autres. Les développeurs de GTA V n'ont pas manqué de replacer Groove Street, la zone de CJ, dans ce dernier opus. Les lieux ont bien changé, mais la balade vaut le coup d’œil. N'en disons pas plus, à vous de découvrir le reste.

Parce que c'est une œuvre critique du modèle américain

Si le soleil brille sur cet opus, les moralités y sont toujours aussi exacerbées et déviantes, de quoi régaler les amateurs et faire bondir les associations bien pensantes. Mais ce n'est pas sans raison que l'atmosphère de GTA V est malsaine. Depuis le premier opus, les frères Houser, à l'origine du studio DMA Design devenu Rockstar, ont cherché à dépeindre une Amérique abîmée par la violence, la drogue, le sexe et corrompue jusqu'à l'os. Pari réussi. On retrouve tous ces ingrédients dans ce cinquième volet. LifeInvader en est l'exemple le plus flagrant. Parodie "GTAesque" de Facebook, son nom seul en dit long (envahisseur de la vie). Dans le jeu, son patron, incarnation de Mark Zuckerberg, se prend pour un dieu, distillant la bonne parole avec un nouveau smartphone, la foule scandant alors un seul mot "imbriqué, imbriqué, imbriqué...", comme des moutons, victimes du consumérisme.

Autre facette de ces États-Unis, la vente d'armes. Dans GTA V, pas besoin de voler une armurerie de police, n'importe qui peut acheter une arme dans un Ammu Nition et faire un carton sur le premier passant venu ou même sur le vendeur directement. Il n'y a pas que dans le jeu que cela est possible. Enfin, la pornographie mise au premier plan par les strip-teases, les prostitués et les films X. C'est ce qui choque à chaque sortie d'un GTA, mais c'est pourtant ce que livre l'Amérique malgré son puritanisme, d'après ses développeurs. GTA, reflet de la réalité ? C'en est tout du moins une vision bien approchante.


Les clichés ont également la vie dure avec la femme de Michael qui couche avec son professeur de tennis. Son fils, obèse et assisté, passe son temps affalé sur son lit à jouer à la console sur un écran géant. Sa fille, lolita en devenir, cherche pour sa part à percer dans le milieu du X. Tout un programme. En fait, chaque héros de GTA V représente une partie de la population. Franklin et les gangs, Trevor et la populace paysanne. Chacun à ses codes, sa démarche, son champ lexical et son accent bien à lui.

Parce qu'on ne s'y ennuie jamais

Les connaisseurs ne s'y méprendront pas avec Los Santos (le Los Angeles des GTA) puisqu'il s'agit de la même ville que celle de GTA San Andreas. Par contre, il faut dire adieu à Las Venturas (vision de Las Vegas) et San Fierro (idem pour San Francisco). La carte de GTA V se limite à Los Santos, mais ses environs sont gigantesques. Un terrain de jeu de 50 km² couvert de sable, verdure, montagnes, aéroports, campements, villages et autres joyeusetés visuelles.

70 missions principales, au moins autant de secondaires à se partager entre les différents personnages, et des évènements imprévus à croiser sur toute la carte, voilà ce que propose GTA V. Et comme si ce n'était pas encore assez, les développeurs ont ajouté une foule d'activités annexes comme des courses de rue, du vélo, du tennis, du golf, etc. Les véhicules sont customisables en apparence, mais mécaniquement parlant aussi. Nouveau moteur, freins plus performants, etc. L'appellation "bac à sable" n'a jamais pris autant son sens.  S'il faut compter 25 heures pour terminer la trame principale, il faut bien doubler voir tripler si l'on veut explorer tous les recoins de la carte et les possibilités qu'elle offre.

Parce que c'est la dernière grosse production Rockstar des consoles actuelles

Comme dit en préambule, 300 développeurs ont travaillé durant cinq ans à la réalisation de ce GTA. Les PS3 et Xbox 360 étant en fin de vie, ce sera le dernier de la série à paraître sur cette génération de consoles. Les limites de performances des machines actuelles ont été repoussées dans leurs retranchements. Âgées de 6 et 8 ans, les consoles de Microsoft et Sony ont de bons restes. GTA V est graphiquement magnifique, sans clipping et avec une distance d'affichage à perte de vue. Néanmoins, cette beauté visuelle a un prix : le framerate.

Cette notion qui définit la fluidité de l'image n'est pas au beau fixe avec GTA V. On observe ainsi de nombreuses chutes à moins de 20 images par secondes par moment. N'ayant pas le choix, on s'y habitue, mais la jouabilité peut en prendre un coup lors d'une course poursuite ou un gunfight endiablé, par exemple. Aussi, on conseillera aux moins pressés qui sont équipés d'un PC puissant d'attendre encore que le version Windows du jeu voit le jour. Si elle n'a pas encore été annoncée, elle devrait arriver dans les prochains mois, comme ce fut le cas pour GTA IV.

Verdict

Non, nous ne retournerons pas sur GTA IV. Comme à chaque épisode, Rockstar a su sublimer son travail et créer un univers encore plus palpitant que le précédent. De jeu le plus attendu de l'année, GTA V va passer à la place du meilleur jeu 2013 si Watch Dogs ne lui fait pas d'ombre. D'autant plus que la version actuellement disponible est incomplète. À la fin du mois, Rockstar ouvrira les serveurs de GTA Online, la partie multijoueurs de GTA V qui permettra à 16 joueurs de se balader dans Los Santos et ses environs en simultané. 700 missions sont au programme de ce mode. On s'en pourlèche d'avance les babines.

Note : 4,5/5

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9 commentaires
    Votre commentaire
  • calmr_b91
    Bonjour à tous,
    Le seul pb de ce jeu, est la pression des pré-ados (13 ans...) sur leurs parents pour avoir ce jeu. En tant que parent, il est de notre devoir de faire barrière, mais est-ce réellement possible?
    On pourrait donc le considérer comme nuisible pour la paix des ménages et par extension de la société...
    Il a été jugé irresponsable de permettre à ses enfants (oui à 13 ans on est toujours dans cette catégorie), de jouer à ce jeu. On voit littéralement allumer des 'ennemis'; il y a aussi les perversions en tout genre tout au long du jeu. Nos ados (et moins car les petits frères ou soeurs habitent dans le même logement...), voient-ils vraiment cela comme une "critique de la société américaine" comme vous l'écrivez.?
    D'où ma question de l'attitude de parent à adopter:
    - interdiction totale du jeu, et d'aller chez les amis l'ayant...?
    - autorisation avec quota strict?
    - laisser tout faire (et COD, ...) ????
    -1
  • torak_01
    comment ça "200 000 euros plus tard" ?
    Le budget de ce jeu est un chouille plus haut ; 270 millions $... ouch
    Le mieux est sans doute de limiter à une heure par jour pour les gosses.
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  • Nulys
    TOUT les jeux y compris GTA on une clasification PEGI qui au meme titre que les films a la télé donne une indication sur l'age mini pour regarder/jouer au jeu/film.


    Citation:
    Nos ados (et moins car les petits frères ou soeurs habitent dans le même logement...), voient-ils vraiment cela comme une "critique de la société américaine" comme vous l'écrivez.?


    GTA est Pegi 18+ en gros c'est un jeu pour public majeur!!
    Le jeu est fais pour les adultes au meme titre que les films porno ou la plupart des slacher movie.

    Apres l'article n'as dis a aucun moment que c'était destiné au gamin. Donc au parent de faire leur choix mais il sont prévenu que le jeux n'est pas fait pour les enfants.
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