Internet ralenti par la "plus grande attaque de l'histoire"

Vous aurez peut-être remarqué quelques ralentissements de votre connexion à Internet, à la maison ou au bureau, au cours de ces dernières heures. Si c’est le cas, vous subissez simplement les effets secondaires de ce qui est déjà considéré comme la plus importante attaque de ce genre dans l’histoire de l’informatique.


C’est le groupe Spamhaus, une organisation à but non lucratif spécialisée dans le tri des spams sur Internet, qui a fait l’objet d’une attaque cette semaine. Cette attaque a suivi la décision de Spamhaus de bloquer les serveurs de Cyberbunker, situés aux Pays-Bas, dont l’organisation savait qu’ils étaient utilisés pour envoyer du spam à grande échelle, mais aussi pour héberger n’importe quel type de contenu sans restriction, à l’exception de la pornographie enfantine ou de contenus liés au terrorisme. Ce blocage a rapidement été considéré comme un abus, notamment par Olaf Kamphuis, porte-parole de Cyberbunker, qui considère que Spamhaus « ne devrait pas avoir le droit de décider arbitrairement ce qui doit transiter ou non sur Internet ».


Spamhaus a donc été l’objet de nombreuses attaques en ligne ces derniers jours. S’il semble évident que ces attaques font guise de représailles suite à ce blocage, difficile en revanche d’attribuer la paternité de ces attaques à Cyberbunk directement. Pour Spamhaus, l’attaque subie ces derniers jours est sans précédent, et « ferait tomber à peu près n’importe quel service ». Il s’agit en effet d’attaques dites « DDoS », qui consistent à submerger le serveur de données inutiles afin de le faire planter, et donc de rendre le service inaccessible. « Ces attaques ont connu des pics à 300 Gb/s », explique Steve Linford, CEO de Spamhaus. « Dans le cas d’une attaque classique contre une grande banque, par exemple, les débits dépassent rarement 50 Gb/s ». En conséquence, ce sont pas moins de 5 polices différentes à travers le monde qui enquêtent sur ce phénomène, dont les répercussions se ressentent à grande échelle. « Il faut imaginer les réseaux comme une autoroute », explique Alan Woodward, expert en sécurité à l’Université de Surrey, à nos confrères de la BBC. « Ces attaques cherchent à générer assez de trafic pour créer un bouchon vers une sortie [en l’occurrence le site de Spamhaus]. Dans ce cas précis, le bouchon est tellement important qu’il ne ralentit pas juste une sortie, mais toute l’autoroute. »

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